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   Des soldats de la Monusco, le 23 octobre 2014, à Beni

Le Conseil de sécurité de l’ONU a voté à l’unanimité, mercredi 30 mars, une résolution qui renouvelle pour un an le mandat de la Monusco. La mission des Nations unies au Congo est désormais recentrée sur les questions politiques et la protection des civils. L’ONU craint des violences dans un contexte préélectoral très flou où le président Joseph Kabila pourrait chercher à se maintenir au pouvoir.

Il n’est jamais trop tard pour faire passer des messages. En votant, mercredi 30 mars, une résolution renouvelant pour un an le mandat de la mission des Nations unies au Congo (Monusco), le Conseil de sécurité de l’ONU espère être entendu par les autorités congolaises. Il veut des élections crédibles et inclusives ainsi qu’un calendrier électoral qui respecte la date butoir de novembre 2016.

Le mandat de la Monusco conserve une dimension politique avec la mention « des bons offices » de l’ONU qui souhaite pouvoir servir d’intermédiaire entre l’opposition et le gouvernement, mais les autorités de Kinshasa s’y sont toujours opposées.

Des questions clés sans réponse

Dans un contexte préélectoral troublé, le langage sur la protection des civils est renforcé. La mission onusienne pourrait donc, par exemple, contrôler les foules ou assurer la sécurité des manifestations. Cela reste toutefois très théorique puisque l’ONU n’a pas la capacité de faire à la fois de la contre-insurrection dans l’est du pays et d'intervenir si des violences urbaines éclatent.

Enfin, la résolution élude trois sujets clés : quels moyens si la situation dérape dans tout le pays avec des troupes cantonnées à l’est ? Que devient la mission si le président Joseph Kabila s’accroche au pouvoir en décembre ? Et comment justifier une coopération politique avec un Etat qui agresse ses propres citoyens, alors que la protection des civils congolais est une des priorités de la Monusco ?

Le 31 Mars 2016
Avec RFI



François Hollande, ce 30 Mars 2016 annonce sa décision de renoncer à la déchéance de nationalité

Le président français a annoncé, ce mercredi, sa décision de renoncer à réviser la Constitution, devant l'impossibilité d'unir l'Assemblée nationale et le Sénat sur son projet de déchéance de la nationalité pour les auteurs d'actes terroristes. Un compromis est « hors d’atteinte », a jugé François Hollande.

François Hollande a mis un terme, ce mercredi, à son projet d'une réforme de la Constitution, réforme annoncée après les attentats jihadistes de novembre dernier à Paris et qui prévoyait notamment une extension de la déchéance de nationalité.

Le chef de l’Etat a clairement fait porter à l’opposition la responsabilité de l’échec de cette réforme, qui néanmoins, était loin de faire l’unanimité au sein de sa propre majorité.

Après avoir constaté que l'Assemblée nationale dirigée par la gauche et le Sénat sous majorité de droite « ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur un même texte » et qu' « une partie de l'opposition est hostile à toute révision constitutionnelle », « j'ai décidé de clore le débat », a déclaré François Hollande lors d'une allocution solennelle.

Plus d'information à venir,

Le 30 Mars 2016
Avec RFI

L'homme arrêté samedi 27 mars en Italie est suspecté d'avoir fourni de faux documents d'identité pour des membres du commando terroriste des attaques du 13 novembre

Un ressortissant algérien, soupçonné d'avoir fourni des faux papiers d'identité aux terroristes des attaques de Paris et de Bruxelles, a été arrêté en Italie samedi, à la demande de la justice belge.

Un ressortissant algérien, Djamal Eddine O., a été arrêté samedi 26 mars dans la région de Salerne, près de Naples en Italie, à la demande de la justice belge, ont annoncé plusieurs médias italiens, citant la police. Cet homme de 40 ans a été arrêté en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis en Belgique, dans le cadre d'une enquête sur des documents falsifiés utilisés par les kamikazes de Paris et de Bruxelles et leurs complices.

Djamal Eddine O. a été arrêté dans la localité de Bellizzi lors d'une opération conjointe du service central antiterroriste et de la division des opérations spéciales de la police (DIGOS) de Rome, a-t-on précisé de mêmes sources. Il est soupçonné d'avoir fait partie d'un réseau criminel qui fabriquait de faux documents d'identité et favorisait l'immigration clandestine, selon l'agence AGI.

Ce complice présumé des terroristes de Bruxelles devrait être extradé dans les prochains jours en Belgique, a-t-on ajouté.

Recherché par la police belge depuis janvier

Les soupçons de la police italienne ont été éveillés quand elle a étudié sa demande de permis de séjour au bureau local de l'immigration. Un homme portant le même nom et appartenant à la même organisation était recherché par la police belge depuis le 6 janvier. Son nom serait aussi apparu lors de perquisitions effectuées en octobre 2015 à Saint-Gilles, une banlieue de Bruxelles.

Des centaines de photos numérisées avaient alors été saisies dans un repaire de faussaires. Parmi elles auraient figuré celles de trois terroristes qui appartenaient au groupe ayant planifié les attentats du 13 novembre dernier à Paris, dont Najim Laachroui, un des kamikazes de l'aéroport de Zaventem, selon les enquêteurs cités.

Les investigations se poursuivent pour déterminer les raisons pour lesquelles Djamal Eddine O. se trouvait dans la province de Salerne, et les éventuels appuis dont il aurait bénéficié.

Le 27 Mars 2016
Avec AFP et Reuters

Icône de la gauche, Christiane Taubira avait exprimé ouvertement son désaccord avec la réforme constitutionnelle

La ministre de la Justice Christiane Taubira a remis sa démission à François Hollande qui l'a acceptée. Elle s'était publiquement opposée à la réforme constitutionnelle. Le député du Finistère Jean-Jacques Urvoas a été nommé pour la remplacer.

"Parfois résister, c'est partir." L'icône de la gauche, Christiane Taubira, quitte le gouvernement. La ministre de la Justice a remis, mercredi 27 janvier, sa démission au président de la République François Hollande qui l'a acceptée et a nommé le député socialiste Jean-Jacques Urvoas pour la remplacer.

Proche de Manuel Valls, Jean-Jacques Urvoas est l'actuel président de la Commission des lois de l'Assemblée nationale. Il était à ce titre chargé d'une mission pour trouver une solution à la réforme constitutionnelle de la déchéance de nationalité, à laquelle Christiane Taubira s'était publiquement opposée à plusieurs reprises.

François Hollande et Christiane Taubira "ont convenu de la nécessité de mettre fin à ses fonctions au moment où le débat sur la révision constitutionnelle s'ouvre à l'Assemblée nationale, aujourd'hui, en Commission des Lois", explique ainsi l'Élysée dans un communiqué.

Respectée des "frondeurs" du PS et icône de la gauche depuis le "Mariage pour tous", Christiane Taubira, cible privilégiée de la droite et de l'extrême droite, s'est à plusieurs reprises retrouvée en délicatesse avec l'Élysée et Matignon depuis son arrivée place Vendôme en 2012.

Le 27 Janvier 2016
Avec Reuters

Extrait vidéo propagande Daech du 24 janvier 2016

Le groupe État islamique a développé «une nouvelle capacité de combat pour effectuer une campagne d'attaques d'ampleur» concentrée sur l'Europe, et en particulier sur la France, avertit l'agence Europol.

La menace terroriste est immédiate - particulièrement pour l'Hexagone - mais d'un coup, elle paraît aussi bien plus proche. Daech est parvenu à «européaniser» le recrutement de ses tueurs, leur entraînement et peut-être même leur commandement, d'après un rapport rendu public par Europol, l'agence policière qui ambitionne de devenir le FBI du Vieux Continent.

L'État islamique a développé «une nouvelle capacité de combat pour effectuer une campagne d'attaques de grande ampleur» centrée sur l'Europe «et en particulier contre la France», explique Rob Wainwright, directeur de l'agence et ancien du MI5 britannique. Le terrorisme islamique «peut frapper presque toutes les cibles où il veut, quand il veut» dans des opérations complexes et bien coordonnées. Depuis les attaques du 13 novembre à Paris, rares sont ceux qui peuvent encore en douter.

Europol rajoute à l'alarme en évoquant la possibilité d'autres attentats «dans un avenir proche». Le 13 novembre a placé la barre très haut, mais «l'escalade de la violence et le recours à des attaques massives pourraient être le chapitre suivant dans la stratégie de l'État islamique (…) L'Europe doit se préparer à l'imprévu».

«Il n'y a pas de preuves concrètes que les voyageurs terroristes utilisent systématiquement le flux de réfugiés pour passer incognito», soutient Europol.

L'autre nouveauté est plutôt dans le constat dressé, dans le rapport, par les experts des 28 polices criminelles de l'UE. Le terrorisme islamiste a changé de façon d'agir: il laisse désormais la «liberté tactique» à des combattants locaux, qui connaissent depuis longtemps le terrain et leurs cibles. Cette marge de manœuvre locale, inédite dans une organisation de ce type, «rend encore plus difficile la détection des projets et l'identification précoce des personnes impliquées».

Problèmes mentaux pour 20%

Europol confirme que les cellules opérant à l'intérieur de l'UE «sont dans une grande mesure indigènes, ou basées localement». Il bat en brèche l'idée que l'EI enverrait ses combattants en Europe en les infiltrant parmi les centaines de milliers de migrants qui débarquent en Grèce. «Il n'y a pas de preuves concrètes que les voyageurs terroristes utilisent systématiquement le flux de réfugiés pour passer incognito» à travers la Méditerranée. Le vrai danger serait plutôt la radicalisation de cette nouvelle diaspora, une fois qu'elle sera installée en Europe.

La décentralisation de Daech changerait pour finir le visage du recrutement, une évolution déjà constatée dans l'enquête sur les attentats de Paris. La croyance religieuse, la radicalisation islamiste et le passage par le champ de bataille syrien ne sont plus des impératifs pour les nouveaux combattants de Daech. Ce qui compte davantage aujourd'hui, poursuit Europol, ce sont les liens personnels noués à partir d'une commune origine ethnique, d'une langue partagée ou d'un même milieu social.

Le 26 Janvier 2016
Avec Le Figaro

Capture d'écran d'une vidéo de propagande de l'organisation de l'État islamique

L'organisation État islamique a publié, dimanche, une vidéo de propagande, mettant en scène neuf personnes comme étant les auteurs des attaques du 13-Novembre. Selon l'entourage de François Hollande, ce document n'a pas encore été identifié.

Cinq jours après la parution de son magazine de propagande, l'organisation État islamique (EI) a publié, dimanche 24 janvier, une vidéo qui affirme présenter les neuf auteurs des attentats, ayant fait 130 morts le 13 novembre à Paris. Sur ce document, qui n'a pas encore été formellement identifié, le groupe terroriste y menace tous les pays de la "coalition" y compris le Royaume-Uni.

"Rien ne nous effraiera, aucune menace ne fera douter la France sur ce qu'elle a à faire dans le combat contre le terrorisme", a réagi François Hollande, depuis New Delhi, au deuxième jour de sa visite d'État en Inde. Et de poursuivre : "Ces images ne font que disqualifier les auteurs de ces crimes".

La participation de Salah Abdeslam passée sous silence

Sur cette vidéo, publiée sous le titre "Tuez-les où que vous les rencontriez", on y voit quatre Belges, trois Français et deux Irakiens. Elle passe toutefois sous silence la participation d'un dixième homme, Salah Abdeslam, en fuite. Publiée par la branche médiatique de l'EI, Al-Hayat media center, elle montre ces jihadistes commettant des atrocités, dont des décapitations et des exécutions par balles de personnes présentées comme des otages.

S'exprimant en arabe et en français, plusieurs d'entre eux affirment que leur "message est adressé à tous les pays participant à la coalition" anti-jihadiste menée par les États-Unis qui intervient depuis septembre 2014 contre l'EI en Syrie et en Irak.

La vidéo montre également un portrait du Premier ministre britannique David Cameron accompagné d'une phrase en anglais affirmant que "Quiconque se mettra du côté des mécréants sera la cible de nos épées".

Elle décrit les neuf jihadistes comme "des lions" ayant mis "la France à genoux". Les images contiennent également des extraits montrant les attentats de Paris et les opérations des forces de sécurité françaises après les attaques.

Le 25 Janvier 2016
Avec AFP

Policier en faction près de la base militaire de l'armée de l'air

Une base militaire indienne situé à la frontière pakistanaise a été attaquée dans la nuit de vendredi à samedi par un groupe de quatre terroristes, faisant deux morts parmi le personnel de sécurité. Cet assaut est perçu comme une tentative de mettre à mal la volonté de rapprochement entre les Premiers ministres indien et pakistanais.

L'attaque aura duré plusieurs heures avant que les quatre assaillants de la base de l'armée de l'air de Pathankot, dans la région du Pendjab, soient neutralisés. Soupçonnés d'appartenir à un groupe terroriste pakistanais, ils auraient franchis la frontière voisine trois jours plus tôt selon les autorités indiennes. Ils s'étaient introduits dans la base déguisé en militaires indiens, à bord d'un véhicule de police volé.

Cette attaque n'est pas sans rappeler une opération similaire en juillet dernier dans la même région. Trois terroristes arborant eux aussi des uniformes de l'armée indienne avaient attaqué un poste de police à l'arme automatique, dans la ville de Gurdaspur au Pendjab faisant plusieurs morts.

Rapprochement indo-pakistanais

L'assaut de samedi survient une semaine après la visite surprise du Premier ministre indien, Narendra Modi, au Pakistan. Est-ce une réaction à cette visite, dans le but faire de faire dérailler le dialogue indo-pakistanais ? C'est l'hypothèse la plus plausible, d'autant que cette stratégie n'est pas nouvelle. Le processus de paix indo-pakistanais a déjà été interrompu à plusieurs reprises par des attentats terroristes sur le territoire indien par le passé, ou par des échanges de tirs entre les deux armées à la frontière.

La visite de M. Modi à Lahore au Pakistan la semaine dernière était la première depuis 2004 pour un chef d'Etat indien. Le premier ministre indien et son homologue Pakistanais Nawaz Sharif se sont rencontrés plusieurs fois ces deux dernières années en marge de sommets internationaux, démontrant ainsi leur volonté de tisser des liens solides. Assez solides, estiment les experts, pour ne pas être mis à mal par l'attaque de samedi à Pathankot.

Le 02 Janvier 2016

Avec RFI

Photo prise le 3 décembre à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle, la police disposait alors des portraits des fuyards

Salah Abdeslam, soupçonné d'avoir joué un rôle important dans les attentats du 13 novembre à Paris, a été contrôlé à trois reprises par la police au lendemain des attaques, en s'enfuyant vers la Belgique, sans jamais avoir été inquiété.

Y-a-t-il eu des failles des services de police français dans la recherche des jihadistes présumés ? Salah Abdeslam, soupçonné d'avoir joué un rôle clé dans les attentats de Paris du 13 novembre, a passé trois contrôles de police en s'enfuyant vers la Belgique sans jamais être inquiété, a indiqué dimanche à l'AFP une source proche de l'enquête belge.

Ces dernières révélations, confirmées par le quotidien français "Le Parisien", se fondent sur le témoignage de Hamza Attou, soupçonné avec Mohammed Amri d'avoir exfiltré Salah Abdeslam vers Bruxelles au lendemain des attaques.

Selon cette source, lorsque Hamza Attou et Mohammed Amri retrouvent en France Salah Abdeslam, leur ami de Molenbeek, qui leur a indiqué par textos comment aller le chercher. Il est "agité... pas à l'aise... pas bien", affirment les deux complices présumés. Puis il les menace : "Il nous a dit de le ramener à Bruxelles, sinon il ferait exploser la voiture". Et pour les persuader, Salah Abdselam se vante d'avoir abattu des gens à la kalachnikov, ajoutant que son frère Brahim s'est fait exploser et que lui, le seul survivant, est le "dixième" terroriste.

Devenir connu comme Coulibaly

Il déclare également "qu'il a laissé la carte d'identité de son frère dans la voiture [il ne précise pas laquelle, NDLR] pour qu'il soit connu dans le monde entier comme Coulibaly". D'après le récit d'Attou, Abdeslam "dit qu'il allait venger son frère et critique les juifs". Le 8 janvier dernier, Amedy Coulibaly avait tué une policière et blessé un agent municipal à Montrouge, au sud de Paris, avant de prendre en otages, le lendemain, les clients et employés d'un supermarché casher de Paris. Il avait tué quatre d'entre eux, tous juifs, et avait été abattu dans l'assaut donné par la police

Pour éviter les contrôles policiers, Salah Abdeslam demande à ses deux convoyeurs d'emprunter les petites routes, mais ils se perdent et se retrouvent sur l'autoroute de Belgique. Il leur dit de rouler doucement. Ils n'évitent pas les barrages et subissent trois contrôles, en France. Au premier, le policier leur demande "s'ils ont consommé" des stupéfiants. Salah reste silencieux sur la banquette arrière. Amri et Attou répondent "oui" puisqu'ils viennent de fumer un joint. "Le policier a dit que ce n'était pas bien, mais que ce n'était pas la priorité aujourd'hui". Il ne leurs demande pas leurs papiers.

Ce n'est qu'au deuxième et au troisième contrôle que leur identité est contrôlée. Au dernier, près de Cambrai, Salah donne même son adresse de Molenbeek. À cet instant, il n'est pas encore recherché. Au troisième contrôle, quand les trois comparses prennent de l'essence, Salah Abdeslam "va aux toilettes et revient la veste ouverte". Ses convoyeurs n'y voient aucune ceinture d'explosif ni kalachnikov.

Le 21 Décembre 2015
Avec AFP


Siège de la Commission européenne à Bruxelles, le 17 novembre 2015

C'est ce mardi 8 décembre que se joue l'avenir de la coopération entre l'Union européenne et le Burundi. Bujumbura est invité à donner des gages à l'UE sur sa volonté de remédier aux violations de ses engagements en matière de respect des droits de l'homme et des principes démocratiques, sous peine d'une rupture de lacoopération bilatérale. L'enjeu est de taille car l'aide européenne représente environ 20% du budget de l'Etat burundais.

Les consultations seront menées du côté européen par le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koenders, et le commissaire européen au développement, Neven Mimica. Côté burundais c'est le chef de la diplomatie Alain Willy Nyamitwe qui chapeautera la délégation. « Nous ne venons pas au tribunal, nous venons discuter avec des amis, des partenaires », assure Alain Aimé Nyamitwe. A quelques heures de cette réunion cruciale, le chef de la diplomatie burundaise se dit « serein ».

L'Union européenne attend en tout cas des gages de bonne volonté et ce dès demain. « Ce n'est pas l'ouverture d'une négociation », prévient un diplomate européen. Après avoir traîné des pieds, Bujumbura semble prendre la procédure au sérieux. En témoigne l'ampleur de la délégation présente à Bruxelles, six ministres et une vingtaine de personnes au total. Mais ces dernières semaines, Bujumbura, sous pression, n'a pas infléchi sa ligne pour autant. 

Hier matin encore la justice burundaise a ordonné la saisie officielle des comptes de la ligue Iteka, l'une des principales associations de défense des droits de l'homme du pays, et de la RPA, la première radio burundaise. La RPA dont la réouverture devrait justement figurer au menu des consultations.

Dans l'entourage de la présidence burundaise, on précise aussi que la délégation « n'est pas arrivée les mains vides ». En somme Bujumbura ne vient pas seulement pour donner des gages, mais compte bien également faire entendre ses arguments.

Des sanctions « graduées » si pas d'accord

Côté européen, c’est le dernier recours dont dispose l’UE. Parmi les sujets qui seront abordés en vertu de l’accord de Cotonou : la réouverture des médias privés, la sécurité pour les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme, la nécessité une justice équitable, et d’enquêtes sérieuses sur les allégations de torture et/ou d’exécution extrajudiciaire.

Autre point essentiel : la reprise d’un dialogue inclusif sous médiation internationale et la mise en place d’un plan de sortie de crise. Sur le volet sécuritaire enfin, l’UE demande la poursuite du désarmement en présence d’observateurs. Le désarmement de toutes les forces autres qu’issues la police et l’armée.

Sur tous ces points, Bujumbura, qui a eu quelques plusieurs semaines pour se préparer, doit donc présenter à l’Union européenne des propositions de solutions. Ensuite deux issues possibles : soit les deux parties s’entendent et établissent une feuille de route, dont l’application pourra être évaluée régulièrement. Soit il n’y a pas d’accord possible et l’UE s’oriente vers des sanctions « graduées », qui peuvent aller de la suspension de quelques programmes à une rupture totale de coopération. Dans cette hypothèse, une résolution pourrait être soumise au Conseil de l’UE au cours du mois de janvier.

20% du budget du pays en suspend

L’Europe c’est 20% du budget burundais. Une aide dont Bujumbura va avoir du mal à se passer. Cela représente tout de même plus de 400 millions d’euros entre 2014 et 2020. Il est vrai que Bujumbura s’est rapproché de la Chine, les deux pays ont échangé beaucoup lors du dernier sommet Chine-Afrique en Afrique du Sud, où Bujumbura a été très présente, mais il est difficile de l’avis de plusieurs officiels européens de penser que l’aide chinoise puisse remplacer l’aide européenne.

La Chine fait essentiellement du prêt et pas du don, analyse un diplomate, et une partie de l’aide européenne est directement affectée au fonctionnement de l’Etat burundais. L’Union européenne souhaite d’ailleurs éviter le scénario d’une rupture totale de la coopération. L’objectif de la réunion c’est bien d’éviter un tel scénario et de trouver une solution à ce qu’elle qualifie de guerre civile larvée. Pour éviter que les populations, déjà premières victimes de la crise, ne soient privées de ces ressources, principalement affectées à des projets dans les domaines de la santé et de la nutrition.

 

Le 08 Décembre 2015

Avec RFI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une réunion à Paris, le 1er décembre 2015

Le vice-ministère russe de la Défense a accusé, mercredi, Recep Tayyip Erdogan et sa famille d'être directement impliqués dans le trafic pétrolier de l'EI. Le chef de l'État turc met Moscou au défi de prouver ces allégations.

La Russie est passée aux attaques personnelles dans la crise qui l'oppose à la Turquie. Le vice-ministre russe de la Défense, Anatoli Antonov, a accusé, mercredi 2 décembre, le président turc Erdogan et sa famille de profiter de la contrebande de pétrole à laquelle se livre l'organisation État islamique (EI) en Syrie.

"Le principal consommateur de ce pétrole volé à ses propriétaires légitimes, la Syrie et l'Irak, s'avère être la Turquie", a déclaré devant plusieurs centaines de journalistes Anatoli Antonov. "La classe dirigeante politique, dont Recep Tayyip Erdogan et sa famille, est impliquée dans ce commerce illégal", a-t-il poursuivi, ajoutant que "le cynisme du gouvernement turc est sans limite".

Anatoli Antonov a notamment mis en cause le gendre du président, Berat Albayrak et l'un de ses fils, Bilal, à la tête d'un groupe de travaux publics et de transport maritime : "En Occident, personne ne se pose de questions sur le fait que le fils du président turc dirige l’une des plus grandes compagnies d’hydrocarbures, ou que son gendre ait été nommé ministre de l’Énergie. Quelle merveilleuse affaire de famille ! » a-t-il ironisé.

Erdogan met sa démission sur la table

Le président Erdogan n'a pas tardé à réagir, menaçant de représailles si Moscou continuait à "propager des calomnies". "Personne n'a le droit de propager des calomnies sur les achats de pétrole par la Turquie à Daech", a-t-il déclaré lors d'un discours à Doha, au Qatar. "Si ces accusations continuent, nous prendrons nous-mêmes des mesures", a-t-il menacé.

Il a répété qu'il démissionnerait immédiatement si les accusations russes étaient prouvées. "Je ne resterai pas dans mon siège de président ne serait-ce qu'une seule minute si la Russie prouvait ses allégations. Mais ceux qui propagent ces calomnies ne devraient pas non plus garder leurs sièges", a-t-il lancé. "La Turquie n'a pas perdu ses valeurs morales au point d'acheter du pétrole à une organisation terroriste", a insisté le chef de l'État turc.

Ankara et Moscou traversent une grave crise depuis que l'aviation turque a abattu, le 24 novembre, un chasseur-bombardier russe Soukhoï 24 à sa frontière avec la Syrie. La Turquie affirme que l'appareil avait violé son espace aérien, ce que la Russie dément.

Premier signe de détente ?

Lundi, Vladimir Poutine avait estimé que la décision de l'aviation turque d'abattre un avion Su-24 russe avait été dictée par "la volonté de protéger ces chemins d'acheminement de pétrole vers le territoire turc". Il a assuré que l'or noir de l'EI était "acheminé de manière industrielle, vers la Turquie", générant des "millions et des milliards de dollars" de profit. Des accusations balayées par M. Erdogan, qui a mis au défi Moscou de prouver ses allégations.

Cette guerre des mots avait pourtant semblé se calmer mercredi, lorsque le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé une rencontre avec son homologue turc Mevlüt Cavusoglu. Cette rencontre devrait se tenir en marge du conseil des ministres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui se déroule à Belgrade le 3 et 4 décembre.

Le 02 Décembre 2015
Avec France24, AFP et Reteurs

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