L'avion d'EgyptAir sur le tarmac de l'aéroport de Larnaca, à Chypre, le 29 mars 2016

Ce mardi matin, un avion de la compagnie EgyptAir a été détourné et a dû atterrir à Larnaca, à Chypre. 81 passagers seraient à son bord, selon l'Aviation civile.

L'appareil - un Airbus A320 transportant 81 passagers selon l'Aviation civile - effectuait la liaison entre la ville côtière d'Alexandrie et la capitale Le Caire lorsqu'il a été détourné, ont indiqué à l'AFP deux hauts responsables de l'aéroport caïrote. « Notre vol MS181 a été officiellement détourné », a précisé la compagnie nationale dans un message sur Twitter.

Le pilote « a affirmé qu'un passager assurait avoir une ceinture d'explosifs et l'a obligé à atterrir à Larnaca », indique de son côté le communiqué du ministère égyptien de l'Aviation civile.

"Our flight MS181 is officially hijacked. we'll publish an official statement now." #Egyptair

Le pirate a contacté la tour de contrôle à 8h30 locales (5h30 TU). L’appareil a été autorisé à atterrir 20 minutes plus tard, à l’aéroport de Larnaca, où il a été isolé.

De nombreux passagers libérés

Selon la compagnie, tous les passagers ont été libérés sauf quatre étrangers et les membres d'équipage.

On ne connaît pas, pour l'heure, les revendications du preneur d'otages sinon l'évacuation de l'aéroport par les forces de sécurité.

Plus d'information à venir,

Le 29 Mars 2016
Avec AFP

Envoye spécial de l'ONU en Libye Martin Klober

L’envoyé spécial de l'ONU Martin Kobler est depuis le 31 décembre en Libye pour convaincre les récalcitrants d'adhérer à l'accord politique signé sous l'égide de l'ONU le 17 décembre dernier. Jeudi, il a finalement pu arracher le soutien du président du Parlement de Tobrouk qui était jusque-là opposé à l'accord. Vendredi 1er janvier 2016, Martin Kobler était à Tripoli pour tenter de persuader le président du Congrès général.

Comme il le fait depuis la signature de l'accord inter-libyen de Skhirat le 17 décembre dernier, Martin Kobler multiplie les rencontres pour, comme il le dit, « élargir la base des adhésions » à cet accord.

Jeudi, dans la ville côtière de Shahat dans l'est libyen, il s'est entretenu avec le président du Parlement élu de Tobrouk Aguila Saleh. Ce dernier, farouche opposant à l'accord, a finalement dit son soutien au futur gouvernement d'union nationale, censé être mis en place avant fin janvier.

Le cas du général Khalifa Haftar

Mais la rencontre avec les chefs de tribus de l'est a été plus mouvementée. Ces derniers ont redit leurs conditions : ils demandent une représentation dans le futur gouvernement et des assurances sur le soutien à l'armée nationale libyenne. En fait, les tribus exigent que le groupe du général Khalifa Haftar, qui pilonne actuellement les brigades jihadistes autour de Benghazi et Derna, devienne la seule force armée officielle du pays.

Le sort de Khalifa Haftar, ancien général sous Kadhafi, est un casus belli pour les autorités de Tripoli, à l'ouest. Les responsables, même parmi les plus modérés, refusent que Khalifa Haftar puisse obtenir un quelconque poste stratégique. Mais c'est sur le terrain juridique que Tripoli axe son refus du plan de l'ONU. Awad Abdul-Sadiq, vice-président du Congrès national, a écrit à Ban Ki-moon le 30 décembre pour lui signifier que l'accord de l'ONU empêche toute nouvelle discussion, ce qui contrevient à la résolution du Conseil de sécurité prise le 23 décembre.

Sécuriser Tripoli

Ce vendredi, Martin Kobler était à Tripoli la capitale et les négociations ne sont pas plus simples. Il s'agit non seulement de convaincre le président du Congrès général du bien-fondé de l'accord de Skhirat, mais discuter aussi des conditions sécuritaires pour accueillir à Tripoli le futur gouvernement d'unité.

L'année dernière, Tripoli a été au cœur de la bataille rangée qui a entraîné la fuite du Parlement élu à l'est et le maintien, dans la capitale, d'un autre Parlement soutenu par les islamistes. Aujourd'hui, il s'agit pour Martin Kobler de négocier avec les instances de Tripoli et les milices qui les soutiennent l'installation du futur gouvernementd'unité. Mais il est difficile de savoir quelle forme prendra le dispositif sécuritaire.

Du côté de l'Italie, en première ligne des négociations inter-libyennes, on appelle depuis des mois à une mission de maintien de la paix pour protéger sous l'égide de l'ONU les points névralgiques de Tripoli : les nouvelles institutions, le port, l'aéroport, les grands axes routiers et, hors de Tripoli, les installations pétrolières et même les sites antiques.

La résolution du Conseil de sécurité de l'ONU du 23 décembre dernier, qui soutient le futur gouvernement, offrirait une couverture internationale. Ce n'est pas un hasard si c'est un général italien Paolo Serra qui accompagnait Martin Kobler à Tripoli ce vendredi. Paolo Serra a été nommé pour le seconder sur les questions sécuritaires. Et sa réputation dans les opérations de maintien de la paix, du Kosovo au Sud-Liban n'est plus à faire.

 

Le 02 Janvier 2016

Avec RFI

dimanche, 06 décembre 2015 16:12

Libye : que sont devenus les enfants Kadhafi?

Écrit par

Mouammar Kadhafi à Tripoli, le 1er septembre 2011

Prison, tribunal, exil, fosse commune. La vie n’a pas été particulièrement clémente avec les dix enfants Kadhafi (huit enfants biologiques et deux enfants adoptifs), depuis la mort par lynchage de leur père en septembre 2011 par une foule en délire. Trois d’entre eux ont été tués, alors que d’autres sont en cavale. D’autres encore pourrissent dans les prisons de Tripoli en attendant que la justice libyenne puisse se prononcer sur leur sort, ce qui est le cas de Saadi Kadhafi. A l’occasion de la réouverture du procès de ce dernier, ce dimanche 6 décembre, retour sur les heurs et malheurs du clan Kadhafi.

Elevée dans l’opulence des pétrodollars, la fratrie Kadhafi a souvent défrayé la chronique lorsque le père, le « guide » de la Jamahiriya « libyenne, arabe et populaire », régnait en maître incontesté à Tripoli. Ils s’appelaient Mohamed, Saïf al-Islam, Saadi, Mouatassim, Hannibal, Saïf al-Arab, Khamis et Milad. Aïcha était la seule fille du raïs, apparemment la prunelle des yeux d’un père aussi aimant qu’extravagant.

Pour être juste, les enfants Kadhafi avaient pour la plupart fait de bonnes études, voire même des études poussées, qui à la London School of Economics (Saïf al-Islam), qui à l’université Paris-Dauphine (Aïcha) ou dans une école d’ingénierie en Allemagne (Saïf al-Arab). Ils n’ont pas tous défrayé la chronique, non plus. En réalité, outre un trio de frères agités et flambeurs (Saadi, Mouatassim et Hannibal), les autres menaient des vies discrètes, à l’abri du regard des curieux et des paparazzis.

Mais en l’été 2011, lorsque le régime s’est écroulé, débouchant le 20 octobre sur la mort atroce de son fondateur entre les mains de miliciens en colère, la foudre de l’Histoire avec un grand « H » n’a pas épargné les existences des enfants. Ils ont été dispersés aux quatre coins du Moyen-Orient et de l’Afrique, quand ils n’avaient pas déjà été capturés ou tués.

De la prison au prétoire

Saadi, dont le procès s’ouvre à Tripoli ce dimanche 6 décembre, après moult ajournements et retards, est « l’enfant terrible » de la fratrie Kadhafi. Footballeur raté, playboy international, ancien membre de la jet-set, l’homme, 41 ans, aujourd’hui tête rasée, jouit d’une réputation sulfureuse dans la presse occidentale, relayée par les sites d’opposition libyens.

Passionné de foot, Saadi est le troisième fils de l’ex-guide libyen. Il se fait connaître au début des années 2000 lorsque, après avoir longtemps joué dans des clubs libyens, il débarque en Italie pour se faire un nom en tant que footballeur de niveau international. Fort des pétrodollars libyens qu’il se dit prêt à investir dans la business du foot, il signe avec des clubs prestigieux (Pérouse, Udinese, la Sampdoria de Gênes).

Mais faute de talent suffisant sa carrière sportive ne décolle jamais vraiment. En fait, son renom médiatique, le Kadhafi junior le doit moins à ses performances sur les terrains de sport, qu’à ses frasques à la sortie des boîtes de nuit ou au volant de sa Lamborghini Diablo jaune coûtant plus de 300 000 euros.

L'enfant terrible du « guide »

Rappelé en 2007 au pays par son père, sans doute pour limiter les dégâts, Saadi se distingue au cours des dernières années du régime Kadhafi en lançant des projets touristiques hasardeux, avant de se reconvertir dans l’armée en dirigeant une unité d’élite. Mobilisé dès le début de l’insurrection contre la Jamahiriya en été 2011, il participe à la répression des rebelles, avant de prendre la fuite vers le Niger en septembre, lorsque les bastions kadhafistes tombent les uns après les autres.

Les autorités nigériennes lui accordent l’asile politique pour des « raisons humanitaires », mais sous la pression internationale, elles doivent changer d’avis et se résigner à l’extrader en mars 2014 vers son pays. Il semblerait que ce sont les preuves fournies par les services de renseignement libyens des activités subversives que menait ce réfugié pas comme les autres contre le régime de transition à Tripoli qui auraient décidé Niamey à le livrer à son pays.

Depuis, placé en détention provisoire dans la prison al-Habda à Tripoli, Saadi répond aux enquêteurs qui l’interrogent sur les crimes dont on l’accuse : son implication dans la répression meurtrière de la révolte de 2011 et le meurtre en 2005 d’un ancien entraîneur d’al-Ittihad , club de football de Tripoli, qui s’était moqué de ses maladresses footballistiques.

Ces accusations, l’intéressé les réfute en bloc. Mais pourra-t-il longtemps tenir sa ligne de défense ? En août, une vidéo avait fuité sur les réseaux sociaux montrant Saadi Kadhafi subissant des menaces et des tortures aux mains de ses geôliers. La vidéo avait ému la communauté internationale, qui s’inquiète de voir le procès de Saadi déraper et se transformer en une « parodie de justice ».

Parodie de justice

La presse parle aussi de « parodie de justice » en évoquant le procès d’un autre fils du « guide », Saïf al-Islam, le dauphin présomptif. Ce docteur en philosophie, architecte-urbaniste de formation, était considéré comme la main droite de son père. Bien connu des négociateurs occidentaux, ce parfait anglophone savait gommer les aspérités du régime, qui constituaient des obstacles majeurs à la normalisation des relations entre la Libye et les Etats-Unis ou l’Europe.

C’est notamment son talent de négociateur qui avait permis de débloquer avec la France le dossier de la libération des infirmières bulgares en 2007 et celui de l’indemnisation des familles des victimes de l’attentat de Lockerbie (Ecosse) contre un DC-10 de la compagnie française UTA abattu au-dessus du Ténéré en 1988.

Or, les Libyens se souviennent de Saïf, dont le nom signifie « la glaive de l’islam », haranguant à la télévision nationale pendant la guerre civile et menaçant de noyer les ennemis du régime sous des « rivières de sang ». A la mort de son père, l’intéressé avait pris la relève à la tête des combats du clan, avant de prendre la fuite à travers le désert. Capturé en novembre 2011 par une brigade hostile aux autorités de Tripoli, Saïf a été jugé en 2014 par un tribunal libyen pour des atrocités perpétrées contre des civils. Jugé, et condamné à mort.

Empêché par ses geôliers de se présenter à son procès, l’accusé avait dû témoigner par vidéoconférence. La sentence du tribunal peut être exécutée à n’importe quel instant, sauf si la Cour pénale internationale (CPI), qui a émis un mandat d’arrêt contre le « fils préféré » du dictateur libyen déchu, parvient à persuader les autorités libyennes de le transférer à la Haye.

De Tripoli à Oman, en passant par l’Algérie

Outre les représentants de la communauté internationale, au moins une autre personne suit de près l’évolution des dossiers judiciaires de Saadi et Saïf, les deux fils les plus en vue de l’ancien maître de la défunte Jamahiriya. Il s’agit de leur mère Safia Farkash, l’infirmière d’origine croate que Mouammar Kadhafi avait épousée en secondes noces, au début des années 1970. Celle-ci vit aujourd’hui dans le sultanat d’Oman, où une partie de la famille et des affidés du dictateur déchu de Tripoli ont trouvé refuge après la guerre civile de 2011, après un détour par l’Algérie.

C’est le président algérien Abdelaziz Bouteflika en personne qui s’était occupé à l’époque de l’accueil de la famille du « guide » libyen. Il aurait donné l’assurance à ce dernier qu’il s’occuperait des siens en cas de malheur. Il avait tenu parole en recevant dans son pays, dès septembre 2011, notamment Safia et trois de ses enfants – Aïcha la seule fille du couple, Hannibal et Mohammed le très discret aîné de la fratrie né du premier mariage du raïs – et leurs familles. Toute la famille a ensuite obtenu l’asile politique dans le sultanat d’Oman.

C’est d’Oman que les proche,s et en particulier la matriarche Safia, suivent les malheurs des deux fils Kadhafi qui croupissent dans les prisons libyennes. Celle-ci a payé un lourd tribut à la guerre civile. Trois de ses fils y ont trouvé la mort. Son troisième fils Mouatassim, colonel de l’armée libyenne, est mort au combat aux côtés de son père lors du blocus de Syrte, le 20 octobre 2011. Son frère Saïf al-Arab a péri dans les bombardements de l’Otan en avril 2011. Enfin, Khamis, le benjamin, a été tué en défendant la dernière base militaire pro-kadhafiste de la capitale libyenne, en août de la même année.

Dans ces conditions, il est difficile pour la maman de rester insensible, surtout après avoir visionné les vidéos sorties cet été montrant son fils Saadi se faire torturer et tabasser par ses gardiens. Safia craint le pire, d’autant que la milice Fajr Libya (Aube de la Libye), qui tient Saadi, n’est autre que celle qui avait battu à mort son autre fils Mouatassim, lors du conflit de 2011. Elle a qualifié les tortures perpétrées contre son fils de « crime contre toutes les notions d’humanité ».

Le 06 Décembre 2015
Avec RFI

Des experts russes enquêtent, lundi, sur le site du crash de l'Airbus A321 dans le Sinaï

Les déclarations de Downing Street sont inquiétantes. II s'agirait d'une explosion. De quelle origine? C'est tout l'enjeu du crash de l'avion russe dans le Sinaï, samedi dernier. Hier, CNN affirmait qu'un satellite militaire américain avait détecté juste avant le crash un flash de chaleur qui aurait pu être causé par une explosion, une thèse que les services du premier ministre britannique ont confirmée hier dans un communiqué: «Après de plus amples renseignements, nous craignons que la chute de l'avion ait bien été provoquée par un engin explosif». À la suite de cette déclaration, les avions à destination de l'Angleterre ont été maintenus hier soir sur le tarmac de Charm el-Cheikh en attendant l'arrivée d'enquêteurs britanniques. Ceci alors que le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, est en visite officielle au Royaume-Uni.

Les boîtes noires de l'avion russe écrasé dans le Sinaï commencent tout juste à être analysées. Les indices s'accumulent: après plusieurs déclarations contradictoires, les débris ont été dispersés sur une grande superficie, ce qui confirme une dislocation de l'appareil à haute altitude, 23 minutes après le décollage.

Le crash fait l'objet d'une guerre de communiqués entre les partisans de l'hypothèse de l'accident - pour l'instant, les Égyptiens et les Russes - et les déclarations de l'État islamique, qui persiste et signe. L'organisation djihadiste avait livré son premier communiqué le jour même du crash, samedi dernier, jetant le trouble sur une affaire déjà dramatique - aucun survivant parmi les 224 personnes à bord de l'avion. L'État islamique revendiquait avoir provoqué le crash sans révéler de détails, sinon qu'il s'agissait de représailles aux attaques de l'armée russe en Syrie.

Mardi, les djihadistes de Mossoul diffusent une vidéo dans laquelle un combattant félicite ses «frères de l'État islamique, particulièrement ceux de la région du Sinaï, pour avoir fait chuter l'avion des croisés russes mécréants.» Et poursuit ensuite avec des menaces à l'encontre de l'armée russe qui continue et renforce en ce moment même son offensive en Syrie. Là encore, l'organisation ne livre aucun détail sur les causes du crash et se justifie dans un message sonore livré hier: «Nous n'avons aucune obligation d'expliquer comment (l'avion) s'est écrasé. (…) Prouvez que nous ne l'avons pas fait s'écraser et comment il est tombé, nous vous livrerons les détails de la manière dont il est tombé au moment où nous l'avons choisi.»

«Tout cela rentre dans le mode de communication de l'État islamique, leur storytelling. Ils peuvent laisser les Égyptiens et les Russes s'enfoncer dans le déni ou les obliger, avec leurs déclarations, à sortir un rapport qui colle à la réalité. Par ailleurs, si les djihadistes ont fait l'usage d'une méthode innovante, ils ne vont pas livrer leurs secrets aussi facilement…», dit Wassim Nasr, journaliste spécialiste des mouvements djihadistes.

Si la piste terroriste se confirme, l'État islamique aura fait coup triple. Il signerait d'une part son premier attentat aérien. Il assénerait d'autre part à la Russie l'un des attentats les plus meurtriers de son histoire. Il porterait enfin un coup dur à l'économie du tourisme en Égypte.

Le 05 Novembre 2015
Avec Le Figaro

Les forces spéciales de sécurité tunisiennes

Le parlement tunisien a voté samedi à la quasi-unanimité une loi prévoyant la peine de mort pour les personnes jugées coupables de terrorisme après les attentats islamistes de Sousses en juin dernier.

Le Parlement tunisien a voté samedi à la quasi-unanimité une loi prévoyant la peine de mort pour les personnes jugées coupables de terrorisme après les attentats islamistes qui ont fait plusieurs dizaines de morts ces derniers mois. Après trois jours de débats et des heures de pourparlers vendredi à huis clos pour trouver un consensus sur le texte, les députés ont approuvé cette loi sur «la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d'argent» par 174 députés pour, 10 abstentions et aucun vote contre. «Avec fierté, nous avons vécu ce moment historique (...) cette loi va rassurer le citoyen», a déclaré le président de l'Assemblée, Mohamed Ennaceur, devant les élus qui venaient de chanter l'hymne national dans l'hémicycle.

Ce vote est intervenu dans un contexte de menace grandissante après les attaques en juin à Sousse (38 touristes tués) et en mars au musée du Bardo à Tunis (22 morts, dont 21 touristes), revendiquées par le groupe État islamique. Ce texte remplace une loi antiterroriste de 2003, adoptée sous la dictature de Zine El Abidine Ben Ali et largement utilisée, selon les défenseurs des droits de l'Homme, pour réprimer l'opposition, en particulier le parti islamiste Ennahda alors interdit et aujourd'hui l'une des principales forces politiques tunisiennes.

Un texte controversé par les ONG

Les ONG, qui espéraient que la nouvelle législation serait plus respectueuse de l'état de droit, ont exprimé leur déception et de vives critiques. Ainsi, la peine de mort, absente du texte de 2003, a été introduite pour une série de crimes «terroristes». La peine capitale existait déjà dans le code pénal mais la Tunisie observe un moratoire sur les exécutions depuis 1991.

Les ONG ont aussi dénoncé le délai de garde-à-vue fixé à 15 jours pendant lesquels le suspect ne peut consulter un avocat, ou encore le recours facilité aux écoutes téléphoniques. «Cette loi représente un danger réel pour les droits et les libertés en Tunisie, de nombreuses entorses aux normes internationales des droits de l'Homme ont été incorporées dans ce texte et (elles) représentent un recul par rapport à la loi de 2003», a regretté Amna Guellali, représentante de Human Rights Watch à Tunis.

«Ce projet de loi est un mauvais signal qu'on donne au monde libre qui nous regarde. On ne combat pas le terrorisme avec des réformes rétrogrades!», a martelé de son côté l'avocat pénaliste Ghazi Mrabet.Enfin l'opposition de gauche a jugé que le texte, et sa définition trop vague du «terrorisme», pourrait permettre d'y inclure des mouvements contestations sans lien avec des mouvements dits terroristes. Le chef de l'Etat, Béji Caïd Essebsi, a appelé dans la matinée la Tunisie à s'unir face à la menace jihadiste. S'exprimant à l'antenne de la radio Mosaïque FM à la veille de la fête de la République, il a souligné une nouvelle fois que le pays «est en guerre contre le terrorisme».

16 terroristes présumés interpellés cette semaine

«L'armée, la Garde nationale, les forces de sécurité accomplissent leur devoir et le peuple tunisien doit être solidaire», a-t-il dit, «le pays doit sortir de cette crise, tout le monde doit s'unir». Signe de la tension régnant en Tunisie, le ministère de l'Intérieur a annoncé dans la matinée avoir déjoué des projet d'attentats dans le nord du pays, dans la région de Bizerte, arrêtant 16 suspects, en tuant un autre et saisissant des armes automatiques ainsi que des explosifs.

La Tunisie fait figure de modèle de transition démocratique réussie dans le monde arabe depuis sa révolution en janvier 2011, mais elle est confrontée à une menace jihadiste grandissante et à des tensions socio-économiques toujours plus aiguës, si bien que les autorités craignent de voir le pays basculer dans l'instabilité. Le secteur stratégique du tourisme a subi de lourdes pertes depuis les attaques de Sousse et du Bardo, et le gouvernement a multiplié les annonces, avec notamment la mise en place de l'état d'urgence, pour tenter de rassurer les voyageurs et ses partenaires étrangers.

Le 27 Juillet 2015
Avec le Figaro

Des militaires tunisiens devant un hopital de TunisL’organisation djihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué, mardi 16 juin, une attaque contre la garde nationale tunisienne dans la région de Sidi Bouzid qui a fait, lundi, trois morts et douze blessés. L’EI a affirmé dans un communiqué posté sur Twitter que les affrontements avec les gendarmes avaient été menés par « deux soldats du califat, qui ont attaqué à l’arme légère deux sites militaires ».

Le groupe, qui avait déjà revendiqué l’attaque contre le musée du Bardo à Tunis dans laquelle 21 touristes étrangers et un policier tunisien sont morts en mars, a affirmé avoir « tué ou blessé plus de 20 soldats ou membres de la garde nationale ».

Douze autres personnes ont été blessées, trois membres des forces de l’ordre, un soldat et huit civils, dont l’un est dans un état grave, a indiqué l’hôpital de Sidi Bouzid où elles ont été hospitalisées.

Le ministère de l’intérieur avait dès lundi attribué l’attaque non à l’Etat islamique mais à la Phalange Okba Ibn Nafaa, qui se dit proche d’Al-Qaida. En mai, le ministère avait estimé possible une scission au sein de ce groupe dont une partie aurait rejoint EI.

La région est le théâtre d’affrontements fréquents entre les forces de sécurité et des noyaux djihadistes qui ont établi leurs bases à proximité, dans le centre du pays. Le 18 février, quatre gardes nationaux ont été tués dans le gouvernorat de Kasserine. Le 17 juillet 2014, ce sont 14 militaires qui avaient péri lors d’une attaque aux lance-roquettes et aux fusils-mitrailleurs au mont Chaambi. Depuis 2011 et la révolution tunisienne, une soixantaine de militaires et de policiers a été tuée dans des affrontements ou par des engins explosifs, en particulier dans les régions proches de la frontière algérienne. (Le Monde / Votre Afrique)

Force loyaliste lybienneRabat accueille de nouvelles négociations entre les différentes factions libyennes. Objectif : trouver un accord sur un gouvernement d'union, avant le ramadan.
L'ONU tente depuis des mois de trouver un compromis permettant la formation d'un gouvernement d'union libyen. L'objectif de son émissaire, Bernardino Leon, est désormais de trouver un accord avant le début du ramadan, prévu autour du 17 juin. Cette autre négociation est présentée comme "décisive" par l'ONU, qui juge "encore possible de sauver le pays" et espère un accord sur un gouvernement d'union avant le début du ramadan mi-juin.
Quatrième projet d'accord
Un quatrième projet d'accord doit ainsi être soumis à partir de lundi aux négociateurs à Skhirat, une station balnéaire proche de Rabat, alors que les trois précédentes moutures n'avaient pas convaincu les parties en conflit. "La rencontre permettra de débattre d'un nouveau projet d'accord élaboré à partir des dernières remarques en date des parties", a indiqué vendredi la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul), estimant que "ce round serait décisif". Selon une source proche des négociations, les membres des délégations ont commencé à rejoindre Skhirat dimanche soir, et le dialogue ne devrait pas reprendre avant lundi après-midi.
D'après des médias marocains, il pourrait ensuite être rapidement suspendu 24 à 48 heures pour que les parties se rendent en Allemagne, où le G7 est réuni lundi. Cette information n'a pas été confirmée de source officielle. L'ONU a souligné vendredi que les pourparlers étaient arrivés "à un point critique" et a appelé "toutes les parties" à "prendre leurs responsabilités face à l'histoire" en rappelant qu'il n'y avait "pas de solution militaire possible".
Divisée entre deux autorités
Plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 de Muammar Kadhafi et déchirée par des combats entre milices lourdement armées, la Libye est divisée entre deux autorités qui se disputent le pouvoir. Résultat : le pays compte actuellement deux gouvernements - et Parlements - rivaux: l'un à Tripoli sous la coupe de Fajr Libya, coalition de milices dont certaines islamistes, et l'autre à Tobrouk, dans l'est du pays, le seul reconnu par la communauté internationale. Face à cette division, l'État islamique (EI) a eu le temps d'implanter ses bases dans le pays. L'EI, qui a profité du chaos ambiant pour s'implanter en Libye l'an dernier, a pris fin mai le contrôle de l'aéroport international de Syrte (sud).
Négociations parallèles en Algérie
Parallèlement aux négociations au Maroc, des représentants de différentes factions libyennes tiennent des discussions périodiques en Algérie. Une nouvelle rencontre a réuni 27 responsables libyens mercredi et jeudi à Alger, en présence de M. Leon. Ils ont appelé les parties à "faire des concessions" (...) et à "former rapidement un gouvernement d'union nationale". "Ce gouvernement doit prendre ses fonctions rapidement pour qu'il puisse s'attaquer aux nombreux défis auxquels fait face la Libye dans les domaines sécuritaire, économique et politique", selon le document, dont l'AFP a eu copie. Le quatrième projet d'accord doit inclure, d'après Bernardino Leon, des amendements qui viendraient consacrer "le principe de l'équilibre entre toutes les institutions en Libye et du consensus". Il est "encore possible de sauver la Libye", a-t-il clamé. Selon M. Leon, l'ONU est prête à fournir une liste de noms de personnalités libyennes susceptibles d'intégrer un gouvernement d'union nationale dès l'annonce d'un accord.
Soutien de l'Égypte, de l'Algérie et de l'Italie
Réunis dimanche au Caire, des responsables égyptiens, algériens et italiens ont apporté leur "soutien" aux tractations menées par l'émissaire onusien. Lors d'une conférence de presse, le ministre des Affaires étrangères italien Paolo Gentiloni a appelé les parties libyennes à "trouver rapidement une solution qui satisfasse toute le monde". Selon le ministre italien, un accord politique en Libye permettrait notamment de juguler le flux de migrants quittant les côtes de ce pays pour tenter de rejoindre l'Europe. L'Égypte redoute que les milices djihadistes qui occupent une partie de l'est de la Libye, en particulier celles affiliées au groupe EI, ne mettent en péril sa frontière occidentale, la forçant à ouvrir un second front. L'armée égyptienne combat déjà dans le Sinaï (Est) un groupe très actif qui a fait allégeance à l'Etat Islamique.

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