Afrique du Sud
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Afrique du Sud (9)

Le vice-président de l'ANC Cyril Ramaphosa a été élu à la tête de l'African National Congress le 18 décembre 2017

Le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa a été élu lundi à la tête du Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994, à la place du très contesté président Jacob Zuma, à deux ans d'élections cruciales pour l'avenir du parti et du pays.

Après un scrutin quelque peu chaotique révélateur du duel très serré qui se jouait, Cyril Ramaphosa a devancé de 179 voix à peine son unique rivale, l'ancienne patronne de l'Union africaine (UA) et ex-épouse de Jacob Zuma, Nkosazana Dlamini-Zuma. « Nous proclamons le camarade Cyril Ramaphosa nouveau président du Congrès national africain », a déclaré à la tribune de la conférence du parti réuni à Johannesburg une responsable de la commisison chargée du scrutin.

Annoncée au terme de plusieurs heures de dépouillement, la victoire de Cyril Ramaphosa a été accueillie par un tonnerre d'acclamations de ses partisans et les sifflets de ceux de son adversaire, témoins des fractures qui divisent le parti. Chez les délégués, l’unité était le mot d’ordre jusqu’à présent. Mais à l’annonce des résultats les deux camps étaient clairement visibles, se levant, chantant, dansant dès que leur candidat était mentionné.

"Je dois avouer que l'on est assez surpris du résultat final, je ne m'attendais pas à ce qu'il gagne. Mais nous devons maintenant nous réunir. Je suis bien sûr encore déçu du résultat, mais nous allons travailler tous ensemble". Réactions d'un de délégués de l'ANC juste après la victoire de Cyril Ramaphosa.

Ramaphosa, futur président sud-africain ?

Fort de ce succès, Ramaphosa pourrait devenir en 2019 le nouveau président du pays à la fin du mandat de Jacob Zuma, en cas de victoire de l'ANC aux élections générales.

Avec ce résultat, c’est la tendance des précédents congrès qui se perpétue, avec un vice-président qui devient président. Mais le camp de Dlamini-Zuma est aussi représenté dans le top six de la nouvelle ANC. Le nouveau vice-président, autrement dit le nouveau numéro 2 est David Mabuza, qui faisait justement partie de la liste de Nkosazana Dlamini-Zuma.

Faible marge de manoeuvre

Difficile dans ces conditions d’imposer les réformes promises au sein de l’ANC. Et surtout de s’attaquer à la corruption. Lors de sa campagne, Ramaphosa s’est présenté comme un réformateur, poussant des mesures libérales afin de relancer l’économie. Il a promis de faire le ménage et de poursuivre les responsables de corruption et  d’abus au sein du parti au pouvoir.

Mais avec des pro-Zuma à ses côtés – trois nouveaux dirigeants sont des alliés proches du président sud-africain – déterminés à protéger le chef de l’Etat et son entourage, son champ d’action risque d’être limité. A voir maintenant comment va fonctionner cette cohabitation à la tête du parti. Son élection est un peu un cadeau empoisonné. Les délégués de l’ANC lui ont donné un mandat, tout en lui attachant les mains dans le dos.

"Je pense qu'on est pas encore près de voir le dos de Jacob Zuma. Il a aujourd'hui un pouvoir en tant que président de la République institutionnel très très important. Je pense qu'il va utiliser la division qui existe au sein de l'ANC".

Votreafrique.com/RFI


lundi, 18 décembre 2017 07:16

Afrique du Sud : qui succédera à Jacob Zuma

Écrit par

Un membre de l'ANC arrive à la 54e conférence du parti à Johannesbourg, le 16 décembre 2017.

Les délégués du Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994 en Afrique du Sud, doivent élire dans la soirée un successeur à Jacob Zuma, à deux ans de la présidentielle. Les résultats ne seront probablement pas connus avant lundi matin au plus tôt. La question très polémique des accréditations a finalement pu être réglée. On connaît maintenant le nombre exact de délégués inscrits pour le vote : ils sont 4 776. Et il faudra donc au moins 2 389 voix pour qu’un candidat l’emporte.

Le vote devrait commencer dès ce dimanche après-midi, maintenant que la question épineuse des accréditations des délégués est réglée.

Il faut bien rappeler que cette élection risque de se jouer sur le fil. Les deux candidats, Cyril Ramaphosa et Nkosazana Dlamini Zuma sont au coude-à-coude. La commission électorale mandatée par l’ANC a donné de nouveaux chiffres dimanche, maintenant que toutes les irrégularités ont été corrigées : Cyril Ramaphosa a toujours une bonne longueur d’avance, avec le soutien de 1400 branches locale du parti, contre 1000 pour sa rivale Nkosazana Dlamini Zuma. Du coup, le moindre soupçon de fraude, la moindre accusation de tricherie peut faire dérailler la conférence de l’ANC.

Les différentes branches locales de l’ANC devaient faire valider le nombre de votants qu’elles présentent à cette conférence, un processus qui peut prêter à contestation, puisque chaque camp essaie évidemment d’avoir le plus de soutiens possibles.

Finalement, la remise des accréditations a été bouclée en fin de matinée. Plusieurs branches ont effectivement été disqualifiées, une étape nécessaire pour renforcer la légitimité du vote.

Le scrutin à bulletin secret devrait donc avoir lieu ce dimanche en fin d’après-midi, et les résultats pourraient être annoncés Lundi matin.

Un soutien de poids pour Cyril Ramaphosa

Une fois de plus, il est très difficile de savoir quelle sera l’issue de ce vote. Mais pour le moment, Cyril Ramaphosa semble avoir pris l’ascendant psychologique.

Hier soir, tard dans la soirée, la présidente de l’Assemblée nationale sud-africaine, Baleka Mbete, a apporté son soutien officiel au vice-président. Elle a estimé qu’il est le candidat naturel pour mener l’ANC aux élections de 2019 et le seul à pouvoir garantir l’unité du parti. C’est un bon point pour Cyril Ramaphosa puisque les voix des plus hauts cadres du parti vont peser lourd dans cette élection.

Mais il reste de nombreuses inconnues : difficile de savoir ainsi pour qui penchaient les branches locales qui ont été exclues du vote. Les voix des vétérans, de la Ligue des femmes de l’ANC, et de la Ligue de jeunesse de l’ANC seront également déterminantes dans l’issue de ce scrutin.

Et à part la présidente de l’Assemblée nationale, aucun autre membre de l’exécutif de l’ANC n’a pour l’instant pris officiellement position pour l’un ou l’autre candidat.

Deux candidats sont également en lice également pour le poste de vice-président de l’ANC. Le favori s’appelle David Mabuza, gouverneur de la Province du Mpumalanga et soutien de Nkosazana Dlamini Zuma. Face à lui, Lindiwe Sisulu, la ministre du Logement, qui a rejoint la campagne de Cyril Ramaphosa.


Votre Afrique/RFI

Le Président sud africain Jacob Zuma

L'Assemblée nationale sud-africaine va examiner une nouvelle motion de censure à l’encontre Jacob Zuma. Elle a été déposée par l’opposition, suite au verdict de la Cour constitutionnelle qui a estimé, jeudi dernier, que le président sud-africain a enfreint la Constitution en refusant jusqu'à présent de rembourser une partie de l'argent public utilisé pour rénover sa résidence privée.

C'est la énième procédure de destitution à laquelle fait face le président sud-africain Jacob Zuma. Jamais la contestation à son encontre n'a été aussi forte. Depuis jeudi 30 mars, les appels à la démission se multiplient y compris dans ses rangs.

Plusieurs vétérans de la lutte anti-apartheid sont sortis de leur silence pour lui demander de démissionner suite au verdict cinglant de la Cour constitutionnelle qui a jugé l'action du président inconstitutionnelle dans sa gestion du scandale Nkandla.

Et pourtant il n'y a quasiment aucune chance que cette motion passe. Il faudrait recueillir les voix des deux tiers de l'Assemblée. Mais l'ANC est non seulement majoritaire dans l'hémicycle mais surtout, le parti de Jacob Zuma a jusqu'à présent fait bloc derrière son président.

Pourtant, dans son verdict, la Cour constitutionnelle s'en est également prise aux parlementaires en les accusant d'avoir failli à leur devoir en ne demandant pas des comptes au chef de l'Etat.

Le vote de ce 05 avril devrait être intéressant. Les députés ANC devront soit privilégier le respect de la Constitution, soit leur fidélité au président.

Le 05 Avril 2016
Avec RFI

 Le président sud-africain Jacob Zuma

Le président Jacob Zuma s’excuse pour le scandale provoqué par l’utilisation de fonds publics pour rénover sa résidence privée Nkandla. Le président s’est adressé à la nation en direct à la télévision en début de soirée vendredi soir 1er avril. Une intervention qui survient au lendemain d'un jugement sans demi-mesure de la Cour constitutionnelle qui lui a ordonné de rembourser une partie de l’argent, jugeant en outre qu’il avait violé la Constitution.

La pression s’accentue davantage sur le chef de l’Etat. Le verdict de la Cour constitutionnelle a été cinglant : le président a failli à ses obligations en refusant de rembourser l’argent public dépensé sur sa résidence privée, et il n’a ni respecté, ni défendu la Constitution, a estimé le juge qui a lu le verdict. Une véritable claque pour le chef de l’Etat, dont la réaction était attendue.

L'opposition lance une procédure de destitution contre Zuma

Le président Zuma a indiqué qu’il acceptait la décision de la Cour et qu’il allait obtempérer. Il assure qu'il n'a jamais voulu délibérément violer la Constitution, qu’il n’a pas voulu être malhonnête : « Je n’ai pas agi malhonnêtement. Mes actions n’ont jamais été motivées par des intentions corrompues ou par le désir d’utiliser les fonds de l’Etat pour mon propre bénéfice ou celui de ma famille. Dès lors, j’ai accepté de rembourser les travaux qui seront identifiés. » Il s'est également excusé pour « la confusion et la frustration causées » par l'affaire.

C’est un président grave, tendu et visiblement fatigué qui s’est exprimé. A noter qu’il ne s’est pas excusé pour ses fautes. Au contraire, il a rejeté la responsabilité sur les gens autour de lui qui l’ont mal conseillé.

Que va faire le parti au pouvoir ?

L'ANC a tenu une conférence de presse dans la foulée. Le secrétaire général a annoncé qu’il acceptait le verdict de la cour. Il a appelé le Parlement à se conformer à cette décision. Ni le chef de l’Etat ni le secrétaire général de l’ANC n’ont parlé des implications de cette affaire, du fait que le chef de l’Etat ait violé la Constitution. Ils n’ont pas évoqué les appels à sa démission, ni à sa destitution, comme si c’était quelque chose qui n’était absolument pas envisageable. Autant dire que ces excuses risquent d’être jugées faibles par certains à la vue de l’ampleur du scandale.

Le secrétaire général de l’ANC, Gwede Mantashe, a annoncé une réunion du parti dès lundi 4 avril, ouverte à tous les membres de l’ANC. En attendant, les six hauts dirigeants de l'ANC se sont réunis. Le « top 6 », comme on les appelle ici, à savoir : le chef de l'Etat, le vice-président, le secrétaire général du parti, son adjointe, le trésorier et la présidente nationale du parti.

Selon les analystes politiques, le top 6 ne prend aucune décision sans consulter au préalable le comité exécutif de l'ANC, un organe de décision composé d'environ 80 membres, ministres, adjoints, gouverneurs de province, etc. Ce sont eux qui peuvent demander au président de se retirer. C'est d'ailleurs sous la pression de ce comité que l'ex-président Thabo Mbeki avait démissionné en 2008.

Mais selon les analystes politiques, Jacob Zuma jouit toujours du soutien d'au moins 60% de cet organe. Des membres qui risquent de perdre leur poste au gouvernement si d’aventure le président était rappelé. Peu de chance donc de voir la moindre contestation émaner de cet organe. La réunion a eu lieu à Pretoria, à la résidence du chef de l'Etat, et non au siège du parti. Signe, selon les observateurs, que le président Zuma est toujours aux commandes.

Thuli Madonsela, gardienne de l’Etat de droit

Mis à part ces affaires d’appareil, le verdict de la Cour constitutionnelle est remarquable à plusieurs égards.

C’est tout d’abord une cour de justice capable de demander des comptes à un chef de l'Etat. Certes, le président Zuma va devoir rembourser l'argent des citoyens. Mais pour Zwelinzima Vavi, ancien secrétaire général de la Cosatu, la puissante confédération des syndicats, c'est surtout une victoire symbolique contre l'impunité. « C'est une victoire pour la justice, une victoire pour Nelson Mandela et tous les héros de la lutte. Voilà ce pourquoi nous nous sommes battus. Pour que tous, nous soyons égaux face à la loi. Et notre président doit comprendre qu'il n'est pas au-dessus des lois », se réjouit-il.

Pour Marc Lewis, directeur de Corruption Watch, une organisation de lutte contre la corruption, ce verdict est la preuve de la bonne santé des institutions sud-africaines.
« Les pouvoirs de la médiatrice de la République ont été confirmés, ce qui pour une organisation comme celle pour laquelle je travaille est extrêmement important. Mais je pense que ça a été une très bonne journée pour la démocratie sud-africaine, ça a été la preuve qu'elle fonctionne.»

Derrière cette victoire, il y a une femme : Thuli Madonsela, médiatrice de la République, qui depuis deux ans s'acharne à faire respecter l'Etat de droit. Ironiquement, c'est le président Zuma lui-même qui l'a nommée à ce poste.

Le 01 Avril 2016
Avec RFI

Siège de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, aux Pays-Bas

Le président sud-africain réitère. Le pays envisage de se retirer de la Cour Pénale Internationale (CPI). Jacob Zuma s’exprimait lors du sommet de l’Union africaine qui s’est tenu ce week-end, à Addis-Abeba, en Ethiopie. « Au vu des circonstances, il est maintenant impossible pour l’Afrique du Sud de continuer à participer au statut de Rome », a-t-il affirmé. Ces déclarations inquiètent les Organisations de défense des droits de l’homme. Cela fait des mois que Pretoria fait allusion à un possible retrait de la CPI, depuis notamment l’affaire Omar el-Béchir, lorsque Pretoria avait refusé d’arrêter et d’extrader le chef d'Etat soudanais en visite dans le pays.

L’Afrique du Sud irait-elle jusqu’au bout ? Se retirera-t-elle de la Cour Pénale Internationale ?

Pour le Centre sud-africain des Litiges - qui avait tenté de forcer le gouvernement a arrêter Omar el-Béchir lors de sa visite en Afrique du Sud - un retrait serait tragique et enverrait un message négatif.

Le gouvernement sud-africain y fait référence depuis des mois et depuis la saga el-Béchir mais, selon Magnus Killander, professeur de Droit humanitaire à l’Université de Pretoria, ce n’est pas chose faite. D’une part parce qu’il s’agit d’un processus assez long qui nécessiterait de modifier la législation et d’autre part, parce qu’il s’agit surtout d’un message politique.

« La raison officielle, c’est que la CPI ne cible que des leaders africains, mais en général il s’agit de cas qui ont été saisis par les pays africains eux-mêmes. Et puis la CPI est en train d’enquêter sur d’autres régions du monde. L’intérêt politique, c’est tout d’abord que le président Zuma souhaite être ami avec le leader soudanais mais également avec le Kenya et d’autres pays africains parce que l’Afrique du Sud est souvent vue comme étant trop agressive, trop imposante. Et là, il s’agit d’un dossier sur lequel l’Afrique du Sud peut facilement se joindre aux autres pays africains et en tirer parti », explique Magnus Killander.

Il ajoute toutefois que c’est la première fois que le président Zuma évoque aussi clairement un retrait de la CPI, ce qui n’est pas un bon signe.

Le 01 Février 2016
Avec RFI

Manifestation pour demander la démission de président Jacob Zuma

En Afrique du Sud, après le limogeage du ministre des Finances et la chute du rand, les manifestations se succèdent pour demander la démission du président Zuma. Mercredi, des milliers de personnes sont descendues dans la rue avec le slogan « ZumaMustFall » (« Zuma doit tomber »). Mais une partie de l'opinion publique critique l'engouement soudain des Sud-Africains blancs pour ce mouvement alors que cette frange de la population se tient habituellement en retrait des mouvements de protestations qui secouent régulièrement le pays.

La présence de nombreux Sud-Africains blancs dans les cortèges appelant à la démission de Jacob Zuma a manifestement créé un certain malaise dans le pays. Sur les réseaux sociaux, de nombreux Sud-Africains noirs se moquent des manifestants blancs, accusés de se mobiliser uniquement quand leurs intérêts économiques et leurs privilèges sont en jeu.

Dans une tribune (en anglais) très relayée, une chercheuse de l'Institut pour la justice et la réconciliation remarque qu'en rendant Jacob Zuma responsable de tous les maux du pays, les Blancs « choisissent d'ignorer que l'économie sud-africaine a été bâtie sur l'oppression de la population noire ». 

La police plus complaisante

Sur les réseaux sociaux, les internautes critiquent également l'attitude de la police, accusée d'être beaucoup plus complaisante lorsqu'il s'agit de manifestants blancs. Les internautes mettent en opposition le mouvement étudiant « FeesMustFall », demandant l’arrêt de l’augmentation des frais de scolarité, et le mouvement actuel « ZumaMustFall », en mettant en parallèle une photo d'étudiants noirs arrêtés par la police au mois d'octobre et celle d'une famille blanche se faisant prendre en photo par un policier au Cap.

Enfin, le chorégraphe Somizi Mhlongo, personnalité de la télévision sud-africaine, a même déclaré publiquement que les manifestants blancs étaient « racistes », allant jusqu'à les accuser de vouloir faire tomber Jacob Zuma pour mettre un président blanc à sa place et ramener l'apartheid. Une sortie qui a provoqué une petite polémique sur le web sud-africain.

Le 20 Décembre 2015

Avec RFI

 

La médiatrice de la République,Thuli Madonsela

En Afrique du Sud, la médiatrice de la République, Thuli Madonsela, a défendu une nouvelle fois son rapport sur l'affaire Nkandla, après une série de nouvelles mises en cause. Il y a un an et demi, elle publiait son rapport sur les luxueux aménagements réalisés dans la résidence secondaire de Jacob Zuma. La médiatrice y indiquait que ce dernier devait rembourser au moins une partie des 19 millions d'euros investis. Depuis, ses recommandations n'ont cessées d'être remises en question.

Depuis quelques mois, le rapport de la médiatrice sur l’affaire Nkandla est malmené. Fin mai, le ministre de la Police a présenté son propre rapport, qui blanchit totalement Jacob Zuma. Et la semaine dernière, un comité parlementaire a estimé que Thuli Madonsela n'aurait pas dû écrire que le président vit dans « le confort et la sécurité ».

Le comité parlementaire, chargé de valider le rapport du ministre de la Police, a décidé de ne pas entendre la médiatrice de la République la semaine dernière. Son président a pourtant estimé que son rapport était « trompeur » et qu'elle avait induit la nation en erreur.

Thuli Madonsela a donc répondu devant la presse, pour corriger ces « déclarations erronées » selon elle. Le rapport du ministre de la Police, et les conclusions du comité parlementaire n'ont « aucune base légale ». Et la médiatrice rappelle qu'en vertu de la Constitution, ses conclusions ne devraient pas être remises en cause.

Très calme, la médiatrice de la République a dénoncé les « attaques vicieuses » dont elle fait l'objet depuis des mois. Et « une tendance inquiétante » à réduire les budgets qui lui sont alloués. Tout en niant fermement être en guerre contre le président Zuma, elle a appelé les sud-africains à défendre le médiateur de la république, « une institution essentielle pour garantir une démocratie crédible », selon elle.

Par ailleurs, Thuli Madonsela a engagé des consultations pour connaître ses recours juridiques contre le rapport du ministre de la Police. Même si une action en justice ne sera envisagée en dernier recours.

Le 04 Août 2015
Avec RFI

Julius Malema au tribunal de Polokwane, le 26 septembre 2012

Le procès de Julius Malema devrait s'ouvrir ce lundi à Polokwane, en Afrique du Sud, après avoir été repoussé plusieurs fois depuis 2013. Pas moins de 55 chefs d'accusation pèsent sur le jeune leader du parti de gauche radical EFF et ses deux co-accusés. Le trio doit notamment répondre de corruption, racket et blanchiment d'argent, via deux sociétés : On Point Engineering et Propriétés Gwama.

Les enjeux sont forts pour ce procès qui doit durer six semaines. Dans cette affaire, le leader populiste sud-africain est soupçonné d'avoir profité de ses connexions politiques pour influencer l'attribution d'un marché public. En 2009, l'entreprise On Point Engineering remporte un projet de près de 4 millions d'euros dans la province du Limpopo. A l'époque, Julius Malema détenait des actions dans cette société. Selon l'Etat à l'origine des poursuites, les responsables de la compagnie avaient affirmé dans leur candidature que leur société avait 9 ans d'expérience alors qu'ils l'avaient en fait fondée un mois auparavant.

Une « entreprise criminelle » visant à mener « des activités de racket », selon le parquet. Il n'y aurait pas eu d'appel d'offres et Julius Malema et sa famille auraient bénéficié d'importants pots-de-vin à travers plusieurs sociétés-écrans.

Si le leader du parti EFF (Combattants de la liberté économique) et ses co-accusés sont reconnus coupables, ils risquent plusieurs années de prison. Et une telle condamnation porterait certainement un coup fatal à la carrière politique du jeune président du parti de gauche radical.

Julius Malema est d'ailleurs de plus en plus critiqué dans les rangs mêmes de son parti. Ce week-end, des dissidents ont brûlé des affiches de leur ancien leader et les habits rouges qui identifient les membres du parti EFF, en appelant à la fin de la « dictature » de Julius Malema.

Le 03 Août 2015
Avec RFI

Le président de l'Union africaine, le Zimbabwéen Robert Mugabe lors du discours de clôture du 25e sommet de l'UA à Johannesburg, le 15 juin 2015.

Le 25e sommet des chefs d'Etat de l'Union africaine s'est terminé très tard lundi, aux environs de minuit, à l'issue d'un interminable huis clos. Les résolutions finales devraient être connues dans les prochaines heures. Entre autres, la condamnation de l'attaque de Ndjamena, l'adoption des échéances des dix prochaines années dans le cadre de l'agenda 2063 censé changer le visage du continent africain, la mécanisation de l'agriculture pour permettre l'autonomisation des femmes. En attendant de connaître les détails de ces résolutions, retour sur les moments à retenir de ce 25e sommet de l'Union africaine.

Premier temps fort, la réunion, vendredi, du groupe de contact sur la Libye et l'agacement perceptible de la communauté internationale à l'égard des acteurs libyens incapables de trouver un accord politique alors que la menace terroriste gagne du terrain. Et le nouvel appel à leur sens des responsabilités, sans doute le dernier avant des sanctions.

Deuxième temps fort : le conseil de paix et de sécurité qui se penche samedi sur la crise au Burundi. Le pays est à la croisée des chemins, déclare à l'ouverture Jan Eliasson, le secrétaire général adjoint des Nations Unies. Les résolutions préparées par la commission de l'Union africaine sont adoptées sans gros changement. C'est une quasi-feuille de route de sortie de crise qui crée l'espoir chez l'opposition. Des décisions vite retoquées lundi dans un communiqué de la présidence burundaise.

C'est dans cette même soirée du samedi 13 juin qu'Omar el-Béchir arrive en catimini à Johannesburg. La CPI demande alors à l'Afrique du Sud de l'arrêter. La justice sud-africaine, saisie par une ONG locale, finit par ordonner son arrestation. Trop tard, le président soudanais est déjà parti. Mais sa présence aura quasiment éclipsé les discussions autour des thèmes phares de ce 25e sommet des chefs d'Etat : migrations, xénophobie, changement climatique ou encore autonomisation des femmes. L'Union africaine est plus que jamais en guerre contre la CPI.

En résumé, ce 25e sommet aura été dominé par les crises qui secouent le continent. C’est d’ailleurs sur ce constat qu’a conclu le président zimbabwéen, président de l'Union africaine, lors de son discours de clôture lundi soir. « Les conditions inquiétantes de paix et de sécurité dans certaines régions du continent ont été prioritaires dans nos discussions, a déclaré Robert Mugabe. Nous nous sommes engagés à pousser pour un dialogue là ou il y a un conflit dans le pays. De la même façon, nous condamnons fermement les actes de terrorisme perpétrés par des militants extrémistes dans plusieurs régions. Nous venons juste d'apprendre qu'un de ces actes avait été perpétré au Tchad. Et nous nous sommes mis d'accord pour combattre le terrorisme tous ensemble afin d'y mettre fin et de débarrasser le continent de cette menace. » (RFI / Votre Afrique)

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