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Symbole de l'Euro au siège de la BCE

Le Français Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, met en garde les pays de la zone euro dans une interview accordée à plusieurs grandS journaux européens. Les gouvernements européens ne doivent pas compter uniquement sur la Banque centrale européenne pour faire repartir la croissance, car sinon «cela va mal finir».

Benoit Coeuré, membre du directoire de la BCE, prévient dans une interview au Figaro qu’il ne faut pas se reposer uniquement sur la BCE pour retrouver le dynanisme économique. Il exhorte les pays de la zone euro à mener des réformes structurelles et à réduire leurs dettes afin de faire repartir la croissance et l’emploi. Selon lui, le rôle de la BCE est d’accompagner ces efforts.

Quant à un possible renforcement de sa politique monétaire accommodante, la Banque centrale européenne le décidera en décembre 2015. Une décision qu’elle prendra en fonction de l’économie réelle et non des marchés financiers. Depuis deux ans, la BCE a abaissé ses taux directeurs à des niveaux historiquement bas et mis à disposition des banques des prêts en grande quantité. Elle rachète chaque mois depuis mars 2015 quelque 60 milliards d'euros de dettes sur les marchés. Une politique qui n’a pas encore donné des résultats sur la hausse des prix.

Le président de la BCE, Mario Draghi, s’est montré peu optimiste sur la perspective d’un retour durable d'une inflation acceptable dans la zone euro. Il met en cause la faiblesse persistante de l’économie européenne.

Le 14 Novembre 2015
Avec RFI

 

 

Siège du Bundestag

La Diète fédérale allemande doit voter ce vendredi 17 juillet pour ou contre l'ouverture de négociations en vue d'un nouveau plan d'aide financière en faveur d'Athènes. Ce vote du Bundestag pourrait tout remettre en cause, mais a priori, il n'y aura pas de suspense : Angela Merkel devrait obtenir une large majorité. En revanche, l'Allemagne n’est pas le seul pays où un vote du Parlement sur cet accord est obligatoire et contraignant.

Après la France mercredi, puis la Finlande jeudi, place désormais à l'Allemagne. Le Bundestag de Berlin se prononce ce vendredi 17 juillet sur le nouveau plan d'aide financière prévu pour la Grèce. Pour son 61e anniversaire, avant de partir trois semaines en vacances, Angela Merkel devrait obtenir une large majorité, d'environ 80 % des voix peut-être, ce qui donnera un mandat au gouvernement allemand pour négocier ce troisième plan d'aide.

Les défections au sein de l'Union chrétienne-démocrate (CDU, majorité), où l'on a longuement discuté jeudi soir, seront plus nombreuses qu'au mois de février. Lors d'un vote « test », 48 parlementaires de la CDU ont annoncé qu'ils voteraient contre. Mais on attendait un nombre plus important.

Quant au Parti social-démocrate (SPD, membre de la grande coalition au pouvoir), il devrait pour ainsi dire voter comme un seul homme en faveur de ce mandat. Mais il y a aussi des discussions de part et d'autre. On critique, notamment au sein du SPD, la position du ministre des Finances Wolfgang Schäuble, qui jeudi matin sur une radio, a de nouveau évoqué la possibilité - la menace - d'un Grexit si les négociations devaient ne pas aboutir.

La valse des parlements nationaux continue

Les parlementaires allemands ne sont pas les seuls Européens appelés à s'exprimer ce vendredi. Les députés autrichiens doivent en faire de même. Puis, dans les jours à venir, les élus estoniens, lettons, slovaques et espagnols prendront le relais. Certains veulent voir dans l'aval apporté par le Parlement finlandais jeudi un augure favorable, avant le passage du fragile accord trouvé au sein de l'Eurogroupe lundi dernier dans les autres parlements nationaux, dont la plupart de ceux cités plus hauts, à commencer par le Bundestag allemand, sont réputés sceptiques à l'égard de la Grèce et de son gouvernement.

Il faut rappeler que chacun de ces votes est contraignant. Si l'un d'eux devait produire un résultat négatif, il torpillerait l’unanimité trouvée sur le lancement du troisième plan d’aide à la Grèce lundi au sein de l'Eurogroupe. Cependant, les règles du Mécanisme européen de stabilité sont telles qu'il semble en théorie presque impossible, pour un pays, de bloquer une décision dans l'urgence.

Pour qu'un plan d'aide soit validé, il faut qu'il soit approuvé par 85 % des pays qui composent le capital du MES. Un capital alimenté par les Etats en fonction de leurs richesses : l'Allemagne contribue à 27 % de ce capital, la France à 20 %, l'Italie à près de 18 %. Les statuts du MES confèrent un pouvoir de veto à ces trois pays qui contribuent à plus de 15 % à son capital. Sans l'un d'eux, aucun plan ne peut être validé. Mais aucun autre Etat ne semble pouvoir bloquer un accord, à moins de trouver des alliés de poids. L'Autriche par exemple, malgré sa virulence, ne peut ainsi rien faire seule contre l'octroi d'un troisième plan d'aide à la Grèce. Elle dispose de moins de 3 % des parts.

Les ministres des Finances se sont mis d'accord

Réunis par téléconférence peu après le feu vert du Parlement grec, qui a lui-même voté l'accord mercredi, les ministres des Finances n'ont en tout cas pas attendu le vote des autres parlements. Ils estiment que les conditions sont quasiment remplies pour l’ouverture des négociations.

L’Eurogroupe a même réussi à trouver les fonds nécessaires pour faire face aux besoins les plus urgents de la Grèce, avec un premier remboursement qui doit survenir dès le 20 juillet. Sept milliards d’euros vont ainsi être dégagés dans l’urgence pour les trois mois à venir.

De son côté, la Banque centrale européenne partage cet optimisme et dit s’attendre à être remboursée dès le 20 juillet. La BCE a aussi abondé dans le sens de la Grèce, en jugeant que sa dette devrait être réexaminée, et a surtout décidé de relever une nouvelle fois le plafond de son programme d’assistance aux liquidités d’urgence, qui maintient la tête des banques grecques hors de l’eau.

Christine Lagarde persiste et signe : il faut alléger la dette grecque

Un allègement de la dette est nécessaire pour que le plan de sauvetage soit viable, a surrenchéri à nouveau la directrice générale du Fonds monétaire internationale (FMI), sur la radio française Europe 1 ce vendredi matin. Interrogée sur la viabilité du plan ébauché lundi à Bruxelles sans un allègement de la dette en contrepartie, Mme Lagarde n'a pas pris de détour : « La réponse est assez catégorique, " non ". »

« C'est la raison pour laquelle les partenaires européens ont admis l'allègement de la dette », a ajouté la patronne du FMI. « Le principe est acquis », mais « ni le montant ni les modalités » ne le sont pour l'instant, ajoute la Française, qui assure que son fonds participera au nouveau plan de sauvetage du pays si ce dernier se réforme.

Le 17 Juillet 2015
Avec RFI

Tsipras devant le parlement grec

Le Parlement grec a adopté, tôt jeudi 16 juillet 2015, une série de réformes demandées par les créanciers de la Grèce en préalable à un nouveau plan d'aide, malgré plusieurs défections dans le camp du Premier ministre Alexis Tsipras.

Si le Premier ministre grec n’a que 40 ans, ce qui est considéré comme jeune dans l’arène politique du pays, il a démontré ces derniers jours, et notamment ce mercredi, qu’il était un fin tacticien et qu’il était en mesure de rassembler son camp politique, analyse notre envoyé spécial à Athènes Romain Lemaresquier. Mercredi après-midi, alors que la session plénière n’avait pas encore débuté, nombre de spécialistes de la politique grecque imaginaient une implosion totale de Syriza, le parti de gauche radicale d'Alexis Tsipras.

Et pourtant, dans la nuit de mercredi à jeudi, le Parlement grec a largement adopté le projet de loi réclamé par les créanciers. Sur 300 membres de la Vouli, 229 députés ont validé le texte, six se sont abstenus et 64 parlementaires, dont l'ancien ministre des Finances Yanis Varoufakis, le ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis et la présidente du Parlement Zoé Konstantopoulou, ont voté contre ces mesures, qui comprennent notamment des hausses de TVA et une réforme des retraites.

En somme, des défections ont eu lieu, mais pas d'implosion. Au total, sur 149 députés de Syriza, la formation de gauche radicale du Premier ministre, seuls 39 n'ont pas suivi la position du gouvernement dans ce vote sous haute tension, précédé d'une manifestation anti-austérité qui a donné lieu à des incidents dans le centre d'Athènes. Au lendemain du vote, la presse souligne pourtant de façon unanime les difficultés de la majorité, relate notre correspondante à Athènes Charlotte Stiévenard.

« Il faut un changement » dans le gouvernement

Le Quotidien des rédacteurs, plutôt à gauche, revient sur la volonté du gouvernement de continuer malgré l'absence de majorité. Il cite le Premier ministre grec, qui a déclaré que les gouvernements tombent seulement quand ils perdent le soutien de la société. Dans le discours qu'a prononcé Alexis Tsipras avant le vote,  ce dernier a martelé qu’il assumait l’accord passé avec ses partenaires européens. Mais il a répété à maintes reprises que ce texte n’était pas pour autant un bon accord. Ce qui lui a permis d’être longuement applaudi par les députés de son parti.

Le titre conservateur I Kathimerini voit dans le résultat du vote une défaite. Il parle également d'un possible remaniement. Le chef du gouvernement a pu compter sur les voix de son partenaire de coalition, le parti de droite souverainiste ANEL, et sur celles de l'opposition. Des voix indispensables, selon Theodoros Fortsakis, du parti de droite Nouvelle Démocratie. « La loi est passée avec une large majorité, qui a réuni des députés de deux partis qui gouvernent et de trois partis de l’opposition. Ce qui est surprenant, c’est qu’il y a eu (des) votes qui ont été négatifs ou qui ont été blancs, appartenant à des députés de la majorité gouvernementale », s'étonne-t-il.

La démonstration est donc faite : Alexis Tsipras est un véritable animal politique. Il a réussi là où tout le monde pensait qu’il échouerait. Mais les défections dans le camp du Premier ministre sont un indicateur qu'il doit prendre en compte, selon Christina Takiaou, députée centriste de To Potami, qui a voté en faveur de ce projet de loi. « Il faut un changement. Mais c’est à M. Tsipras de décider ce changement, pas à l’opposition », estime-t-elle.

Réunion des ministres de l'Eurogroupe ce jeudi

Allons-nous vers un remaniement ? Le chef du gouvernement pourrait en effet se voir obligé d’écarter les ministres qui ne l’ont pas soutenu, même s'ils sont très minoritaires. Le prochain test politique aura lieu la semaine prochaine avec la présentation au Parlement d’un deuxième projet de loi, toujours dans le cadre de l’accord conclu à Bruxelles. Les défections dans le parti d'Alexis Tsipras pourraient être plus nombreuses à cette occasion.

En attendant, le vote rapide de mercredi permet au gouvernement grec de rassurer ses partenaires, deux jours après la décision de ces derniers d'accorder un troisième plan d'aide au pays. Désormais Alexis Tsipras va devoir négocier pour débloquer plus de 80 milliards d’euros afin de relancer l’économie de son pays, la restructurer et rembourser ses échéances auprès de la BCE et du FMI.

L'accord trouvé au sein de l'Eurogroupe lundi, déjà adopté par le Parlement français, doit encore être ratifié en Finlande et en Allemagne notamment, deux pays représentant la ligne la plus dure face à Athènes. La Grèce attend aussi d'être fixée jeudi sur une aide d'urgence des Européens afin de faire face à ses besoins immédiats, et sur le soutien que peuvent espérer ses banques de la part de la Banque centrale européenne. En fin de matinée, ce jeudi, les ministres des Finances de la zone euro doivent discuter du versement d'une aide d'urgence. Un nouveau pas dans les négociations.

Réaction au vote de la Vouli

"Ces mesures sont inaptes pour assurer le développement économique du pays. Il faudra donc à mon avis réunir le plus rapidement possible une commission inter-partisane qui va procéder à la formulation de propositions très concrètes pour permettre le développement de secteurs très concrets de l'économie "
Theodoros Fortsakis, député du parti Nouvelle Démocratie

Le 16 Juillet 2015
Avec RFI

Tsipras

Près de deux heures avant l'heure butoir fixée par les instances européennes, les autorités grecques ont envoyé des propositions de réformes afin de trouver un accord avec ses créanciers et mettre un terme à la crise. Elles prévoient notamment une hausse de la TVA et des réformes des retraites. Des propositions qui, contre toute attente, ne semblent pas bien différentes de ce qu’exigeaient les créanciers d’Athènes, qui doivent les étudier ce matin.

La Grèce a finalement envoyé ses propositions de réformes avant l'heure fatidique fixée par les dirigeants européens. Et elles ont tout pour satisfaire les créanciers d'Athènes. Dans les 13 pages de ce document, le gouvernement grec s’engage ainsi à un certain nombre de réformes structurelles.

Taxes

Athènes propose d'augmenter la TVA, pomme de discorde des négociations avec les créanciers. La taxe sur la valeur ajoutée passerait à 23 % pour la restauration — qui s'élevait à 13 % jusqu'ici. En revanche, les produits de base, l'électricité et les hôtels resteraient taxés à 13 % et 6 % pour les médicaments, les livres et les places de théâtre.

Il prévoit aussi la disparition progressive des exemptions de 30 % de TVA dans les îles grecques, à commencer par les plus riches et les plus touristiques. Cette suppression devrait commencer en octobre et devrait se faire graduellement pour s'achever d'ici à la fin 2016.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras envisage également une hausse des impôts sur les sociétés, qui devraient passer de 26 % à 28 %, comme réclamé par les créanciers. Hausse des impôts aussi pour les armateurs, dont les avantages fiscaux devraient être supprimés. Les taxes sur les produits de luxe et la publicité à la télévision devraient être elles aussi immédiatement relevées.

Pour ceux qui ne payent pas d'impôts, le gouvernement propose une série de mesures pour lutter contre l'évasion fiscale ainsi qu'une réorganisation de la collecte des impôts.

Dépenses militaires

Le sacro-saint budget de la défense serait lui amputé de 300 millions d’euros. Dans le détail, les propositions d'Alexis Tsipras prévoient d'abord de réduire le plafond des dépenses militaires de 100 millions d'euros dès 2015, puis de 200 millions en 2016. Les créanciers réclamaient eux une réduction de 400 millions d'euros.

Libéralisation

Les privatisations avaient été stoppées dès l’arrivée de Syriza au pouvoir début 2015. Elles devraient être relancées, notamment dans le secteur des télécommunications. Le gouvernement accepte de vendre la part restante de l'Etat au capital social des télécoms grecques OTE, dont le principal actionnaire est Deutsche Telekom.

Un appel d'offre devrait également être lancé pour privatiser des ports de Pirée et de Thessalonique d'ici octobre prochain.

Une déréglementation de certaines professions, notamment les ingénieurs, les notaires et le secteur du tourisme est également envisagée.

Côté fonction publique, pointée du doigt par les créanciers, Athènes prévoit d'embaucher des gestionnaires dans les mois qui viennent pour évaluer les fonctionnaires. Une série de mesure devrait ensuite être appliquée pour moderniser le secteur public.

Retraites

Une nouvelle réforme des retraites est également prévue. L'âge de 67 ans deviendrait la norme d'ici à 2022. Des mesures pourraient être mises en place pour dissuader les départs anticipés.

Enfin, le document envisage une disparition progressive de l'allocation de solidarité EKAS, une prime basée sur les revenus et destinée aux petites retraites inférieures à 700 euros par mois, et qui oscille entre 30 et 230 euros par mois.

Dette

Selon le texte publié par le gouvernement grec, la Grèce souhaite mettre en place une « réglementation » de son énorme dette publique — 180% du PIB —, sujet dont beaucoup de pays de la zone euro ne veulent pas entendre parler.

Elle dit aussi rechercher des financements d'un total de 53,5 milliards d'euros d'ici la fin juin 2018 pour couvrir ses obligations liées à ses remboursements de prêts.

Pour redynamiser l'économie du pays, Athènes réclame enfin un « paquet de 35 milliards d'euros » consacré à la croissance.

Objectifs budgétaires

Au départ la Grèce prévoyait de s'aligner sur les demandes de ses créanciers, à savoir de réaliser un excédent primaire budgétaire — hors service de la dette — de 1 % en 2015, 2 % en 2016 et 3 % en 2017. Le gouvernement de M. Tsipras demande à ses créanciers de réexaminer ces objectifs, vue la dégradation de la situation économique dans le pays, avec notamment la fermeture des banques et le contrôle des capitaux.

Le gouvernement grec semble donc avoir fait de larges concessions pour obtenir en contrepartie l'ouverture de pourparlers sur la dette. Étrangement, ces concessions vont plus loin que le texte rejeté par le référendum de dimanche 5 juillet, analyse notre bureau de Bruxelles.

Les députés grecs dans l'expectative

En Grèce, si un accord devait se faire, il devra être présenté puis validé par le Parlement. Anna-Michelle Assimakopoulou, député du parti Nouvelle démocratie, le principal parti d'opposition, estime qu’il peut y avoir une majorité sur ce vote. « Il faut le signer et ensuite, il faut le présenter au Parlement pour en discuter. Il faudra une majorité, pas forcément absolue, mais une majorité. On va voir ce que le parti de monsieur Tsipras va faire, ce que Syriza va faire et l'autre parti aussi. Mais il peut y avoir une majorité, ça c'est sûr. »

Les mesures présentées doivent permettre un retour à la normale, même si le système en place doit être profondément modifié, estime Christina Takiaou, députée du parti centriste To Potami. « Pour l'instant, il faut prendre des mesures pour mettre fin à cette situation. Mais tout le monde en Grèce sait très bien que nous devons faire des réformes pour changer notre système. Le système social n'est pas viable. Nous savons que nous devons faire ces réformes. »

Désormais, avant qu'un accord ne soit présenté au Parlement, il va falloir attendre un éventuel feu vert de l'Eurogroupe et des chefs d'Etats européens. Ce n'est qu'ensuite que les députés grecs pourront se prononcer sur cette solution pour enfin sortir la Grèce de cette crise.

Le 10 Juillet 2015

Avec RFI

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