Dans un message audio, Abubakar Shekau conteste son remplacement à la tête de Boko Haram

Dans un message audio, Abubakar Shekau s'adresse au groupe État islamique, qui a annoncé son limogeage à la tête de Boko Haram. Le Nigérian assure avoir été "trompé" et refuse de "suivre aveuglément" l'organisation terroriste.

On le disait affaibli, voire mort. Dans un message audio, diffusé jeudi 4 août, le désormais ancien chef de la secte islamiste Boko Haram, Abubakar Shekau, a affirmé être "toujours présent", malgré l’annonce de son remplacement par l’organisation État islamique (EI), auquel le groupe jihadiste nigérian a prêté allégeance en mars 2015.

Le message de dix minutes, dont la voix a été identifiée par un journaliste de l'AFP habitué aux déclarations du groupe, n'a pas encore été authentifié par les autorités, mais selon Yan St-Pierre, consultant en contre-terrorisme pour Modern Security Consulting, "la source de diffusion est très fiable".

Shekau réagit directement aux propos tenus par Abou Mosab al-Barnaoui dans Al-Nabaa, l’hebdomadaire officiel de l'EI, qui le présente comme le nouveau wali (chef) du califat de l'Afrique de l'Ouest. Le Nigérian, qui dirige le mouvement depuis 2009, affirme avoir été "trompé" par certains de ses combattants et l'EI, à qui il avait prêté allégeance en mars 2015, au point qu'il ne veut "plus les suivre aveuglément". "Par ce message, nous voulons affirmer que nous n'accepterons plus aucun émissaire [de l'EI], sauf ceux vraiment engagés dans la cause d'Allah", déclare-t-il.

Un groupe fortement divisé

Les spéculations sur la disparition de Shekau sont monnaie courante et l'armée nigériane l'a régulièrement déclaré mort. Sa dernière apparition remonte à mars lorsque, semblant affaibli dans une vidéo postée sur YouTube, il déclarait : "Pour moi, la fin est venue".

Blessé à l'estomac au moment de cette vidéo, selon des sources proches de la mouvance jihadiste, Shekau n'avait ensuite donné aucun signe de vie, et on le disait soit mort, soit en incapacité de diriger le groupe. "On voyait déjà d'un point de vue stratégique que le groupe était fortement divisé, analyse Yan St-Pierre. Maintenant la division est publique et le linge sale n'est plus lavé en famille."

Chercheur à l'Institut français du Proche-Orient et spécialiste des questions de jihad, Romain Caillet soulignait, mercredi, à l'AFP qu'"aucun élément dans cette interview [de Bardaoui à l'hebdomadaire de l'EI] ne laisse penser qu'Abubakar Shekau a été tué, ce qui indiquerait qu'il a probablement été limogé".

Abubakar Shekau a pris la tête de Boko Haram après l'exécution de son leader historique Mohammed Yusuf par les forces de l'ordre en 2009, qui avait marqué le début d'une vague de violences ayant fait quelque 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés dans toute la région du lac Tchad.

Avec AFP

Une vue aérienne la ville de Syrte, le 7 octobre 2011 en Libye

Les Etats-Unis estiment à 5 000 le nombre de combattants de l’organisation EI en Libye, dont une forte proportion de volontaires étrangers. Parmi eux, des Sénégalais. C’est une interview dans la presse sénégalaise qui a révélé leur présence dans le pays. Ils ne sont encore qu’une trentaine à avoir décidé de partir au jihad. Tous sont actuellement dans l’ancien bastion kadhafiste de Syrte, devenu fief des jihadistes depuis février 2015.

Sur les réseaux sociaux, ces Sénégalais de l’organisation Etat islamique en Libye s’affichent sans complexe. Une quinzaine de jihadistes sénégalais sont ainsi visibles avec fusils d’assaut et ceintures explosives sur des photos postées sur Facebook.

« Les Sénégalais sont très nombreux ici à Syrte, Nofiliah, Ben Jawad, et nous avons aussi des partisans au Sénégal », explique l’un d’eux à RFI, qui pose tout sourire sur le réseau social. Agé d’une trentaine d’années, parfaitement francophone, ce Sénégalais raconte notamment la bataille d’al-Sedra à laquelle il dit avoir participé pour le contrôle du croissant pétrolier libyen.

Ces derniers mois, le groupe EI a d’ailleurs officiellement annoncé la mort d’un Sénégalais au combat contre les milices Fajr Libya, maîtres de Tripoli. Comment sont-ils arrivés en Libye ? Pas de réponse, « le chemin est top secret », tempère ce jihadiste : « J’avais vu que je ne pouvais plus vivre au Sénégal car la charia n’est pas appliquée, explique-t-il, j’ai toujours voulu aller en Syrie mais Allah ne me l’a pas permis, je me suis donc dit qu’il fallait aller en Libye car c’est le même jihad ».

Le jihad au Sénégal ?

Ce jihadiste ne cache pas son animosité envers son pays d’origine : « Nous avons voulu commencer le combat au Sénégal, explique-t-il, mais les armes sont difficiles à trouver, alors nous avons décidé de rejoindre nos frères en Libye ».

Après avoir combattu et reçu un entraînement militaire en Libye, a-t-il l’intention de mener le jihad dans son pays ? La réponse de ce jihadiste sénégalais est claire : « Le jihad est notre religion, l’islam nous a ordonné de combattre ceux qui ont apostasié. Au Sénégal, l’islam est caricaturé et le Sénégal va savoir qu’Allah nous a choisis pour combattre », affirme-t-il avant de menacer la principale confrérie musulmane du pays, « les mourides qui adorent Serigne Touba en dehors d’Allah » et qui « seront combattus », selon ce jihadiste sénégalais de la branche libyenne de l’organisation Etat islamique.

Une trentaine en Libye

Tous sont installés, parfois en famille, dans l’ancien bastion kadhafiste de Syrte devenu en un an la place forte de l’organisation EI en Libye. Ils ne sont qu'une trentaine dans le pays, mais ce n’est sans doute qu’un début.

Ces jihadistes sénégalais parfaitement francophones ne cachent pas leur intention d’inciter le maximum de combattants étrangers à les rejoindre pour ce nouveau jihad africain. « Nous incitons tout le monde, pas seulement les Sénégalais, à nous rejoindre », explique-t-il.

Interrogées sur ce phénomène, les autorités sénégalaises, qui ont demandé aux forces de sécurité comme à la population d'être extrêmement vigilantes après les attentats dans la sous-région n’ont pas souhaité réagir.

Le 05 Février 2016
Avec RFI

 L'ex-chef de milice Charles Blé Goudé (gauche) et l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo (droite) seront jugés ensemble par la CPI

Plus de 5 300 éléments de preuves, 138 témoins

"Des attaques ont été menées par des forces publiques ou des groupes organisés, qui agissaient sous le contrôle d'une certaine hiérarchie. Ce n'était pas des attaques improvisées", a assuré à l'AFP Richard Nsanzabaganwa, un membre du bureau de la procureure Fatou Bensouda. L'accusation assure disposer de 138 témoins, qui ne seront pas tous appelés en audience, et va présenter plus de 5 300 éléments prouvant notamment que des actions au caractère "généralisé" et "systématique" étaient dirigées contre "des communautés ethniques ou religieuses spécifiques".

La défense assure, elle, que l'ancien président était un fervent défenseur de la démocratie et conteste l'existence même d'un "plan commun". Pour Laurent Gbagbo et ses partisans, dont 1 500 sont attendus jeudi devant la CPI, la France est derrière le "complot" qui a entraîné la chute de ce farouche nationaliste.

"C'est un homme de convictions, un homme sincère, un promoteur de la démocratie. Il veut que ce procès fasse éclater la vérité", a indiqué à l'AFP son avocat principal, Emmanuel Altit. De son côté, Claver N'Dry, un des avocats de Charles Blé Goudé, a assuré que son client allait plaider "non coupable" parce que tout "les faits parlent en [sa] faveur et qu’il "n'est pas un criminel comme on tente de nous faire croire".

Encore aucun pro-Ouattara inquiété

Reporté à plusieurs reprises, ce procès, qui devrait durer trois à quatre ans, est attendu par les partisans de Ouattara comme par les fidèles de Gbagbo, d'autant qu'elle repose la question cruciale des rapports entre justice et réconciliation. "Nous espérons que les victimes des violences post-électorales et les familles endeuillées soient entendues et, éventuellement, obtiennent réparation à l’issue du procès", estime Yacouba Doumbia, du Mouvement ivoirien des Droits humains (MIDH).

De nombreuses voix regrettent toutefois qu’aucun membre du camp Ouattara n'ait encore été inquiété par la CPI. En jugeant "Laurent Gbagbo seul, on comprendra en fait une partie mais pas l'ensemble de ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire", analyse Yacouba Doumbia. "Il y a des enquêtes [...] pour indexer aussi le camp de M. Ouattara" car il faut "qu'aucun camp ne puisse s'exonérer" pour que le procès "ait un impact véritable dans la société", dit-il.

Joel N'Guessan, porte-parole du Rassemblement des républicains (RDR), le parti d’Alassane Ouattara, assure que la justice passera pour tous. "En matière de crimes contre l'humanité, en matière de crimes de guerre [...] les responsabilités sont individuelles, dit-il. M. Gbagbo est là-bas aujourd'hui, ceux qui doivent y être, y seront."

La CPI critiquée

Ces audiences inédites doivent avoir valeur d'exemple en matière de lutte contre l'impunité : pour la première fois, un ancien chef d'État africain est appelé à répondre de ses actes devant un tribunal d'un autre pays du continent, selon le principe de "compétence universelle". "Ce procès a un rôle éminemment pédagogique aussi bien pour la Côte d'Ivoire que pour l'ensemble des chefs d'État africains qui s'accrochent au pouvoir", commente Yacouba Doumbia.

La tenue d’un tel procès ravive cependant les critiques contre la CPI, accusée de poursuivre uniquement des Africains. "C'est comme si nous, les Africains, nous n'étions pas en mesure de dire le droit ou n'avions pas assez de ressources pour pouvoir juger nos propres fils", affirme à l'AFP à Dakar Babacar Ba, président du Forum du justiciable, qui regroupe divers acteurs judiciaires au Sénégal.

Jugée en Côte d’Ivoire pour son rôle dans la crise, Simone Gbagbo, l’épouse de Laurent, a été condamnée à 20 ans de prison, en compagnie de 78 autres personnes.

Le 28 Janvier 2016
Avec ACP

L'avocat sénégalais Amadou Sall (G) jugé pour offense au chef de l'Etat et atteinte à la sûreté de l'Etat

Au Sénégal, le procès d'Amadou Sall, qui avait été reporté, s'est tenu ce mardi. Cadre du PDS, le parti d'Abdoulaye Wade, ancien ministre de la Justice, il est jugé pour offense au chef de l'Etat et atteinte à la sûreté de l'Etat après des déclarations tenues lors d'un rassemblement politique en mars 2014. Amadou Sall était à l'époque l'avocat du fils de l’ex-président et avait déclaré que « si Karim Wade était condamné, Macky Sall ne passerait pas une nuit de plus au palais ». Il avait également traité le chef de l'Etat de « peureux, d'incompétent, d'incapable et d'impuissant ».

Juger un avocat réputé, défendu par six confrères. Le président du tribunal de Dakar a rapidement marqué son territoire. Sans être tendue, l'ambiance dans la salle d'audience était particulière.

Le président : « Vous voulez vous expliquer ? » La réponse positive d'Amadou Sall est dure à entendre. « Pas avec cette voix frêle », enchaîne le juge. « J'ai tenu les propos que j'ai tenus, j'assume », répond l'avocat qui est revenu en longueur sur le contexte de l'époque. A quelques jours du verdict dans le procès Karim Wade, la tension politique était en effet forte.

Trois mois de prison avec sursis

Malgré ces explications, le procureur ne laisse rien passer : « Vous êtes avocat, vous avez été Garde des Sceaux, vous n'êtes pas un citoyen ordinaire. C'est un appel clair à la révolte, c'est une atteinte directe au chef de l'Etat », affirme-t-il. Il demande trois mois de prison avec sursis.

Les avocats d'Amadou Sall, notamment Ciré Clédor Ly, reprennent les deux accusations point par point et affirment notamment que l'irrévérence ce n'est pas l'offense. Tous plaident la relaxe de leurs clients. « Même si le réquisitoire est clément, cela n’est pas notre problème. Dans une nation qui a opté pour la démocratie et la défense des libertés que la loi soit respectée. (...) Il n’y a pas d’infraction pour nous », campe Me Ciré Clédor Ly.

Le président demande à Amadou Sall s’il souhaite s’exprimer une dernière fois. Ce dernier refuse. La séance est levée. Le verdict sera rendu le 23 février.

Le 27 JANVIER 2016
Avec RFI

Selon le Haut commissariat pour les réfugiés de l'ONU, quelque 224 000 migrants sont arrivés en Europe par la Méditérannée, depuis début 2015

Les migrants syriens tentent de trouver une vie meilleure dans les pays occidentaux. Dans cette quête, tous les chemins sont bons à prendre : depuis quelques mois, des migrants syriens traversent le Mali, en Afrique de l'Ouest, plaque tournante des flux migratoires d'Afrique subsaharienne.

Les migrants syriens présents au Mali sont d'abord arrivés en avion en Mauritanie, pays voisin du Mali qui n'exige d'eux aucun visa. Certains demandent ensuite l'asile à Bamako, en espérant obtenir dans la foulée un document de voyage.

D'autres tentent une traversée clandestine à travers le désert des régions du Nord, où les groupes terroristes islamistes mènent des actions presque quotidiennes.

« Ils venaient par car »

« De la Mauritanie, ils venaient par car jusqu’à Bamako, et de Bamako, jusqu’ici à Gao, puis ils continuaient vers l’Algérie. C’était 26 individus composés d’hommes, de femmes et d’enfants », a expliqué Oscar Safari, le chef à Gao de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). « Nous les avons logés et nous leur avons donné à manger, montré les dangers de la route sur laquelle ils s’engageaient, voire si nous pouvions les dissuader. Ils ont décidé de repartir parce qu’ils ne venaient pas à Gao, ils étaient en transit. »

La destination : l’une des portes de l’Europe. Une centaine de migrants syriens a déjà été signalée à la frontière entre le Mali et l'Algérie.

Le 23 Janvier 2016
Avec RFI

 Le président sénégalais Macky Sall veut notamment réduire le mandat présidentiel de 7 à 5 ans

Au Sénégal, le président Macky Sall a présenté dimanche son projet de révision de la Constitution. Il porte notamment sur une promesse électorale : réduire le mandat en cours du chef de l’Etat de 7 à 5 ans. 14 autres propositions ont été faites, telles que donner plus de pouvoir à l’Assemblée nationale, donner aussi des droits et des devoirs aux citoyens. Ce projet est désormais entre les mains des sages du Conseil constitutionnel, qui doivent statuer sur sa légalité. Dans la classe politique, le débat est grand. Et les voix discordantes ne viennent forcément de là ou on les attend.

Dans la complexe marmite politique sénégalaise, il y a plus de 200 partis dans le pays, et le jeu consiste parfois à se démarquer de son chef. C’est le cas de Moustapha Cissé Lo, membre de l’APR, le parti dirigé par Macky Sall, mais aussi vice-président de l’Assemblée nationale.

Il est totalement contre le projet de révision de la Constitution, notamment sur la modification de la durée du mandat du chef de l’Etat. « Il est le leader de mon parti, c’est mon chef et sur ces questions je ne suis pas d’accord avec le président de la République et je ne le soutiendrai pas ! »

Au sein de l’opposition, si certains députés ont critiqué le package, le fait de proposer 15 modifications en même temps, le projet de réduction du mandat de 7 à 5 ans est par contre bien reçu. Mais la député de l’Union centriste, Khadija Diop, estime que la méthode va coûter cher. « 2016 aller à un référendum, 2017 aller aux élections. C’est un peu cher pour un pays comme le Sénégal », soutient-t-elle.

Au sein du PDS, le parti d’Abdoulaye Wade, une position commune sur le projet de révision n’a pas encore été établie. Le parti pousse pour que Macky Sall respecte sa promesse de campagne mais nombre de députés, à l’image d’Aida Mbodj, considèrent qu’un mandat de 7 ans est nécessaire pour gouverner.

« Le président Macky Sall est en train de faire une erreur ! estime-t-elle. Si l’on sait qu’on doit gouverner pour cinq ans, on élabore un système de planification. Apparemment nous avons élu un président qui n’a pas de programme ! »

Les députés ont rendez-vous ce jeudi à l’Assemblée pour les questions au gouvernement. La séance sera sans doute riche en débats.

Le 21 Janvier 2016
Avec RFI

Des soldats burkinabé

Trois jours de deuil national ont été décrétés au Burkina Faso, après l'attaque terroriste qui a visé un hôtel et un restaurant de Ouagadougou. Le dernier bilan fait état de 29 morts et une trentaine de blessés. De nombreuses questions restent en suspens, notamment sur l’identité des victimes, mais aussi sur celles des assaillants et le mode opératoire.

Trois jours de deuil national, assortis de mesures pour renforcer les contrôles sur des axes routiers, sur les lieux dits sensibles ou d’autres attaques terroristes pourraient intervenir. Ce sont les annonces faites par le président Roch Marc Christian Kaboré lors de son allocution de samedi soir.

Le dernier bilan, toujours provisoire, fait état de 29 victimes. Leurs identités restent pour le moment incertaines. Il y a des Burkinabè, mais aussi une majorité d’Occidentaux parmi ces morts, indiquent des sources proches de l’enquête.

Deux Français ont été tués et une Française aurait été blessée, indique le quai d’Orsay. Les deux hommes travaillaient pour une société de transport. L'un de leurs collègues, de nationalité portuguaise, a également trouvé la mort durant l'attaque.

Six Canadiens, un Américain et deux Suisses figureraient également au nombre des personnes tuées par ces terroristes, sans que l’on sache pour l’heure exactement s’il s’agissait de coopérants de passage, des résidents à temps plein ici dans la capitale burkinabè, ou bien de simples touristes.

Témoignages de soutien

En attendant d’en savoir plus sur ces victimes, mais aussi sur le nombre exact de terroristes qui ont semé la mort en centre-ville, c’est le deuil national et les condoléances qui affluent un peu partout d’à travers le monde, et notamment depuis l’Afrique.

Brahim Boubacar Keïta, IBK, au Mali a signé, lui, le registre mis à disposition à Bamako à l’ambassade burkinabè et le président malien a dépêché son Premier ministre, Modibo Keïta, qui doit arriver ici à Ouagadougou dans les prochaines heures. Le Mali qui a connu il y a deux mois quasiment le même drame au Radisson Blu de Bamako.

Le 17 Janvier 2016

Avec RFI

Le Splendid Hôtel à Ouagadougou

Les opérations de sécurité ne seraient pas encore terminées au Burkina-Faso. Toute la nuit, les forces de sécurité ont lutté contre les terroristes qui occupaient un hôtel de luxe de la capitale, le Splendid Hôtel, depuis vendredi soir. Selon le ministère de l’Intérieur, il y a eu au moins 23 morts côté civils. Du côté des assaillants, 4 jihadistes ont été tués, dont deux femmes.

Papier mis à jour régulièrement

L’assaut lancé aux alentours de 1h30 (heure locale et TU) a permis d'évacuer 126 personnes, dont une trentaine de blessés. Le bilan provisoire communiqué par le président burkinabè Roch Marc Kaboré fait état d’au moins 23 morts de plusieurs nationalités.

Du côté des assaillants, trois jihadistes ont été tués au Splendid Hôtel par les forces de sécurité burkinabè, appuyées par les forces françaises et américaines. « Il s'agit d'un Arabe et deux Africains noirs », a déclaré le ministre de la Sécurité, Simon Compaoré.

Selon un officier de gendarmerie burkinabè, un quatrième islamiste armé a été tué dans l'hôtel Yibi, où il s'était retranché après l'assaut donné par les forces de sécurité contre le Splendid Hôtel. L'officier a précisé que deux femmes faisaient parties du commando jihadiste.

L'attentat a été revendiqué par al-Qaida au Maghreb islamique, au nom du groupe al Mourabitoune à l'origine en novembre dernier de l'attaque meurtrière contre un autre hôtel fréquenté par les Occidentaux, le Radisson à Bamako.

Le 16 Janvier 2015
Avec RFI

L'ancien chef de l'Etat burkinabè, Blaise Compaoré

La justice militaire burkinabè a lancé un mandat d'arrêt international contre l'ancien chef d'Etat Blaise Compaoré, pour son implication présumée dans la mort de Thomas Sankara. Ce dernier avait été assassiné en 1987 lors du Coup d'Etat qui avait porté Compaoré au pouvoir.

Un mandat d'arrêt international contre l'ex-président Blaise Compaoré a été établi, selon une source proche du dossier, dans le cadre de l’affaire de l'assassinat de Thomas Sankara. Il a été émis depuis le 4 décembre 2015 et transmis aux autorités ivoiriennes qui n’ont pas encore réagi à la demande de la justice burkinabè.

Selon l’avocat des accusés, ce mandat figure déjà dans le dossier judiciaire. Les principaux inculpés dans cette affaire, dont le général Gilbert Diendéré, qui fut l’homme de confiance de Compaoré, sont poursuivis pour « assassinat, attentat et recel de cadavre ». L’ancien président Blaise Compaoré est visé par les mêmes chefs d’accusation.

Le président ivoirien Alassane Ouattara est attendu à Ouagadougou pour la cérémonie d’investiture du président Roch Marc Christian Kaboré. Il y a de fortes chances pour que ce dossier soit abordé par les deux hommes, ainsi que celui des écoutes téléphoniques. Le directeur de la justice militaire a prévu une conférence de presse mercredi prochain.

« Je pense que c’est l’avancée la plus notable dans l’instruction du dossier Thomas Sankara, a estimé Prospère Farama », l'un des avocats de la famille.

Selon lui, Blaise Compaoré a « clairement dit à certaines occasions que [le soir de l'assassinat], il était question de l’arrêter personnellement et que ses éléments à lui avaient pris les devants. »

Vingt-sept ans d'attente

Ces soir-là, le jeudi 15 octobre 1987, le capitaine Thomas Sankara est en réunion avec des ministres, lorsqu’un commando prend d’assaut le bâtiment du Conseil de l’Entente, le siège du gouvernement. Le capitaine Thomas Sankara et douze responsables sont tués.

Sur le coup, aucune enquête n’est menée. Officiellement, les autorités concluent à « une mort naturelle ». Quelques jours plus tard, Blaise Compaoré, le bras droit de Thomas Sankara, le remplace à la tête de l’Etat.

Il a fallu attendre 27 ans et le départ de Blaise Compaoré pour qu’une enquête soit ouverte, en mars 2015. Car jusque-là, les circonstances de la mort de Sankara restaient un sujet tabou.

L’autopsie a révélé que la dépouille était « criblée de balles ». Et ces dernières semaines, la machine judiciaire semble avoir pris un coup d’accélérateur.

Le 22 Décembre 2015
Avec RFI

Guillaume Soro et le président Alassane Ouattara, le 7 août 2011 lors de l'anniversaire de l'indépendance ivoirienne

La justice française souhaite entendre le président de l'Assemblée nationale ivoirienne. Guillaume Soro est visé par un mandat d'amener, dans le cadre d'une plainte déposée par le fils de l'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo. Michel Gbagbo affirme avoir été enlevé et séquestré pendant plusieurs mois après son arrestation, en 2011.

Arrêté à Abidjan, le 11 avril 2011, en même temps que son père, Michel Gbagbo affirme avoir été « enlevé, séquestré » et victime de « traitements inhumains et dégradants » pendant quatre mois, entre son arrestation au mois d'avril et son inculpation formelle au mois d'août de la même année.

Le fils de l'ancien président ivoirien est également citoyen français. Il a donc déposé plainte en France, auprès du parquet de Paris, au mois de juin 2012. Saisie du dossier, la juge d'instruction Sabine Khéris a adressé une convocation à Guillaume Soro pour l'entendre sous le statut de témoin assisté.

Mais, selon l'ambassade de Côte d'Ivoire en France, cette convocation n'a été « retrouvée » que ce lundi 7 décembre, à Abidjan. Les avocats du président de l'Assemblée ivoirienne évoquent une « erreur du consulat général de France ».

N'ayant aucune réponse de Guillaume Soro, la juge d'instruction a délivré un mandat d'amener et des policiers français se sont alors rendus, ce lundi matin 7 décembre, à l'adresse qu'ils pensaient être celle du président de l'Assemblée nationale ivoirienne en France. Ils ne l’ont pas trouvé.

Immunité diplomatique

Les avocats de Guillaume Soro protestent contre cette convocation du juge d’instruction. Joint par RFI, Maître Jean-Paul Benoît, précise que le président de l’Assemblée nationale ivoirienne était à Paris en déplacement officiel et qu’il bénéficiait, par conséquent, de l’immunité diplomatique.

« Il est là, en sa qualité de président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire et il était en France dans le cadre de la Cop21. Cette mission fait l’objet d’un ordre de mission signé par le président de la République ivoirienne. Donc, monsieur Soro était protégé pendant cette présence en France, par une immunité qui tient à sa qualité de deuxième personnage de Côte d’Ivoire, du fait qu’il était en mission officielle pour l’Assemblée nationale et pour la Cop 21, au titre de l’Etat ivoirien. Ce mandat d’amener n’avait pas, dans ce contexte, la moindre raison d’être », a souligné Maître Jean-Paul Benoît, avocat de Guillaume Soro.

De son côté, Maître Habiba Touré, avocate de Michel Gabgbo, rejette le motif de l’immunité diplomatique.

« Que dire aux propos de mon confrère qui a tendance à confondre immunité et impunité ? Donc, c’est quand même gênant, de la part d’un avocat. Et puis surtout, je suis surprise qu’il puisse commenter les actes procéduraux. S’il entend les contester, il connait très bien la voie procédurale la plus adaptée pour le faire », a déclaré à RFI, Me Habiba Touré.

« En ce qui nous concerne, il y a une procédure en cours. Tout ce qu’on demande, c’est que justice soit faite et que tous les actes nécessaires à la manifestation de la vérité soit accomplis. Personne n’est au-dessus des lois et je crois qu’on sera tous d’accord là-dessus. Donc, que monsieur Soro ne s’estime pas au-dessus des lois et qu’il réponde à la justice si véritablement il n’a rien à se reprocher », a ajouté Maître Habiba Touré, avocate de Michel Gbagbo.

Le 08 Décembre 2015
Avec RFI

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