Politique

Le vice-président de l'ANC Cyril Ramaphosa a été élu à la tête de l'African National Congress le 18 décembre 2017

Le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa a été élu lundi à la tête du Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994, à la place du très contesté président Jacob Zuma, à deux ans d'élections cruciales pour l'avenir du parti et du pays.

Après un scrutin quelque peu chaotique révélateur du duel très serré qui se jouait, Cyril Ramaphosa a devancé de 179 voix à peine son unique rivale, l'ancienne patronne de l'Union africaine (UA) et ex-épouse de Jacob Zuma, Nkosazana Dlamini-Zuma. « Nous proclamons le camarade Cyril Ramaphosa nouveau président du Congrès national africain », a déclaré à la tribune de la conférence du parti réuni à Johannesburg une responsable de la commisison chargée du scrutin.

Annoncée au terme de plusieurs heures de dépouillement, la victoire de Cyril Ramaphosa a été accueillie par un tonnerre d'acclamations de ses partisans et les sifflets de ceux de son adversaire, témoins des fractures qui divisent le parti. Chez les délégués, l’unité était le mot d’ordre jusqu’à présent. Mais à l’annonce des résultats les deux camps étaient clairement visibles, se levant, chantant, dansant dès que leur candidat était mentionné.

"Je dois avouer que l'on est assez surpris du résultat final, je ne m'attendais pas à ce qu'il gagne. Mais nous devons maintenant nous réunir. Je suis bien sûr encore déçu du résultat, mais nous allons travailler tous ensemble". Réactions d'un de délégués de l'ANC juste après la victoire de Cyril Ramaphosa.

Ramaphosa, futur président sud-africain ?

Fort de ce succès, Ramaphosa pourrait devenir en 2019 le nouveau président du pays à la fin du mandat de Jacob Zuma, en cas de victoire de l'ANC aux élections générales.

Avec ce résultat, c’est la tendance des précédents congrès qui se perpétue, avec un vice-président qui devient président. Mais le camp de Dlamini-Zuma est aussi représenté dans le top six de la nouvelle ANC. Le nouveau vice-président, autrement dit le nouveau numéro 2 est David Mabuza, qui faisait justement partie de la liste de Nkosazana Dlamini-Zuma.

Faible marge de manoeuvre

Difficile dans ces conditions d’imposer les réformes promises au sein de l’ANC. Et surtout de s’attaquer à la corruption. Lors de sa campagne, Ramaphosa s’est présenté comme un réformateur, poussant des mesures libérales afin de relancer l’économie. Il a promis de faire le ménage et de poursuivre les responsables de corruption et  d’abus au sein du parti au pouvoir.

Mais avec des pro-Zuma à ses côtés – trois nouveaux dirigeants sont des alliés proches du président sud-africain – déterminés à protéger le chef de l’Etat et son entourage, son champ d’action risque d’être limité. A voir maintenant comment va fonctionner cette cohabitation à la tête du parti. Son élection est un peu un cadeau empoisonné. Les délégués de l’ANC lui ont donné un mandat, tout en lui attachant les mains dans le dos.

"Je pense qu'on est pas encore près de voir le dos de Jacob Zuma. Il a aujourd'hui un pouvoir en tant que président de la République institutionnel très très important. Je pense qu'il va utiliser la division qui existe au sein de l'ANC".

Votreafrique.com/RFI


lundi, 18 décembre 2017 07:16

Afrique du Sud : qui succédera à Jacob Zuma

Écrit par

Un membre de l'ANC arrive à la 54e conférence du parti à Johannesbourg, le 16 décembre 2017.

Les délégués du Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994 en Afrique du Sud, doivent élire dans la soirée un successeur à Jacob Zuma, à deux ans de la présidentielle. Les résultats ne seront probablement pas connus avant lundi matin au plus tôt. La question très polémique des accréditations a finalement pu être réglée. On connaît maintenant le nombre exact de délégués inscrits pour le vote : ils sont 4 776. Et il faudra donc au moins 2 389 voix pour qu’un candidat l’emporte.

Le vote devrait commencer dès ce dimanche après-midi, maintenant que la question épineuse des accréditations des délégués est réglée.

Il faut bien rappeler que cette élection risque de se jouer sur le fil. Les deux candidats, Cyril Ramaphosa et Nkosazana Dlamini Zuma sont au coude-à-coude. La commission électorale mandatée par l’ANC a donné de nouveaux chiffres dimanche, maintenant que toutes les irrégularités ont été corrigées : Cyril Ramaphosa a toujours une bonne longueur d’avance, avec le soutien de 1400 branches locale du parti, contre 1000 pour sa rivale Nkosazana Dlamini Zuma. Du coup, le moindre soupçon de fraude, la moindre accusation de tricherie peut faire dérailler la conférence de l’ANC.

Les différentes branches locales de l’ANC devaient faire valider le nombre de votants qu’elles présentent à cette conférence, un processus qui peut prêter à contestation, puisque chaque camp essaie évidemment d’avoir le plus de soutiens possibles.

Finalement, la remise des accréditations a été bouclée en fin de matinée. Plusieurs branches ont effectivement été disqualifiées, une étape nécessaire pour renforcer la légitimité du vote.

Le scrutin à bulletin secret devrait donc avoir lieu ce dimanche en fin d’après-midi, et les résultats pourraient être annoncés Lundi matin.

Un soutien de poids pour Cyril Ramaphosa

Une fois de plus, il est très difficile de savoir quelle sera l’issue de ce vote. Mais pour le moment, Cyril Ramaphosa semble avoir pris l’ascendant psychologique.

Hier soir, tard dans la soirée, la présidente de l’Assemblée nationale sud-africaine, Baleka Mbete, a apporté son soutien officiel au vice-président. Elle a estimé qu’il est le candidat naturel pour mener l’ANC aux élections de 2019 et le seul à pouvoir garantir l’unité du parti. C’est un bon point pour Cyril Ramaphosa puisque les voix des plus hauts cadres du parti vont peser lourd dans cette élection.

Mais il reste de nombreuses inconnues : difficile de savoir ainsi pour qui penchaient les branches locales qui ont été exclues du vote. Les voix des vétérans, de la Ligue des femmes de l’ANC, et de la Ligue de jeunesse de l’ANC seront également déterminantes dans l’issue de ce scrutin.

Et à part la présidente de l’Assemblée nationale, aucun autre membre de l’exécutif de l’ANC n’a pour l’instant pris officiellement position pour l’un ou l’autre candidat.

Deux candidats sont également en lice également pour le poste de vice-président de l’ANC. Le favori s’appelle David Mabuza, gouverneur de la Province du Mpumalanga et soutien de Nkosazana Dlamini Zuma. Face à lui, Lindiwe Sisulu, la ministre du Logement, qui a rejoint la campagne de Cyril Ramaphosa.


Votre Afrique/RFI

Daesh

Smail Chergui, Commissaire de l'Union Africaine pour la paix et la sécurité, a mis en garde les pays africains contre le retour des jihadistes de l'EI et préconisé une collaboration dans la lutte contre le terrorisme.

Alors que l’État Islamique (EI) continue de perdre du terrain dans les quelques territoires que l’organisation terroriste contrôle encore en Syrie, le spectre du retour des combattants africains sur le continent inquiète l’Union africaine. À l’occasion d’une rencontre sur la lutte contre le terrorisme dimanche 11 décembre à Oran, Smail Chergui, Commissaire de l’Union Africaine pour la paix et la sécurité, a estimé à 6000 le nombre de jihadistes africains parmi les 30.000 éléments étrangers ayant rejoint l’EI au Moyen-Orient.

Après trois ans de combats, le premier ministre irakien, Haïder Al-Abadi a déclaré samedi 9 décembre que la victoire sur les djihadistes de l’organisation terroriste était désormais actée. Un revers de taille pour l’EI qui, en juin 2014, y avait déclaré son « califat » contrôlant près d’un tiers du territoire, et qui pourrait amener les combattants à retourner dans leurs pays.
Sérieuses menaces sur la sécurité et la stabilité

« Le retour de ces éléments en Afrique pose de sérieuses menaces sur la sécurité et la stabilité nationales et exige un traitement spécifique et une coopération intense entre les pays africains », a estimé Smail Chergui.

Le commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité a appelé les pays concernés à collaborer dans la lutte contre le terrorisme, notamment en échangeant « les renseignements sur les éléments armés regagnant leurs pays respectifs », après leurs défaites en Irak et en Syrie.


Votre Afrique

Le président congolais Joseph Kabila a nommé jeudi le député de l'opposition Samy Badibanga au poste du Premier ministre dans le cadre d'un accord politique signé en octobre entre la majorité et une frange minoritaire de l'opposition en République démocratique du Congo.

"Est nommé Premier ministre, Badibanga Ntita Samy", président du premier groupe parlementaire de l'opposition à l'Assemblée nationale, indique une ordonnance présidentielle lue à la télévision publique.

Le 17 Novembre 2016
Votre Afrique

 

Didier Reynders, chef de la diplomatie Belge

La capitale congolaise s’intéressent aux réactions qui continuent de tomber deux semaines après la signature de l’accord au dialogue de la Cité de l’Union africaine (UA).

La Belgique, souligne le tabloïd, a donné sa position sur les conclusions du dialogue de Kinshasa par la voix de son vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders qui rappelle que son pays ne reconnaît pas le dialogue piloté par le facilitateur Edem Kodjo, en raison de son caractère non inclusif.

Le chef de la diplomatie belge a une fois de plus insisté sur l’organisation d’un second dialogue, auquel devraient être absolument associés toutes les franges de l’opposition ainsi que des leaders politiques qui pèsent le plus sur l’échiquier politique congolais, notamment Etienne Tshisekedi de l’UDPS et l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, souligne le journal.

Cité par Le Phare, Didier Reynders est d’avis qu’un dialogue inclusif est l’unique alternative pour arriver à la stabilisation de la situation politique en RDC et a également insisté sur l’organisation des élections (présidentielle, législatives nationales et provinciales) avant la fin de l’année 2017. au cours d'une conférence de presse, Didier Reynders s’est déclaré par ailleurs contre une longue transition susceptible de s’étaler sur deux à trois ans, ainsi que le laisse entrevoir l’accord politique du Camp Tshatshi.

Le 01 Novembre 2016
Avec Le Phare

OUA, photo prise lors d'une séance de travail du Dialogue.

En RDC, le dialogue politique qui s'est ouvert le 1er septembre et qui devait durer 15 jours maximum s’enlise-t-il ou est-il sur le point de se conclure? Alors que les tractations se poursuivaient la nuit dernière, ce forum n'a pas encore abouti à la signature d'un accord entre le pouvoir et la frange de l'opposition qui y participe. L’enjeu est celui de l’organisation des élections, sachant que la présidentielle était en principe prévue avant la fin de l'année. Des premiers points d’accord ont été trouvés mercredi entre pouvoir et opposition modérée, notamment sur l'idée d'un gouvernement de transition dirigé par un Premier ministre de l'opposition.

L'opposition à la tête du gouvernement. La majorité à la tête de l'Etat. C'est en s’emparant de la primature que l'opposition qui participe au dialogue espère pouvoir contrôler l'action du président et s'assurer que les élections aient lieu.

Car c'est tout l'enjeu de cet accord politique : réussir à ce qu’une présidentielle soit organisée, sachant que le pouvoir a échoué à respecter le délai constitutionnel de fin 2016. Résultat, autre compromis accordé par les quelques partis d’opposition qui participent à ces négociations avec la majorité : accepter que Joseph Kabila reste le président jusqu’à la prochaine élection, au-delà de son mandat donc qui se termine le 19 décembre.

En contrepartie devrait figurer dans cet accord, le respect strict de la Constitution. Comprenez, pas de troisième mandat pour Joseph Kabila. Le président sortant ne pourra pas se présenter à sa réélection.

Pour l'opposition présente au dialogue, le principe de l'alternance inscrit dans la Constitution est ainsi sauvé.

Des compromis difficilement acceptables

Difficile d’imaginer par contre comment l’opposition radicale qui a refusé de participer à ces négociations pourrait accepter ces compromis.

D’autant plus qu’une question clef demeure, celle de la date de la présidentielle. La majorité veut garder la date du 25 novembre 2018, comme le propose la commission électorale. L’opposition essaie de réduire ce délai de quelques mois au 25 mars 2018. Plus d’un an et demi tout de même après le rendez-vous initial.

Tard jeudi soir aucun accord définitif n’avait encore été trouvé sur ce point des élections. Pourtant la pression est forte pour la signature d’un accord. Le président Joseph Kabila avait appelé dimanche ses partisans à signer dans les 48 heures, surtout avant le sommet international de Luanda sur la RDC, prévu le 26 octobre.

Le 14 Octobre 2016
Avec RFI

Vital Kamerhe et Edem Kodjo en séance de travail à la cité de l'OUA

Sur l’antenne de France 24, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé, a annoncé, mardi 11 octobre, qu’un accord politique allait être signé rapidement concernant la période qui suivra l'expiration, à la fin de l'année, du mandat de l'actuel président Joseph Kabila. Le 1er octobre, la Commission électorale avait évoqué la probabilité d'un report de l'élection présidentielle - initialement prévue le mois prochain - jusqu'en novembre 2018.

« Je pense que nous sommes près d’un accord, a déclaré Lambert Mendé. Je pense qu’on peut même annoncer la signature pour les jours ou les heures qui viennent d’un accord politique parce que ces discussions finalement semblent avoir produit des résultats positifs et que nous allons trouver une commune définition de la situation avec nos partenaires de cette partie de l’opposition qui a accepté de s’asseoir autour d’une table.»

A qui revient ce poste dans l'Opposition?

A présent, la course à la Primature est donc désormais ouverte en interne entre le camp de Vital Kamerhe, Co-modérateur du Dialogue pour le compte de l’Opposition, et celui de Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat et « Autorité morale » de l’Opposition Républicaine, une plate-forme qui revendique le leadership de l’opposition.

Les deux principaux candidats « Premiers ministrables » brandissent des cartes de visite pour estimer pouvoir servir d’interfaces aux Occidentaux foncièrement hostiles au dialogue de la Cité de l’Union Africaine, en raison de son déficit d’inclusivité.

André Alain Atundu, porte-parole de la Majorité Présidentielle (MP), estime qu’il s’agit-là d’une « responsabilité » pour l’opposition.

« Concernant l’obstacle réputé majeur dressé par la Majorité en exigeant qu’on respecte les dispositions concernant le premier ministre, la Majorité Présidentielle aujourd’hui a accepté d’accorder ce poste à l’opposition. C’est à l’opposition d’en tirer les conséquences, d’abord sur le plan interne entre eux et que le dialogue atterrisse le plus vite par une conclusion consensuelle, par la signature de l’accord parce que l’objectif ce n’est pas se réunir indéfiniment, mais d’appliquer les dispositions nécessaires pour normaliser la vie politique en RDC », affirme le porte-parole de la MP.

Il fait remarquer que cet acte n’est pas une défaite pour la MP qui veut un aboutissement heureux du processus électoral. « La Majorité n’a pas considéré comme un handicap le fait que l’opposition obtienne la Primature. Ce n’est pas une victoire pour l’opposition. C’est une responsabilité dont ils sont investis, c’est une charge pour eux. Ils doivent se mettre à la hauteur d’abord vis-à-vis de l’opposition parce qu’ils doivent être unis autour de cette option, ensuite, vis-à-vis de la MP, de la classe politique et de la population. C’est plus une responsabilité qu’un honneur »

Pour sa part, l’opposant José Makila qui fait partie du groupe des négociations pour le compte de l’opposition politique, indique que sa plateforme politique n’est pas encore officiellement notifiée de cette concession faite par la MP.

Sur les onze points de divergences entre la Majorité Présidentielle et l’opposition politique, huit sont aplanis, révèlent certains cadres qui participent à ce forum.

La facilitation avait mis en place, depuis le 1er octobre 2016, un groupe de travail pour aplanir les divergences entre les parties prenantes au dialogue. La facilitation attend les résultats de ce travail pour convoquer la plénière afin de clôturer les travaux du dialogue par la signature d’un accord politique.

Fin de la crise politique ?

Cet accord va-t-il régler la situation de crise de légitimité au sommet de l’Etat ? Au regard de la tension politique persistante, et qui ne cesse de s'intensifier, le sentiment largement partagé est davantage négative.

C'est, par ailleurs, ce qu'a tenu à souligner l'envoyé spécial des Nations unies, Maman Sambo Sidikou, ce mardi devant le Conseil de sécurité en affirmant que « Toutes les parties semblent de plus en plus vouloir recourir à la violence et les perspectives de négociations politiques s'amenuisent » et que « Si l'on continue dans cette trajectoire je pense que des violences à grande échelle sont inévitables », a-t-il poursuivi. D'autre part, plusieurs individus dont les opposants du Rassemblement perçoivent déjà cet accord, issu du Dialogue, comme une énième violation de la Constitution.

D’où, pour certains, tous les espoirs reposeraient désormais sur les sommets de Bruxelles entre pays occidentaux membres de l’Union Européenne (17 octobre 2016) ; de New York au Conseil de Sécurité (24 octobre); et du 26 octobre à Luanda entre représentants de la CIRGL (Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs), de l’ONU (Organisation des Nations Unies), de l’UA (Union Africaine) et de la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe) pour anticiper sur la situation chaotique qui menace la République Démocratique du Congo.

Le 13 Octobre 2016
Avec France 24 et Le Phare

Les sièges de plusieurs partis politiques dont le parti présidentiel et celui du principal parti d'opposition, l'UDPS, ont été dévastés durant les deux jours de violences.

Dans le livre blanc présenté par le Gouvernement sur les événements des 19 et 20 septembre derniers, Evariste Boshab a expliqué que la police n'avait que des armes non létales, que des manifestants étaient armés et le ministre estime que la responsabilité des dérapages incombe à l'opposition.

Pour le vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur, ce sont les organisateurs de la manifestation qui en portent la responsabilité étant donné que la police n'était munie que d'armes non létales.

« Ces actes d’une extrême violence ont démontré à la face du monde que les organisateurs voulaient détourner l’attention des autorités congolaises afin d’accomplir sans entrave l’acte criminel prémédité, programmé d’avance et minutieusement exécuté, a déclaré Evariste Boshab. Grâce à la vigilance de la population de la ville de Kinshasa et à son rejet de la violence comme d’accès au pouvoir, ce mouvement insurrectionnel a échoué. Le livre blanc que nous mettons à votre disposition donne le détail sur le bilan de ces actes d’une extrême sauvagerie. Les enquêtes se poursuivent au niveau de la police car de tels actes ne peuvent rester impunis. »

Pendant deux jours, les 19 et 20 septembre derniers, la capitale avait été le théâtre de pillages et d’affrontements meurtriers entre forces de l’ordre et jeunes réclamant le départ du président Joseph Kabila.

Des propos qui révoltent Jean-Marc Kabund, le secrétaire général du parti d'opposition UDPS. « Dire aujourd’hui que ceux qui sont morts ont été tués par des manifestants c’est un peu bizarre, ça n’a aucun sens parce que la marche a été pacifique, l’itinéraire bien tracé. Tôt le matin, des manifestants qui voulaient rejoindre le lieu de ralliement ont été empêchés. Est-ce que c’est à ce moment-là que les manifestants ont commencé à tuer ? Les images sont là, a-t-il réagi. Le rapport des Nations unies établit noir sur blanc que ce sont des policiers et des militaires qui ont tiré, ces gens ont tué à bout portant. »

Et d'insister : « Dire aujourd’hui que ce sont les manifestants qui avaient des armes, c’est très irresponsable. C’est révoltant. C’est déshonorant pour l’État congolais. Qu’ils cessent aujourd’hui de distraire l’opinion, ils doivent assumer les responsabilités des actes qu’ils ont causés. En faisant un tel rapport, ils cherchent à se dédouaner du crime. Ils utilisent le mensonge, la diabolisation comme mode de gestion. »

Le 12 Octobre 2016
Avec RFI

 Koffi Annan, ancien secrétaire général de l'ONU

Annoncé pour quinze jours au maximum, le dialogue politique ouvert le 1er septembre s’enlise à Kinshasa.

L’Église catholique a suspendu sa participation à ces négociations conduites sous la facilitation de l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo, et les travaux sont boycottés par le « rassemblement » de l’opposition, rangé derrière Étienne Tshisekedi et Moïse Katumbi. Comment relancer le processus et engager un dialogue inclusif ? Ces derniers jours, l’idée de remplacer Edem Kodjo refait surface.

États-Unis en tête, « une partie de la communauté internationale », selon les termes d’un cadre de la majorité, soutiendrait cette option. Le nom de Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, est le plus souvent cité. « Nous attendons que ces propositions nous soient formellement faites.

D’autant que nous aussi, nous pouvons trouver des raisons sérieuses de récuser les facilitateurs qu’ils pourront proposer », menace, dans le camp présidentiel, le sénateur Léonard She Okitundu, pour qui, dans le cadre du dialogue en cours, « il n’y a pas de raison de remplacer Kodjo ».

Le 11 octobre 2016
Avec Jeune Afrique

Le président rwandais Paul Kagame menace, une nouvelle fois, de rompre les relations diplomatiques avec la France.

Devant le Parlement, ce lundi 10 octobre, lors d'un discours à l'occasion de l'ouverture de l'année judiciaire, le président rwandais a implicitement menacé Paris d'une nouvelle rupture des relations diplomatiques. Ses propos font suite à la réouverture, la semaine dernière, par les juges français, de l'enquête sur l'assassinat, le 6 avril 1994, de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana. Cet attentat est considéré comme l'élément déclencheur du génocide de 1994. Sept proches de Paul Kagame sont mis en cause. Les enquêteurs français souhaitent entendre Kayumba Nyamwasa un ancien militaire rwandais entré en dissidence et qui accuse le chef de l'Etat rwandais d'être l'instigateur de l'attentat.

Depuis 2012, la thèse d'un attentat perpétré par des extrémistes hutus semblait privilégiée par les juges français. L'enquête avait été close et on s'attendait à un non-lieu pour les proches de Kagame, mais le projet d'entendre l'ex-général Nyamwasa relance l'affaire.

Le président rwandais a d'abord dit qu'il n'avait pas de problème avec ça. Puis, il a haussé le ton, sous-entendant à nouveau une complicité de Paris dans le génocide.

« Tout recommencer signifie que je dois rappeler, à certaines personnes, que le système judiciaire rwandais n'est pas subordonné aux intérêts français. C'est la France qui devrait être sur le banc des accusés et jugée... et personne au Rwanda », a déclaré le président rwandais.

Paul Kagame n'en est pas resté là. Il s'est adressé aux diplomates et leur a rappelé, de manière voilée, la rupture diplomatique entre Paris et Kigali.

« Souvenez-vous. Autrefois, lorsqu'au lieu d'aller chercher un visa à l'ambassade de France vous alliez dans une autre ambassade. Tout recommencer peut à nouveau signifier cela. Si, tout recommencer doit s'assimiler à une épreuve de force, nous aurons une épreuve de force », a-t-il affirmé.

La France et le Rwanda avaient rompu leurs relations diplomatiques entre 2006 et 2009. L'ambassade de France à Kigali avait fermé, suite à l'émission d'un mandat d'arrêt contre les proches du président Kagame. Les mêmes proches dont les avocats attendaient un non-lieu dans cette affaire.

"Nous avons donné accès à tout ce qu'ils [les enquêteurs français]ont demandé, et après avoir trouvé que ce qu'ils cherchaient ne reposait sur rien, je lis dans les médias que nous devrions tout recommencer. Donc, nous allons tout recommencer, je n'ai pas de problème avec ça. Mais tout recommencer signifie que je dois rappeler à certaines personnes que le Rwanda, que le système judiciaire du Rwanda n'est pas subordonné à la France ou aux intérêts de la France. C'est la France qui devrait être sur le banc des accusés et jugée, et personne au Rwanda. Souvenez-vous, autrefois lorsqu'au lieu d'aller chercher un visa à l'ambassade de France, vous alliez dans une autre ambassade... Tout recommencer peut à nouveau signifier cela. Donc, je demande à ceux qui nous ont rendu ce bon service de se préparer à nous rendre ce bon service une nouvelle fois. Si tout recommencer doit s'assimiler à une épreuve de force, nous aurons une épreuve de force".

Le 11 Octobre 2016
Avec RFI

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