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 Dans une lettre adressée jeudi à Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la commission de l'UA, l'opposant historique congolais Étienne Tshisekedi précise enfin sa position : il ne participera pas au dialogue politique tel que convoqué par le président Joseph Kabila.

Dans une lettre adressée jeudi à Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la commission de l'UA, l'opposant historique congolais Étienne Tshisekedi précise enfin sa position : il ne participera pas au dialogue politique tel que convoqué par le président Joseph Kabila.

Après plusieurs atermoiements, Étienne Tshisekedi a tranché. Pas question pour l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), son parti, de prendre part au dialogue national politique convoqué par le président congolais, Joseph Kabila, lequel est pourtant soutenu par l’Union africaine qui a dépêché récemment le Togolais Edem Kodjo pour jouer les facilitateurs à Kinshasa.

D’après nos informations, l’opposant historique congolais a envoyé jeudi 28 janvier une lettre à Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la commission de l’UA, « pour lui rappeler la position de l’UDPS » : le principal parti de l’opposition ne reconnaît pas au président Joseph Kabila, qui « fait partie du problème » selon lui, le pouvoir de convoquer des pourparlers politiques en RDC.

Qui doit convoquer le dialogue politique ?

Dans son courrier, Étienne Tshisekedi réaffirme également qu’il reste attaché à sa « feuille de route pour la sortie de crise », publiée à la mi-février 2015. Pour lui, le dialogue politique en RDC doit être « convoqué sous l’égide de la communauté internationale » et avoir un « facilitateur convenu par toutes les parties ».

Le leader de l’UDPS estime enfin que les pourparlers en RDC doivent tenir compte du respect des délais constitutionnels dans l’organisation des élections présidentielle et législatives, prévues fin novembre 2016.

Le 29 Janvier 2016
Avec Jeune Afrique


Tank de la police nationale congolaise devant le stade des martyrs le 23/12/2011 à Kinshasa

La police nationale congolaise a acquis un arsenal important constitué d’un équipement anti-émeute. Ce matériel remis mercredi 27 janvier par le ministre de l’Intérieur au chef de la police est notamment constitué de cinq véhicules pour disperser des foules, de cinq véhicules dotés des jets d’eau pour neutraliser des manifestants ainsi qu’une importante quantité de lanceurs des grenades, des grenades assourdissantes, lacrymogènes et fumigènes.
 
Pour le ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab, cet équipement anti-émeute va permettre à la police de gérer des foules lors des manifestations publiques sans porter atteinte à la vie des manifestants.
 
Le chef de la police congolaise, général Charles Bisengimana, s’est réjoui de l’acquisition de ce matériel qui, selon lui, va permettre à la police d’intervenir sans causer « des dégâts collatéraux ».
 
« La police a toujours été accusée comme ne respectant pas de fois les droits de l’homme. Nous voulons utiliser un matériel non létal. C’est un dispositif beaucoup plus préventif que répressif. Et donc c’est pour permettre à ce que nous puissions gérer correctement la foule sans occasionner des dégâts collatéraux ou sans tuer la population », a déclaré le commissaire général de la police.
 
Pour sa part, le ministre de l’Intérieur a fait savoir que le gouvernement était déterminé à veiller à ce que la sécurité intérieure et l’ordre public soient assurés sans étouffer les libertés individuelles.
 
«Il ne faut pas laisser la loi des hors-la-loi triompher sur la loi de la République, et en même temps faire en sorte que les droits fondamentaux des citoyens soient respectés. Voilà pourquoi ce matériel est important pour pouvoir concilier la loi, à la fois réprimer et respecter les droits fondamentaux des citoyens », a expliqué Evariste Boshab :
 
La police devrait acquérir un autre lot de matériel anti-émeute d’ici le mois d’avril prochain, a promis le ministre de l’Intérieur. 

Le 28 Janvier 2016
Avec Radio Okapi

Joseph Kabila, président de la RDC prête serment pour son second mandat présidentiel, le 20 décembre 2011

Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, totalise ce mardi 26 janvier, 15 ans à la tête du pays.

Il est arrivé au pouvoir le 26 janvier 2001, dix jours après l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, qui a renversé le Maréchal Mobutu en 1997.

Quand Joseph Kabila arrive au pouvoir, le pays est morcelé. Les rebellions du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et du Mouvement de libération du Congo (MLC) occupent une partie du territoire national.

A la suite du Dialogue inter-congolais organisé en Afrique du Sud, une nouvelle transition est mise en place en 2003. Joseph Kabila est désormais entouré de quatre vice-présidents : Azarias Ruberwa, Jean-Pierre Bemba, Arthur Z’Ahidi Ngoma et Yerodia Abdoulay Ndombasi.

Premières élections démocratiques

Trois ans après la mise en place de cette transition, les premières élections démocratiques sont organisées au pays.

Joseph Kabila en sort victorieux, battant au second tour de la présidentielle Jean-Pierre Bemba.

Il lance alors un vaste programme de reconstruction des infrastructures dénommé « 5 chantiers » : infrastructures, emploi, éducation, eau et électricité et santé.

En 2011, M. Kabila est réélu président pour un second et dernier mandat.

L’article 70 de la constitution stipule en effet que le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois.

Pour son nouveau mandat, le chef de l’Etat lance un nouveau programme baptisé « révolution de la modernité», une sorte de continuité de son précédent programme censé moderniser les infrastructures du pays.

Vers la première alternance ?

Le quinzième anniversaire de l’accession de Joseph Kabila au pouvoir coïncide avec l’année de la fin de son deuxième et dernier mandat.

L’élection présidentielle qui doit être organisée cette année doit porter un nouveau président au pouvoir.

Dans son calendrier électoral publié l’année passée, la Commission électorale indépendante (Ceni) avait prévu d’organiser sept scrutins dont la présidentielle et les législatives en novembre 2016.

Mais aucune élection prévue dans ce calendrier n’a encore été organisée.

Toutes les élections prévues dans ce calendrier nécessitent plus d’un milliard de dollars américains.

La Ceni qui a changé de président entre temps (Corneille Nangaa succédant à l’abbé Malumalu) annonce la publication d’un calendrier réaménagé. La commission électorale fait régulièrement état des difficultés liées à l’organisation des élections. Même si elle assure que 2016 sera une année électorale.

Le dialogue, la solution ?

Pour permettre la tenue d’élections « apaisées », le président Kabila a annoncé la tenue d’un dialogue national.

Au cours de ces assises, on discuterait notamment du financement des élections et de la sécurisation des élections.

Mais la tenue de ce dialogue ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique congolaise.

Si l’idée est soutenue par la majorité au pouvoir, à l’opposition les avis sont partagés.

Une partie de l’opposition rejette ce dialogue, proposant la tenue d’une rencontre Ceni-majorité-opposition pour discuter des questions électorales. Parmi les tenants de cette ligne, la Dynamique de l’opposition, le Front citoyen 2016 et le G7.

D’autres opposants sont favorables au dialogue. Une plate-forme pro-dialogue a même été créée.

Le principal parti de l’opposition, l’UDPS d’Etienne Tshisekedi conditionne sa participation à ce dialogue par la nomination d’un médiateur international.

Edem Kodjo a été désigné par l’Union africaine (UA) pour mener des consultations en vue du dialogue en RDC.

Avant lui, le secrétaire général de l’ONU avait confié à Saïd Djinnit la même mission.

Entre-temps, le débat sur la fin du mandat de Joseph Kabila continue d’animer la classe politique.

Le 26 Janvier 2016
Avec Radio Okapi

Le président Joseph Kabila lors du sommet États-Unis - Afrique en juin 2014

Le procès de trois étudiants congolais détenus pendant huit mois et demi sans motif et poursuivis désormais pour « offense à la personne du chef de l’État » s'est ouvert vendredi 22 janvier à Kinshasa.

La défense de Joël Bukuru, Giresse Bagombisa et Léon Nguwa a plaidé pour « l'annulation » des procès-verbaux établis selon elle de façon « irrégulière », après leur arrestation le 28 mars à l'Université de Kinshasa.

Âgés de 22 à 24 ans, ces sympathisants de l'Union pour la nation congolaise (UNC) ont été arrêtés pour avoir appelé à soutenir le chef de ce parti d'opposition, Vital Kamerhe, ancien allié du président congolais Joseph Kabila.

Ils ont été détenus au secret à l'Agence nationale des renseignements (ANR) et n'ont été transférés à la prison centrale de Kinshasa que le 15 décembre après leur inculpation par le parquet.

Lors de cette première audience, les avocats de la défense ont dénoncé la détention prolongée de leurs clients par l'ANR, alors que la Constitution dispose que nul ne peut être gardé à vue plus de 48 heures.

Le Ministère public a pour sa part, appelé les juges à « ne pas prendre à la légère » une affaire qui « touche au sommet de l’État ». L'audience a été renvoyée au 29 janvier.

Le 23 Janvier 2015
Avec AFP

La police disperse les manifestants de l'UNC jeudi 20 février 2015 à la place de l'indépendance à Bukavu

Près de 5.000 personnes ont manifesté contre le pouvoir mardi à Bukavu, dans l'est de la République démocratique du Congo, tandis qu'à Kinshasa, la police a empêché toute la journée les rassemblements prévus par l'opposition à la mémoire des morts de la répression des émeutes de janvier 2015.

A Lubumbashi (sud-est), deuxième ville du pays, l'armée a dispersé à la mi-journée quelques 300 personnes réunies à l'appel de l'opposition pour prier dans la rue pour les quelques dizaines de personnes tuées entre le 19 et le 22 janvier 2015 lors de violences provoquées par l'examen au Parlement d'un projet de loi électorale contesté.

Un correspondant de l'AFP qui couvrait cette manifestation a été molesté par des soldats et retenus pendant plusieurs heures avant d'être relâchés. 

A Goma, capitale du Nord-Kivu (est), environ 400 personnes ont manifesté contre le pouvoir dans le calme, selon un autre journaliste de l'AFP.

Le plus grand rassemblement de la journée a eu lieu à Bukavu, fief du troisième parti d'opposition, l'Union pour la Nation congolaise (UNC), où les manifestants se sont rassemblés sur une place pour écouter divers orateurs venus dire "non" à un "troisième mandat" du président Joseph Kabila et exiger la tenue de la présidentielle en 2016, comme prévu par la Constitution.

La nuit précédente, selon le correspondant de l'AFP dans la ville et d'autres habitants, des inconnus étaient passés munis de mégaphones pour clamer haut et fort dans certains quartiers : "Il n'y a aucune manifestation prévue demain à Bukavu".

A Kinshasa, le Front citoyen 2016, coalition d'opposants à M. Kabila, avait prévu plusieurs dizaines d'offices religieux à la mémoire des victimes de janvier 2015 suivis de conférences-débats sur "l'alternance démocratique" en plusieurs points de la ville, dans un souci d'éviter une éventuelle confrontation avec les forces de l'ordre sur la voie publique.

- 'Message séditieux' -

Mais la police a empêché l'accès à de nombreux lieux de culte catholiques ou à des salles louées par l'opposition pour l'occasion, selon une journaliste de l'AFP.

"Le message que les conférenciers allaient livrer était séditieux, la police a reçu l'ordre de disperser les attroupements", a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Pierrot Mwana Mputu, porte-parole de la police nationale.

Président de l'UNC, Vital Kamerhe, ancien allié de M. Kabila, a déclaré à l'AFP avoir donné consigne à ses militants venus l'écouter de "ne pas céder à la provocation" lorsque la police est entrée dans la salle où il devait tenir une conférence.

Le climat politique est très tendu en RDC, où l'opposition accuse M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat expire en décembre, de chercher à tout faire pour se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de l'année, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

Plusieurs dizaines d'interpellations et l'arrestation de quelques personnes ayant loué des salles à l'opposition ont été signalées dans la capitale.

Le curé d'une paroisse d'un quartier populaire de l'ouest de Kinshasa a affirmé à l'AFP avoir reçu dans la matinée la visite "d'un groupe de policiers" venus pour lui signifier que "le gouvernement n'avait pas autorisé la célébration de la messe" demandée par des opposants.

"La messe n'a pas besoin d'autorisation", a-t-il ajouté, mais "par prudence on a annulé la messe pour ne pas porter la responsabilité" d'éventuelles violences.

En début de soirée, sept policiers en tenue anti-émeute filtraient l'entrée des abords de la cathédrale de Kinshasa. Dans un quartier proche, une douzaine d'agents interdisaient l'accès à une autre église catholique où devait avoir lieu une prière œcuménique à l'occasion de la "Semaine pour l'unité des chrétiens"

Le 20 Janvier 2016
Avec AFP

Laurent Désiré Kabila, ancien président de la RDC assassiné en 2001

Le 16 janvier, comme chaque année depuis 2002, les Congolais commémorent la mort de Laurent-Désiré Kabila, assassiné ce jour-là par l’un de ses gardes rapprochés, Rachidi Kasereka. Au-delà des cérémonies d’hommage à l’homme d’Etat, cet anniversaire est aussi l’occasion de revenir sur l’éventuelle réouverture du procès de ses assassins, comme les juges l’ont laissé entendre lors du prononcé du verdict de 135 personnes appelées devant la barre.
 
Le Film de l’assassinat
 
Mardi 16 janvier 2001, vers 13h30, Laurent-Désiré Kabila est abattu dans son bureau de trois balles. L’assassin, l’un de ses gardes du corps, Rachidi Kasereka.

Il sera lui-même tué quelques minutes plus tard par l’aide de camp du président, le colonel Eddy Kapend. Le principal complice, qui attendait le meurtrier dans une voiture à l’extérieur du palais présidentiel, dans l’ouest de la capitale, réussit à prendre la fuite. Lire: «Qui a tué Laurent-Désiré Kabila ?» S’ensuit alors un gigantesque rafle dans l’entourage du président défunt.

Dans un entretien au correspondant de l'hebdomadaire britannique The Independent à Kinshasa, le conseiller économique de Laurent-Désiré Kabila, Emile Mota, témoin oculaire de l’assassinat confirme qu'un jeune garde du corps du chef de l'Etat a tiré plusieurs balles à bout portant, avant d'être abattu par les forces de sécurité présidentielles.

Le témoignage de Léonard Mashako Mamba

Léonard Mashako Mamba est le ministre de la Santé au moment de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila. Ce professeur de médecine, un proche du président, se trouvait au palais présidentiel mais pas dans le même lorsque Kabila est abattu. C’est lui qui a tenté de lui sauver la vie, selon ce qu’il nous a raconté.
 
«Le président de la République a été approché par un des gardes qui l’a abattu en plein travail. J’avais eu une séance de travail à laquelle il m’avait associé cette matinée-là. Au moment où nous terminions cette séance, il m’a demandé d’attendre dans l’autre bureau. Et c’est pendant qu’on attendait que nous avons entendu trois coups de feu et une des personnalités qui était dans le bureau est sortie en criant : on vient de tirer sur M’zee. Nous nous sommes précipités pour porter secours», relate Léonard Mashako, avec une pointe de regret.

Le 16 Janvier 2016
Avec Radio Okapi

Portrait de Joseph KABILA, Président fin mandat de la RDC

Dresser la liste des personnalités qui marqueront l’Afrique 2016 sans citez Kabila sera un travail incomplet, même si les élections, les crises dont l’épilogue se fait attendre ou les événements sportifs et culturels mettront certainement en avant des protagonistes bien connus.

« Une énigme enveloppée de mystère », disait de lui Jacques Chirac. À 44 ans, Joseph Kabila cultive plus que jamais sa nature profonde : secrète, imprévisible, déroutante, impénétrable, y compris pour son proche entourage. Où sera-t-il, que fera-t-il dans onze mois, au terme d’une année 2016 perçue comme celle de tous les dangers dans ce pays-continent de 80 millions d’habitants ? Pour ses opposants, qui n’ont en commun que l’impatience de le voir rendre le pouvoir, en novembre prochain, comme pour la communauté internationale, dont l’unique antienne est le respect des échéances constitutionnelles, il va de soi que le fils du Mzee aura rejoint le rayon des jeunes retraités de l’Histoire.

Du reste le processus électoral est en panne : calendrier global dépassé, fichier corrompu, insuffisance des moyens financiers, résidus d’insécurité préoccupants dans l’Est et au nord du Katanga – autant de raisons objectives pour souscrire à ce « dialogue national politique inclusif » que Kabila appelle de ses vœux.

Dans son discours sur l’état de la nation prononcé devant le Parlement réuni en congrès le 14 Décembre 2015, Joseph Kabila s'est engage à promouvoir un processus élcetoral appaisé : « Je ne permettrai pas que les sacrifices consentis ensemble au cours de dernières années pour bâtir la paix soient compromis, sous quelque prétexte que ce soit, par ceux qui, de mauvaise foi et de manière délibérée, choisiront de rester enfermés dans leur posture négativiste, refusant le dialogue au profit des complots contre la République et en promettant sang et sueur à notre peuple. Il n’y aura ni l’un ni l’autre ».

Regroupés au sein du Front citoyen 2016, les leaders de l’opposition s’y refusent et menacent de recourir à la désobéissance civile, autant dire à l’épreuve de force pour conjurer tout « glissement » du calendrier. Joseph Kabila, lui, joue la carte du nationalisme, des grands travaux, des forces de sécurité qui lui sont très largement acquises et des Églises du réveil, sans rien dévoiler de ses intentions. Persuadé que, quelle que soit l’issue de l’année qui s’ouvre, elle ne s’écrira pas sans lui, ni contre lui.

Le 14 Janvier 2016
Avec Jeune Afrique

La capitale de la République démocratique du Congo (ici le boulevard du 30-Juin) à Kinshasa est sous vidéo surveillance

Les caméras de surveillance ont fait leur apparition dans la ville de Kinshasa. Surpris par cette présence, les Kinois se sont mis à spéculer dans tous les sens. Les autorités de la police nationale rassurent, mais la suspicion demeure et se fait de plus en plus grande.

Le Général Célestin Kanyama, commissaire provincial de la capitale, parle du renforcement de la sécurité. Ce général de la Police nationale évoque les contraventions routières et le comportement incivique de certains habitants. Selon lui, cette vidéosurveillance est une très bonne chose et certains Kinois sont d’accord avec lui. « Moi, je trouve que c’est bon, nous devons nous adapter aux systèmes de sécurité d’ailleurs… » témoigne cet homme.

Mais ensuite se posent des problèmes pratiques somme la maintenance du réseau. « C’est ça le plus difficile. Acheter des caméras… mais la maintenance ?» s'interroge cet autre Kinois selon lequel pour que la vidéosurveillance ait un bon résultat il faut prévoir un suivi.

Pourquoi poser des caméras de surveillance seulement maintenant ?

« C’est vraiment pour des raisons sécuritaires ou c’est pour cibler les lieux connus traditionnellement dans cette ville, comme des lieux de rassemblement de certaines personnes qui ne sont pas d’accord avec certaines choses, certaines pratiques que l'on dénonce jour et nuit dans ce pays » doute cet autre habitant de la capitale.

Autre question enfin : ce projet a-t-il été budgétisé ? « Si on regarde le budget de l’État on ne voit pas où cet élément figure. Et pourquoi ça ne vient que vers la fin de l’année 2015 et le début de l’année 2016 ? » s'interroge un autre Kinois.

Des sources généralement bien renseignées indiquent qu’il s’agit d’un réseau de surveillance confié à la Police nationale congolaise.

Le 13 Janvier 2016
Avec RFI

Un agent électoral de la Céni au milieu des sacs de bulletins de vote à Kinshasa, le 3 décembre 2011 (photo d'illustration)

En RDC, il est à nouveau question de la révision du fichier électoral. A moins d’un an de la fin du délai constitutionnel pour que se tienne l’élection présidentielle, le patron de la Monusco, Maman Sidikou, a rendu visite au président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) lundi 11 janvier. Il lui a demandé d’avancer sur les aspects techniques, et notamment l’achat de kits nécessaires au recensement électoral. Pour Maman Sidikou, ce travail technique de fond ne doit pas être politisé.

« Ne perdons pas trop de temps (…) C’est le rôle de la Céni de préparer les choses de façon claire, indépendante, inclusive et crédible », a rappelé le patron de la Monusco, renvoyant aux partenaires politiques, majorité, opposition, le règlement de toutes les autres questions. Une position que l’on entend de plus en plus du côté de la communauté internationale, qui insiste sur le respect des délais constitutionnels qui se rapprochent à grands pas.

Or, lorsque le président Joseph Kabila a officiellement convoqué le dialogue en novembre dernier, il a évoqué la question du fichier électoral comme une question à débattre. Certains ténors de la majorité sont même allés jusqu’à demander un recensement général de la population, ce que l’opposition refuse, évoquant une volonté de faire glisser le calendrier électoral.

Marché par entente directe

Pour ce qui est des aspects techniques, l’acquisition du matériel nécessaire à la révision du fichier, depuis les mois d’avril / mai derniers, la Commission électorale a demandé à la Primature de s’occuper de cette passation du marché.

La Primature a, elle, répercuté cette requête au BCECO, une agence de l’Etat spécialisée dans la mise en œuvre de projets et programmes, créée avec le soutien de la Banque mondiale.

L’option retenue avait été celle d’un marché par entente direct avec la compagnie belge Zetes pour « plus de célérité », disait-on du côté de la Primature. Mais la Céni, dont le bureau a été renouvelé ces dernières semaines, ne semble plus favorable à cette option.

La Céni conteste

Dans un courrier daté du 6 janvier, en copie à la Primature, le BCECO annonce à la Commission électorale que le processus a « atteint l’étape qui consiste à requérir l’approbation du Premier ministre ». La dernière étape donc.

Mais l’agence étatique demande à la Céni si les équipements, les fournitures, ainsi que les sources d’énergie répondent à ses exigences et si le système proposé par Zetes intègre la nouvelle cartographie avec les 26 provinces.

Dans sa réponse, datée du 11 janvier, la Céni soulève un premier problème, à savoir que l’assemblée plénière n’a pas validé ce contrat, « que le bureau de la Céni n’aurait même pas vu », dit-on du côté de la Commission électorale. « C’est faux », explique une source au sein de la Primature.

Le BCECO n’est là que pour les aspects administratifs et financiers, cette agence aurait travaillé avec les experts de la Céni à chaque étape, dit cette même source, évoquant pour expliquer ce revirement un problème interne au sein de la Commission, dont le bureau a été renouvelé ces derniers mois.

Appel d'offres international

Dans son courrier, la Céni, elle, avance une autre raison. « Il serait mal indiqué de poursuivre l’exécution d’un contrat dont les procédures sont déjà contestées par certaines parties prenantes », précise la lettre. La Commission se dit donc prête à lancer un appel d’offres international ouvert conformément à la loi.

Une procédure qui pourrait prendre plusieurs mois, mais qui pourrait permettre, selon la Céni, d’obtenir du matériel plus léger et adapté à un déploiement rapide des kits sur tout le territoire. Pour rappel, la société belge Zetes avait été notamment mise en cause par l’UDPS dans sa participation au processus électoral de 2011.

Le 13 Janvier 2016

Avec RFI 

Une patrouille de la Minusca près d'un bureau de vote à Bangui, après les élections présidentielle et législatives en Centrafrique, le 2 janvier 2016

L'ONU a annoncé ce samedi 9 janvier que le contingent congolais, fort de 850 hommes déployés en Centrafrique, ne serait pas remplacé. Plusieurs soldats congolais sont en effet visés par des accusations de viols ou de maltraitances. Les Casques bleus congolais sont surtout déployés à Bambari, dans le centre du pays, où leurs actions sont diversement appréciées.

A Bambari, ville symbole de la division communautaire, plusieurs centaines de Casques bleus congolais sont chargés d'assurer la sécurité. Déployés depuis des mois, l'action des soldats est appréciée de manière quasi unanime. « Ils font un bon boulot », confie Jean Daniel, qui vit dans un site de déplacés à l'intérieur d'un camp de l'ONU. « Sans eux, nous serions sans doute déjà morts », souligne-t-il.

Du côté des organisations humanitaires, le départ des soldats congolais suscite surtout l'inquiétude. « Qui va donc pouvoir les remplacer ? Ils faisaient un bon travail de médiation entre les groupes armés », explique, sous couvert d'anonymat, un chef de mission déployé à Bambari.

Du côté des anti-balaka de la zone, ce n'est pas le même son de cloche. Beaucoup reprochent aux Casques bleus d'être trop favorables aux ex-Seleka, dirigés par Ali Darassa.

Quant aux « bêtises » – c'est comme ça que les Centrafricains font référence aux viols dont sont accusés certains Casques bleus –, personne ne veut vraiment se prononcer. « La justice doit trancher », se risque un habitant de la ville.

Kinshasa, après avoir ignoré les trois premières injonctions de l'ONU, avait finalement enquêté sur la quatrième affaire impliquant ses soldats en envoyant des enquêteurs en Centrafrique. Les enquêteurs ont rapidement conclu que ces affaires, selon eux, étaient infondées.

Un des responsables du contingent congolais déployé à Bambari affirme pour l'instant n'avoir reçu aucun ordre officiel. « Mais si les chefs décident de nous retirer, alors nous partirons », conclut-il.

Incompétence ?

Le contingent congolais était sur la sellette depuis quelques mois, mais c’est désormais officiel, il devra quitter très prochainement la Centrafrique et ne sera pas remplacé, rappelle notre correspondante à New York Marie Bourreau. Si les raisons invoquées par l’ONU – le manque de performance des Casques bleus congolais –, permettent aux autorités de Kinshasa de sauver la face, la réalité serait toute autre.

Ses soldats seraient impliqués dans au moins quatre affaires de viols en Centrafrique. A trois reprises, la RDC n’avait pas répondu aux sollicitations de l’ONU qui lui demandait de faire toute la lumière sur ces affaires. La quatrième fois, Kinshasa avait fini par dépêcher des enquêteurs, mais qui avaient conclu à l’innocence de ses soldats.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, passablement irrité par les révélations d’abus sexuels de ses troupes, avait promis depuis plusieurs mois de se séparer des bataillons accusés de crimes sexuels si leurs états respectifs refusaient de les juger.

Ce n’est pas une première, l’organisation avait déjà rapatrié en 2007 des soldats sri-lankais accusés de viols en Haïti. Mais l’ONU promet désormais d’en faire une constante de sa politique de tolérance zéro.

Contacté par RFI, le porte-parole des Nations unies Stéphane Dujarric estime que le contingent de la République démocratique du congo (RDC) a fait des progrès, mais juge aussi que ses troupes ne répondent que partiellement aux exigences de l'ONU.

Les multiples affaires de viols dans lesquelles ont été cités certains soldats sont aussi à l'origine de cette décision. Aucun autre contingent ne serait dans le viseur de l'ONU mais, selon certaines sources aux Nations unies, des soldats du Maroc, du Gabon et d'Egypte sont aussi visés dans des enquêtes concernant des cas d'abus sexuels au sein de la Minusca.

« Le contingent congolais, c'est un cas assez spécifique qui a à voir avec le niveau d'équipement, le niveau de préparatif des troupes congolaises, assure Stéphane Dujarric. Et bien sûr, les enquêtes en cours sur les cas d'abus sexuel ont fait partie de notre évaluation. Pour ce qui est des autres cas, il y aura des enquêtes en cours et bien sûr les soldats responsables, nous l'espérons, feront face à la justice. Mais on parle de cas spécifiques de soldats et on ne parle pas de contingent pour l'instant. »

Combler le vide

Avec le départ des 925 soldats congolais, Bambari est dépeuplée. Un vide que la Minusca va devoir combler. Selon le porte-parole de l'ONU, les Casques bleus congolais cesseront leurs opérations fin janvier. Ils seront ensuite rapatriés dans leur pays.

La Minusca dispose actuellement de 9 150 soldats et 1 530 policiers en RCA. On sait par ailleurs qu'elle vient d'accueillir à Bangui 750 soldats égyptiens et 140 policiers mauritaniens. Seront-il déployés à Bambari ? C'est toute la question.

Selon les informations de RFI, la présidente Catherine Samba-Panza n'y est pas favorable. Elle craint que la présence de Casque bleus musulmans n'avive les tensions à Bambari. Mais une source au sein de la mission de l'ONU précise qu'il n'y pas d'autre choix. La Minusca peine en effet à trouver des pays contributeurs de troupes.

Par ailleurs, la mission est empêtrée dans les affaires de violences sexuelles. Des soldats de trois pays africains sont actuellement l'objet d'une enquête interne pour des abus commis sur mineurs. Or, l'ONU souhaite désormais que les pays dont les soldats font l'objet d'accusations régulières de mauvais comportements ne soient plus intégrés dans les missions.

Une doctrine qui, si elle était appliquée à la lettre, risquerait de poser des problèmes logistiques. Pour l'heure, la Minusca étudie la création d'une police destinée à surveiller les comportements de ses soldats.

Le 10 Janvier 2016
Avec RFI

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