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Tsipras

La question grecque n'est pas sans conséquence pour l'avenir institutionnel de l'Europe, mais son importance au plan économique doit être ramenée à sa juste mesure, modeste.

Depuis dimanche 5 juillet, le doute plane sur l'avenir de la Grèce. Quelles seraient les conséquences économiques dans l'Union européenne (UE) si la Grèce décidait de partir? Autrement dit, quel est le poids de l'économie du pays de Socrate dans une Europe qui a considérablement évolué depuis la Communauté européenne du charbon et de l'acier voulue par Jean Monnet et Robert Schuman.

• La population grecque dans l'UE s'élève à 2,2%

Au 1er janvier on comptabilise 11 millions de Grecs. De son côté l'UE enregistre une population totale de plus de 500 millions de personnes. Soit, démographiquement, la Grèce représente 2,2% de la population européenne.

• La Grèce pèse 1,3% du PIB de l'UE

Selon Eurostat, le PIB de la Grèce s'élève à 180 milliards d'euros en 2014 contre plus de 10.000 milliards d'euros pour celui de la zone euro. Il représente presque 2% du PIB de la zone euro et 1,3% du PIB de l'UE. «L'économie de la Grèce ne pèse pas très lourd dans l'UE», constate Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo Securities.

• Les exportations de la Grèce représentent 0,8% des exportations de l'UE

Pour Patrick Artus, chef économiste de la banque Natixis, la part des exportations est un indicateur clé pour mesurer le poids d'une économie dans un ensemble, en l'occurence, le poids de la Grèce dans l'Union européenne. D'après les chiffres d'Eurostat, le poids de la Grèce dans les exportations de l'UE vers les pays tiers est de 0,8% en 2014.

Selon la Direction générale du Trésor, en 2014, le commerce extérieur de la Grèce affiche une faible croissance (+0,6%) à 74,9 milliards d'euros. Le déficit commercial s'est de nouveau creusé à -20,5 milliards d'euros en 2014, inversant la tendance de réduction amorcée en 2008 (de -43,5 milliards d'euros en 2008 à -19,3 milliards d'euros en 2013). Cette détérioration est due à la baisse des exportations (-1,4% à 27,2 milliards d'euros) et à une reprise des importations (+1,8% à 47,7 milliards d'euros). Le commerce extérieur grec serait mal orienté, affirme la Direction générale du Trésor. En effet, la capacité exportatrice de la Grèce souffre de certaines faiblesses structurelles, en raison de sa dépendance énergétique et d'une base productive peu développée.

• Le poids de la dette

«Comme la dette publique de la Grèce est détenue à près de 75% par d'autres pays européens, son importance financière va bien au-delà du poids de son économie dans l'Union européenne», commente Bruno Cavalier. En effet, «s'ils partent, ils ne rembourseront pas», renchérit Patrick Artus.

Qui detient la créance sur la Grèce?

Sur un total de 312 milliards d'euros, le Fonds européen de stabilité financière detient 130,9 mds d'euro et le reste(Allemagne 41,3 mds; France 31 mds; Italie 23,7 msd; 18,1 mds Espagne; 9,5 mds Autres, 8,7 Pays-Bas mds) et les reste est reparti de la manière suivante:
- 53 mds Prêts bilatéraux européens;
- 34 mds Investisseurs privés;
- 28 mds Autres engagements financiers;
- 27 mds BCE;
- 24 mds FMI
- 18,8 mds bons du trésor
- 0,08 mds BEI
Source: FMI, FESF, IESEG

Avec le Figaro

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