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La direction générale de l'OCC à Kinshasa-Gombe

Le président du conseil d’administration de l’Office congolais de contrôle (OCC), Moussa Kalema, a appelé, samedi 19 Décembre, les travailleurs à mettre fin à leur grève déclenchée depuis mardi dernier. Selon lui, le comité de gestion de cet office a manqué « de tact qui a entraîné la constipation de la situation ».

Il les exhorte à mettre fin aux perturbations observées cette semaine dans la prestation des services suite à leurs revendications salariales.

« Je profite pour dire aux travailleurs que la perturbation observée doit être arrêtée. Etant attendu que j’étais absent de la ville. En tant que autorité numéro 1, aussi tôt que j’ai appris la nouvelle,  je suis revenu pour m’impliquer et au jour d’aujourd’hui, des sanctions idoines sont en train d’être trouvées », a affirmé Moussa Kalema.

Il a affirmé qu’une solution est en voie d’être trouvée pour résoudre la crise.

« Je rassure le travailleur qu’ils seront payés. Ils auront aussi leurs gratifications. Je leur demande de retourner au travail dès lundi. Je leur demande de ne pas tuer leur entreprise qui est déjà en difficulté. Nous l’avons trouvé avec une dette qui représente 91% de capital social. Ils n’ont pas intérêt à liquider leur patrimoine », a ajouré Moussa Kalema.

Les agents de l’OCC observent depuis mardi 15 décembre dans la matinée un arrêt de travail. Ils réclament le paiement des arriérés de leurs salaires des mois d’octobre, novembre et décembre. Ils exigent aussi le paiement de la prime de décembre appelée « 13e mois ».

Suite à cette tension sociale, le Directeur général de l’OCC, Hassan Yengula, a été interpellé, vendredi 18 décembre àKinshasa, par les services de sécurité.

Le 20 Décembre 2015

Avec Radio Okapi

 

le président Joseph Kabila

Une nouvelle entité est née en RDC, dix ans après le référendum d'adoption de la Constitution actuelle : le Front citoyen 2016. Organisations de la société civile, mouvements citoyens ou encore opposants politiques... Leur objectif est de mettre leurs forces et leurs moyens en commun pour dire non à un troisième mandat de Joseph Kabila et éviter tout glissement du calendrier.

En République démocratique du Congo, le Front citoyen 2016 est officiellement né. Une trentaine de signatures de responsables politiques ou de la société civile, qui ont participé à la réunion de Gorée le week-end dernier, à l'exception du représentant du G7 (les sept partis sortis de la majorité), Olivier Kamitatu, qui disait avoir besoin de temps pour consulter ses instances. Des signatures auxquelles se sont spontanément ajoutés d'autres figures ou simples citoyens à l'issue de la conférence de presse samedi à Kinshasa.

Ce front citoyen regroupe des organisations de la société civile comme La voix des sans voix, l'Asadho ; des mouvements citoyens tels que Filimbi et Lucha et des opposants politiques parmi les plus connus du pays : Vital Kamerhe, Moïse Katumbi, Felix Tshisekedi, Martin Fayulu, entre autres.

Pour Martin Fayulu, président de l'ECiDé (Engagement pour la citoyenneté et le développement, c'est la société civile qui a un rôle central. « C’était important pour nous parce que c’est un front citoyen et nous pensons que les politiques seuls ça ne suffit pas, explique-t-il. Il faut nous associer avec la société civile. La société civile a démontré dans d’autres pays qu’elle pouvait rassembler tout le monde, évitant ainsi les égos des politiciens. »

Le respect de la Constitution comme seul objectif

Dépasser les égos des uns et des autres. Pour Eve Bazaïba Masudi, secrétaire générale du MLC (Mouvement de libération du Congo), malgré leurs différences, c'est possible : « Ça peut marcher chez nous, parce qu’au-delà du fait que nous sommes des partis politiques différents, nous sommes un seul pays, nous avons un seul objectif : le respect de la Constitution, souligne-t-elle. Vous savez que l’alternance politique, c’est l’oxygène de la démocratie. Sans l’alternance politique, la démocratie ne peut pas respirer. »

Le Front citoyen 2016 est ouvert à tout le monde, insiste la secrétaire générale du MLC comme d'autres participants, y compris aux membres de la majorité qui partageraient leurs vues.

Le Front citoyen 2016 a aussi formulé un certain nombre d'exigences, dont la publication le 31 janvier d'un calendrier consensuel, le début del'enrôlement des électeurs le 10 février. Ilpose la date du 16février comme une ligne rouge, date où la conférence épiscopale a elle-même annoncé une marche pacifique des chrétiens.

Le 20 Décembre 2015

Avec RFI

Le président Joseph Kabila Kabange prononçant son discours sur l’état de la nation en décembre 2012 devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès

« Je ne permettrai pas que les sacrifices consentis ensemble au cours de dernières années pour bâtir la paix soient compromis, sous quelque prétexte que ce soit, par ceux qui, de mauvaise foi et de manière délibérée, choisiront de rester enfermés dans leur posture négativiste, refusant le dialogue au profit des complots contre la République et en promettant sang et sueur à notre peuple. Il n’y aura ni l’un ni l’autre », a déclaré le Chef de l'Etat lundi 14 décembre dans son discours sur l’état de la nation prononcé devant le Parlement réuni en congrès.

Pour Joseph Kabila, le peuple congolais aura à choisir entre deux projets de société pour les prochaines élections.

« Là où ils ont promis la mort, nous l’assurons que tout sera mis en œuvre pour la vie. Là où on veut tout détruire, notre engagement est de construire et de développer sans relâche. A notre peuple de choisir lors des élections lequel des deux projets de société lui convient le mieux », a indiqué Joseph Kabila.

Nous voulons un processus électoral "fruit d’un consensus librement dégagé"

« J’en appelle au sens élevé des responsabilités de tous afin qu’au sortir du dialogue national nous soyons plus unis dans la mise en œuvre d’un processus électoral authentiquement congolais, fruit d’un consensus librement dégagé », a-t-il lancé.

Ce dialogue est l’occasion pour les Congolais de se réunir pour régler eux-mêmes leurs divergences.

« Ce n’est pas par la violence que nous règlerons nos divergences. Ce n’est pas non plus des Nations unies, de l’Orient ou de l’Occident que viendront les solutions à nos problèmes, mais plutôt de nous-mêmes et par le dialogue entre les Congolais et les Congolaises mus par la fibre patriotique », a martelé le chef de l’Etat.

Au sujet du début de ce dialogue, Joseph Kabila n’a pas donné de date précise, évoquant un démarrage « à brève échéance ».

« La mise en place en cours du comité préparatoire et celle prochaine de la facilitation internationale permettront à brève échéance le démarrage effectif dudit dialogue avec pour objectif de trouver des solutions consensuelles aux questions majeures qui minent le processus électoral, ouvrant la voie à des élections crédibles et apaisées », a estimé le président de la République.

Réduire le coût des élections

Joseph Kabila est revenu sur l’idée de revoir les modalités de vote lors des prochaines élections pour réduire le coût des élections.

« Je demeure persuadé que l’option à lever sur les modalités de vote prévues à l’article 47 de la loi électorale à savoir, soit le vote par bulletin à papier soit le vote électronique, pourrait contribuer à réduire substantiellement le coût des opérations électorales », a-t-il affirmé.

Le 14 Décembre 2015
Avec Radio Okapi

les églises du reveil se sont prononcées favorables au dialogue convoqué par Joseph Kabila

Les Eglises du réveil se sont prononcées favorablement au dialogue convoqué par le président Joseph Kabila. Comme l'Eglise catholique, elles disent craindre que le sang coule à nouveau en RDC, mais contrairement à cette dernière, elles ne posent pas le respect de la Constitution comme la condition essentielle. Elles souhaitent surtout que ce dialogue soit le plus représentatif possible et que les acteurs politiques se parlent. Jean Oscar Kiziamina, président du Haut conseil des Eglises du réveil, explique les raisons de ce choix.

Le 08 Décembre 2015

Avec RFI

Azarias Ruberwa, chef du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD)

AFDL, MLC, RCD, CNDP, FDLR, ADF… Les noms des rébellions qui se sont succédées depuis vingt ans en République démocratique du Congo portent souvent des idéaux de démocratie et de liberté. Mais la réalité est plus dure : selon l’ONU et des ONG, ces groupes armés ont dévié de leur agenda et commis de graves crimes.

En 1996, l’Alliance des forces démocratiques pour la libération (AFDL) du Congo est entrée avec des troupes essentiellement rwandaises dans l’est de ce qui était encore le Zaïre, cette ancienne colonie belge, riche en ressources naturelles (minerais, bois, etc.). Son objectif : renverser le régime de Mobutu Sese Seko, arrivé au pouvoir en 1965 et qui, après avoir conduit le pays à son âge d’or, a ruiné l’État, étouffé les libertés et réprimé les opposants.

« L’AFDL était une coalition de partis politiques qui voulait faire la guerre pour libérer l’est du Congo. Mais le peuple nous disait d’aller jusqu’à Kinshasa, d’y aller et de prendre le pouvoir », raconte Jeannot Mwenze Kongolo, nommé ministre de la Justice après que les rebelles ont atteint leur but en 1997.

Laurent-Désiré Kabila, chef de l’AFDL où a aussi servi son fils, l’actuel président Joseph Kabila, a pris le pouvoir. L’armée rwandaise a profité de son incursion pour traquer des Hutus ayant participé en 1994 au génocide des Tutsis au Rwanda. Selon plusieurs rapports, elle a aussi tué des Hutus rwandais et congolais innocents, avec la complicité de l’AFDL.

Une instabilité chronique

L’est de la République démocratique du Congo souffre depuis vingt ans d’une instabilité chronique. Le bilan est très lourd : 617 crimes graves ont été commis de 1993 à 2003, selon le rapport Mapping du Bureau conjoint de l’ONU pour les droits de l'homme (BCNUDH) publié en août 2010.

Lors de la Deuxième Guerre, qui a impliqué jusqu’à neuf pays entre 1998 et 2003, le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, jugé à la Cour pénale internationale pour des crimes commis au début des années 2000 en République centrafricaine, en a occupé une large partie à l’Ouest, tandis que le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) gérait une vaste zone à l’Est.

Le MLC, soutenu par l’Ouganda, a pris les armes en priorité pour déloger l’AFDL qui « avait suspendu les activités des partis politiques, instauré le monolithisme et la suspension des acquis de la Conférence nationale souveraine » des années 1990, quand le pays s’était ouvert à plus de démocratie, explique Ève Bazaïba, secrétaire générale du parti issu de l’ex-rébellion.

« Aux grands maux, il faut de grands remèdes », poursuit-elle, réfutant les accusations de violations des droits humains : le MLC, deuxième parti d’opposition parlementaire, dispose du « soutien de la population sur toute l'étendue de la RDC sans contrainte aucune », soutient-elle. Alors, « si crimes il y avait, comment analyser cette sympathie de la population ? »

De son côté, le RCD, appuyé par le Rwanda, désirait privilégier « l’unité » du peuple congolais, commente Azarias Ruberwa, chef du parti, et qui fut vice-président avec Jean-Pierre Bemba pendant la transition post-conflit entre 2003 et 2006. La guerre du RCD était un « cas de force majeure » et il n’a « pas conçu un agenda pour procéder au pillage, au viol, aux massacres », insiste-t-il.

Aujourd’hui, des dizaines de groupes armés sévissent dans l’Est. Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et le Mouvement du 23 mars (M23), déchus, ont marqué la région. Fondés sur les ruines du RCD et soutenus par le Rwanda, ils revendiquaient la protection des populations tutsies congolaises marginalisées par Kinshasa et la lutte contre les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Un « habillage démocratique »

Les FDLR comptent dans leurs leaders des génocidaires et sont accusées d’exactions contre les Congolais. Des attaques ciblant les civils sont attribuées à une autre rébellion étrangère, l’Alliance des forces démocratiques (ADF), créée par des combattants musulmans ougandais et qui aurait notamment massacré environ 450 personnes depuis octobre 2014.

« Un agenda peut être démocratique, mais au-delà des vertus [affichées, NDLR], il y a des vices. Donc, si les choses ne sont pas bien contrôlées, on peut en arriver à une situation qui est antidémocratique », juge Azarias Ruberwa. Au final, « l’intérêt du peuple ne compte pas » pour les rebelles, dénonce de son côté un analyste congolais pour qui les groupes armés ont des « objectifs multiples » - exploitation illégale de ressources, protection ethnique, protection de fermes, maintien d'une zone d'influence au profit d'un État étranger - qu’ils légitiment par un « habillage démocratique ».

Un analyste européen précise qu’ils bénéficient « bien souvent » du soutien de la communauté qu’ils prétendent défendre, mais finissent par prendre de « mauvaises habitudes », comme le prélèvement de « taxes illégales. Surtout, leurs chefs se rendent compte qu'ils peuvent faire du business », ce qui favorise la « criminalisation » des groupes armés.

Certains craignent le pire

Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001, élu en 2006 et réélu en 2011, ne peut briguer un nouveau mandat en novembre 2016. Il doit ouvrir un dialogue national pour jeter les bases d’élections apaisées, mais l’opposition compte bouder les pourparlers, dénonçant un complot pour qu’il puisse, à terme, s’accrocher à son poste.

Si cette thèse se confirmait, l’opposition et l’influente Église catholique ont menacé d’invoquer l’article 64 de la Constitution, qui stipule que « tout Congolais [doit] faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation » de la loi fondamentale.

Certains craignent le pire : en janvier, plusieurs dizaines de personnes sont mortes dans la répression de manifestations contre un projet de loi qui risquait de prolonger le quinquennat de Joseph Kabila. Dans ce contexte, un observateur congolais redoute, lui, de « voir naître des groupes armés » qui se sentiraient « couverts par la Constitution ».

Le 05 Décembre 2015
Avec RFI

 

 

les militaires congolais

De violents affrontements opposent les Forces armées de la RDC aux rebelles ougandais des ADF la fin de l’après-midi de dimanche 29 novembre à Eringeti, une localité située à environ 60 kilomètres au Nord-Est de la ville de Beni (Nord-Kivu).

Selon des sources locales, les rebelles ougandais ont engagé une offensive, depuis 15 heures locales, contre l'Etat-major du 312e bataillon de la 31e Brigade des FARDC basées à Eringeti avant que s'en suivent des combats à l'arme lourde et automatique.

À en croire des sources sécuritaires, les ADF occupent, depuis 17 heures locales, une partie d’Eringeti dont le sous-commissariat de la Police nationale congolaise (PNC) dans cette localité.

La population d’Eringeti est en fuite vers plusieurs villages du territoire de Beni et la localité de Luna en Province Orientale.

D'après la même source, les combats se poursuivent et les FARDC  tentent de repousser cette attaque des ADF.

Les derniers combats entre les FARDC et les ADF en mai dernier à Parikingi et Kokola au Nord-Kivu avaient fait quatorze ADF tués et cinq armes récupérées. Quatre militaires ont été également tués.

Le 29 Novembre 2015

Avec Radio Okapi

Les militants du PPRD, parti au pouvoir en liesse lors des dernières élections

Le conseil de sécurité de l’ONU invite le gouvernement de la RDC et ses partenaires nationaux, à «veiller à ce que les élections se déroulent sans encombre dans les délais prévus, en particulier, s’agissant des élections présidentielle et législatives qui doivent se tenir conformément à la Constitution, en novembre 2016».

Dans une déclaration publiée lundi 9 novembre à New York, le conseil de sécurité s’est dit préoccupé par les tensions politiques en RDC.

A près d’un an de l’élection présidentielle et des législatives nationales, de nombreuses incertitudes planent encore sur le financement complet des scrutins, le calendrier et les opérations électorales prioritaires.

Lundi, le président congolais Joseph Kabila a annoncé aux ambassadeurs accrédités à Kinshasa son intention de convoquer bientôt un dialogue national qui traitera essentiellement des questions électorales. Certains partis de l’opposition ont d’ores et déjà annoncé le boycott de ce forum tandis que l’UDPS, principal parti de l’opposition réclame la médiation internationale pour se mettre à la table du dialogue.

Le dialogue oui, mais la question de la candidature du chef de l'Etat reste inquietante dans la mesure où Mr. Kabila ne se prononce pas clairement à ce sujet, déclare un membre de l'Opposition.

Dans ce climat, le conseil de sécurité a demandé au gouvernement et aux parties concernées «à veiller à ce que les élections soient libres, justes, crédibles, inclusives, transparentes et pacifiques et qu’elles respectent le calendrier prévu par la Constitution congolaise afin de poser les bases d'une stabilité et d'un développement durables.»

Reprise de la coopération Monusco-FARDC

Le conseil de sécurité a aussi noté que la situation sécuritaire s’est quelque peu améliorée dans l’Est de la RDC au cours des 14 dernières années. Mais, il reste néanmoins préoccupé par « la crise humanitaire et par les activités déstabilisatrices des groupes armés tant nationaux qu’étrangers ».

Comme solution, le Conseil de sécurité appelle à la reprise immédiate d'une coopération totale entre les forces armées de la RDC et la Brigade d’intervention ainsi que l’ensemble de la Monusco, notamment dans la traque contre les rebelles rwandais des FDLR.

Préoccupé par la lenteur de la mise en œuvre de l’Accord-cadre d’Addis Abeba, le Conseil de sécurité demande à toutes les parties, y compris les chefs de l’ex-M23, de coopérer pleinement pour accélérer  le rapatriement et la réintégration des combattants de l'ex-M23 se trouvant toujours en Ouganda et au Rwanda, et de participer aux mécanismes de mise en œuvre des déclarations de Nairobi.

Le 10 Novembre 2015
Avec Radio Okapi

Le siège du parlement congolais à Kinshasa en RDC

Le président Joseph Kabila a nommé jeudi 29 octobre dans la soirée les commissaires spéciaux des 21 nouvelles provinces et leurs adjoints. L'ordonnance lue à la télévision officielle reprend des noms des membres de la majorités. Ces commissaires spéciaux, issus de la majorité et de son allié, le Palu, devront mettre en place les administrations de ces nouvelles entités, mais il leur est formellement interdit de former des gouvernements.

Parmi les commissaires spéciaux nommés figurent deux anciens gouverneurs : Alex Kande au Kasaï central et Alphonse Ngoyi Kasanji au Kasaï oriental. Mais c’est surtout dans l’ex-Katanga que la majorité a voulu créer une rupture radicale : rupture avec l’administration de l’ancien gouverneur Moïse Katumbi Chapwe qui a repris sa liberté vis-à-vis de la mouvance présidentielle.

La gestion des quatre nouvelles entités de l'ex-Katanga a été confiée, pour la province du Lualaba, à l’ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement central Richard Muyej, le Tanganyka à Richard Ngoy Kitangala tandis que Raymond Mande Mutombo prend le Haut-Lomami et Félicien Katanga, le Haut-Katanga.

Selon les observateurs avertis, la majorité aura donc réussi à écarter de la gestion de l’ex-Katanga des proches de Moïse Katumbi Chapwe qui semblaient pourtant bien positionnés pour des élections des gouverneurs des provinces. Elections programmées mais annulées par la suite.

La nomination des commissaires spéciaux a été autorisée par la Cour constitutionnelle. Cette dernière avait demandé au gouvernement de prendre des mesures urgentes pour assurer la gestion des provinces nouvellement créées.

Le 30 Octobre 2015
Avec RFI

Les policiers mis en cause dans le meurtre de Chebeya dans le box des accusés

En RDC, les plaidoiries lors du procès en appel de l'affaire Chebeya se poursuivent. Les avocats des parties civiles regrettent toujours que certaines personnes n'aient pas comparu comme le général John Numbi et d'autres officiers qui avaient été cités. Les parties civiles demandent aussi de commuer les peines de mort prononcées en première instance.

Dans le box, les cinq policiers qui comparaissent portent une tenue impeccable. Tantôt les bras croisés, tantôt la main gauche à la joue, le prévenu Daniel Mukalay derrière ses verres teintés, a les yeux fixés sur les avocats des parties civiles qui développent leurs plaidoiries. A ses côtés, l’un de ses codétenus parle de temps en temps dans le vide. L’assistance écoute maître Richard Bondo défendre sa thèse de crime d’Etat.

Plusieurs animateurs des institutions ont trempé dans le double meurtre de Chebeya et de Bazana, explique maître Bondo avant de demander à la Haute Cour militaire de ne pas appliquer la peine de mort : « Mukalay et les autres qui ont été condamnés à la peine capitale – notamment les fugitifs – nous, en tant qu’abolitionnistes, pour honorer la mémoire et de Chebeya et de Bazana, nous sollicitons que cette peine capitale soit commuée, soit à perpétuité, soit à une certaine durée, mais privative de liberté ».

Cette démarche semble contraster avec le supplice subi par Fidèle Bazana, un ancien de la Division spéciale présidentielle sous le règne du maréchal Mobutu, révèle maître Kabengele Ilunga, un autre conseil des parties civiles. Selon cet avocat, le corps de Fidèle Bazana - qui n'a pas été retrouvé - porterait plusieurs marques de coups de poignard.

Le 04 Août 2015
Avec RFI

Colonel Daniel Mukalay_police RDC

Un témoin clé dans le procès en appel sur l'assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana le 1er juin 2010, Kalala Kalao, ancien chauffeur privé de Daniel Mukalay, a fait des révélations surprenantes. Il y aurait notamment eu trois morts au lieu de deux lors de ces tristes événements.

Kalala Kalao a affirmé avoir vu Floribert Chebeya le 1er juin 2010 vers 17h dans l’enceinte de l’Inspection générale de la police nationale. Ce jour-là, c’est lui qui conduisait le colonel Daniel Mukalay. Kalala Kalao a dit avoir aussi constaté la présence des membres de l’unité Simba dans la concession de l’Inspection générale.

Congédié, il sera appelé tard dans la nuit à la résidence de Daniel Mukalay. Celui-ci est alors au salon avec Christian Ngoy Kenga Kenga et Jacques Mugabo. Des policiers dont Kalala Kalao a égrainé les noms étaient dans le jardin. Selon Kalao ces policiers lui auraient raconté les exploits du soir : trois personnes tuées, une enterrée dans une ferme vers Kinshasa vers le Bas-Congo, un cadavre déposé à Mitendi et un autre peut-être jeté dans le fleuve Congo à Kinsuka.

Le lendemain matin c’est encore Kalala Kalao qui a nettoyé les traces de sang la jeep blanche de Daniel Mukalay avant d’emmener les enfants du colonel à l’école. Pour les avocats de la défense, ce n’est qu’un montage. Mais les parties civiles estiment que le récit est cohérent. C’est selon elles un témoignage qui fait la lumière sur l’assassinat de Floribert Chebeya.

Le 10 Juillet 2015

Avec RFI

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