La question du franc CFA, qui signifiait à sa création en 1945 « franc des colonies françaises d’Afrique », ressurgit régulièrement depuis plusieurs années. Grace Kazal a abordé la question avec Bruno Bernard, économiste, et Didier Mahouele ma Makita, président de la Coordination Europe-Amériques de l'U.PA.D.S, parti politique congolais.

Le franc CFA est accusé par ses détracteurs, et non sans quelques raisons, d'être un instrument du néo-colonialisme et de pénaliser les économies des pays d'Afrique qui l'utilisent. C'est une devise gérée par la Banque de France via un organisme unissant les pays africains et qui assure à ces pays une stabilité monétaire.

Didier Mahouele ma Makita, président de la Coordination Europe-Amériques de l'U.PA.D.S, parti politique congolais, dénonce des gesticulations contre-productives sur la question: « on dit qu'on va créer notre propre monnaie, et on ne la crée pas et on ne fait rien pour la créer et on ne se réunit pas pour en parler, il n'existe pas de véritable commission montée pour parler du franc CFA ». Ainsi l'homme politique congolais ajoute que la mainmise de la France sur cette monnaie n'est pas que symbolique, les réserves pour gérer le fonds se trouvent « au Trésor français ce qui montre bien l'emprise de la France sur ces États lesquels États n'ont pas véritablement de politique économique à partir de l'instant où le franc CFA qui n'est qu'une sorte de déclinaison de l'euro, les freine ». 

Toutefois, de plus en plus d'économistes dénoncent l'inadéquation entre ces objectifs et les besoins réels des pays africains. Onze des pays de la zone CFA sont listés parmi les moins avancés du monde par l'ONU. Et avec la chute des matières premières et le ralentissement des importations chinoises, l'ensemble de l'Afrique subsaharienne souffre d'un ralentissement historique de sa croissance. Elle était de 3,4 % en 2015, sa plus faible enregistrée depuis 1999. Trois pays de la zone, le Tchad, le Gabon et la Guinée équatoriale, ont notamment été victimes de la forte chute du prix du pétrole.


Pour Bruno Bernard, économiste et spécialiste de l'Afrique, c'est une question qui ne touche pas réellement les acteurs locaux: « ceux qui parlent beaucoup du franc CFA, ce ne sont pas les Africains d'Afrique étrangement, ce sont les Africains d'Europe qui eux, sont payés en euro et qui ne vivent pas le franc CFA de la même façon. » Et M. Bernard de prévoir une hyperinflation si chaque pays de la zone franc CFA se retire: « une économie qui va créer une monnaie comme le Togo ou le Bénin va directement être attaquée par les traders anglo-saxons qui vont la manger toute crue et qui vont faire du chantage comme les fonds vautours».

En circulation depuis soixante-dix ans dans 14 pays africains et aux Comores, le franc CFA est la seule monnaie héritée des colonies dont le Trésor français centralise toujours les réserves de change. Arrimé à l'euro selon une parité fixe, le franc CFA garantit la libre convertibilité et des facilités de transfert vers l'Europe. Des paramètres qui pourraient agir comme un frein pour la croissance de ces pays

Malgré la pression croissante, le Trésor français et les banques centrales africaines préfèrent toujours néanmoins miser sur la stabilité des prix avec la parité fixe, quand la chute des matières premières pèse sur les monnaies de pays voisins (Ghana, Nigeria, Zambie, Angola...), dont certaines se sont effondrées entre 30 % et 52 % en trois ans. Ces derniers ont donc dû « resserrer leur politique monétaire », selon Coface, bridant ainsi leur croissance. La zone franc a limité le choc, avec une baisse de seulement 20 % entre 2013 et 2016 face au dollar, dans le sillage de l'euro. En outre, l'inflation est demeurée faible en zone CFA (1,2 % en Côte d'Ivoire, 1,8 % au Togo), alors qu'elle a explosé dans les pays voisins, comme au Ghana (17 %). Cela a permis à la Cemac (Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique centrale) de baisser ses taux directeurs en 2015 à 2,45 %. un premier pas vers un assouplissement monétaire plus favorable à la croissance, mais qui ne règle pas, in fine, le dilemme du franc CFA entre stabilité et croissance.

Grace Kazal

La question du franc CFA, qui signifiait à sa création en 1945 « franc des colonies françaises d’Afrique », ressurgit régulièrement depuis plusieurs années. Grace Kazal a abordé la question avec Bruno Bernard, économiste, et Didier Mahouele ma Makita, président de la Coordination Europe-Amériques de l'U.PA.D.S, parti politique congolais.

Le franc CFA est accusé par ses détracteurs, et non sans quelques raisons, d'être un instrument du néo-colonialisme et de pénaliser les économies des pays d'Afrique qui l'utilisent. C'est une devise gérée par la Banque de France via un organisme unissant les pays africains et qui assure à ces pays une stabilité monétaire.

Didier Mahouele ma Makita, président de la Coordination Europe-Amériques de l'U.PA.D.S, parti politique congolais, dénonce des gesticulations contre-productives sur la question: « on dit qu'on va créer notre propre monnaie, et on ne la crée pas et on ne fait rien pour la créer et on ne se réunit pas pour en parler, il n'existe pas de véritable commission montée pour parler du franc CFA ». Ainsi l'homme politique congolais ajoute que la mainmise de la France sur cette monnaie n'est pas que symbolique, les réserves pour gérer le fonds se trouvent « au Trésor français ce qui montre bien l'emprise de la France sur ces États lesquels États n'ont pas véritablement de politique économique à partir de l'instant où le franc CFA qui n'est qu'une sorte de déclinaison de l'euro, les freine ». 

Toutefois, de plus en plus d'économistes dénoncent l'inadéquation entre ces objectifs et les besoins réels des pays africains. Onze des pays de la zone CFA sont listés parmi les moins avancés du monde par l'ONU. Et avec la chute des matières premières et le ralentissement des importations chinoises, l'ensemble de l'Afrique subsaharienne souffre d'un ralentissement historique de sa croissance. Elle était de 3,4 % en 2015, sa plus faible enregistrée depuis 1999. Trois pays de la zone, le Tchad, le Gabon et la Guinée équatoriale, ont notamment été victimes de la forte chute du prix du pétrole.


Pour Bruno Bernard, économiste et spécialiste de l'Afrique, c'est une question qui ne touche pas réellement les acteurs locaux: « ceux qui parlent beaucoup du franc CFA, ce ne sont pas les Africains d'Afrique étrangement, ce sont les Africains d'Europe qui eux, sont payés en euro et qui ne vivent pas le franc CFA de la même façon. » Et M. Bernard de prévoir une hyperinflation si chaque pays de la zone franc CFA se retire: « une économie qui va créer une monnaie comme le Togo ou le Bénin va directement être attaquée par les traders anglo-saxons qui vont la manger toute crue et qui vont faire du chantage comme les fonds vautours».

En circulation depuis soixante-dix ans dans 14 pays africains et aux Comores, le franc CFA est la seule monnaie héritée des colonies dont le Trésor français centralise toujours les réserves de change. Arrimé à l'euro selon une parité fixe, le franc CFA garantit la libre convertibilité et des facilités de transfert vers l'Europe. Des paramètres qui pourraient agir comme un frein pour la croissance de ces pays

Malgré la pression croissante, le Trésor français et les banques centrales africaines préfèrent toujours néanmoins miser sur la stabilité des prix avec la parité fixe, quand la chute des matières premières pèse sur les monnaies de pays voisins (Ghana, Nigeria, Zambie, Angola...), dont certaines se sont effondrées entre 30 % et 52 % en trois ans. Ces derniers ont donc dû « resserrer leur politique monétaire », selon Coface, bridant ainsi leur croissance. La zone franc a limité le choc, avec une baisse de seulement 20 % entre 2013 et 2016 face au dollar, dans le sillage de l'euro. En outre, l'inflation est demeurée faible en zone CFA (1,2 % en Côte d'Ivoire, 1,8 % au Togo), alors qu'elle a explosé dans les pays voisins, comme au Ghana (17 %). Cela a permis à la Cemac (Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique centrale) de baisser ses taux directeurs en 2015 à 2,45 %. un premier pas vers un assouplissement monétaire plus favorable à la croissance, mais qui ne règle pas, in fine, le dilemme du franc CFA entre stabilité et croissance.

Grace Kazal

La police scientifique au travail, au lendemain du raid policier mené sur l'immeuble à Saint-Denis en région parisienne où se trouvait notamment Abaaoud

Un Belge d'origine marocaine « lié directement » aux auteurs des attentats de Paris, a été arrêté la semaine dernière au Maroc, a annoncé lundi 18 janvier 2016 le ministère de l'Intérieur à Rabat. Le suspect aurait rencontré en Syrie Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attaques terroristes dans la capitale française. Le parquet belge a confirmé cette arrestation.

Identifié dans un premier temps par ses seules initiales, « G.A », l'individu a été arrêté vendredi dans la ville d'al-Mohammadiya, près de Casablanca, a précisé le ministère dans un communiqué. Il est « lié directement à certains auteurs des attentats de Paris », qui ont fait le 13 novembre 130 morts et ont été revendiqués par le groupe Etat islamique (EI).

Selon le site d'information marocain Le360, proche du palais royal, l'homme appréhendé a été interpellé au domicile de sa mère alors qu'il s'y trouvait seul. Sa mère se trouve actuellement en Belgique et son père est décédé. Le suspect a été ensuite identifié comme étant Gelel Attar, 26 ans, a indiqué le parquet fédéral belge.

Le suspect a rencontré Abaaoud en Syrie

L'enquête a établi que ce Belge s'est rendu en Syrie le 4 janvier 2013 avec l'un des kamikazes de Paris, celui qui s'est fait exploser lors de l'assaut final des forces de l'ordre dans la ville de Saint-Denis, à savoir Chakib Akrouh, le dernier terroriste identifié, qui était par ailleurs dans la Seat noire ayant conduit le « commando des terrasses ».

En Syrie, en 2013, Gelel Attar ne reste que quatre mois, mais il a le temps de rejoindre dans un premier temps le Front al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda, avant d'être enrôlé par les jihadistes du groupe EI, selon le ministère.

Durant son séjour, il s'est entraîné au maniement des armes et a établi des liens avec des commandants de l'organisation EI, dont Abdelhamid Abaaoud, « le cerveau des attaques terroristes dans la capitale » française, selon le texte. Abaaoud et ce suspect se seraient donc rencontrés en Syrie dans les rangs du groupe EI. C'est probablement là aussi qu'il récolte le pseudonyme d'Abou Ibrahim.

D'après l'enquête marocaine, Attar a quitté ensuite la Syrie en mai pour la Turquie puis s'est rendu en Allemagne et en Belgique avant d'arriver quelques mois plus tard au Maroc via les Pays-Bas. Le prévenu sera présenté devant la justice dès la fin de l'enquête, selon le communiqué.

Originaire de Molenbeek

Le quotidien flamand De Standard écrivait lundi soir sur son site internet qu'Attar avait déménagé en 2013 de façon permanente au Maroc et qu'il avait été condamné par contumace en juillet 2015 à Bruxelles à cinq ans de prison pour appartenance à une organisation terroriste et plusieurs vols.

Abaaoud avait été condamné lors du même procès. Selon un autre journal néerlandophone, Het Nieuwsblad, Gelel Attar est originaire de Molenbeek, la commune bruxelloise d'où étaient également originaires les membres des commandos des attentats de Paris. Il était depuis mars 2014 sous le coup d'un mandat d'arrêt international délivré par la Belgique.

Ce n'est pas la première fois que le royaume dispose d'informations relatives à Abaaoud ou à ses proches. Ce sont ainsi les renseignements marocains qui avaient mis les enquêteurs français sur la piste de l'appartement de Saint-Denis, où il se cachait. Et son frère, Yassine Abaaoud, est détenu par les autorités marocaines depuis le mois d'octobre dernier.


Le 19 Janvier 2016
Avec RFI

 Des victimes evacuent la salle de concert de Bataclan

Au moins 120 personnes ont été tuées dans une série d'attaques simultanées menées vendredi soir à Paris. Trois explosions se sont produites aux abords du Stade deFrance, en marge d'un match de football entre la France et l'Allemagne. Une prise d'otages a eu lieu dans la salle de spectacle du Bataclan, faisant au moins 80 morts. Plusieurs fusillades ont eu lieu dans la capitale. Un conseil de Défense est prévu ce samedi matin.

Plusieurs attaques ont été menées vendredi soir dans l'est de Paris, dix mois après les attentats de janvier, qui avaient fait 17 morts. Le parquet a ouvert une enquête pour assassinats en relation avec une entreprise terroriste.

Le bilan des attentats « pourrait atteindre voire dépasser les 120 morts », a annoncé le procureur de la République de Paris, François Molins. Il y aurait également 200 blessés, dont 80 graves, selon une source proche de l'enquête citée par l'AFP.

Huit assaillants sont morts dans ces attentats, dont sept en se faisant exploser, toujours selon une source proche de l'enquête citée par l'AFP

Hollande annonce l'état d'urgence

François Hollande s'est exprimé dans une allocution télévisée vendredi soir quelques heures après ces attaques, « évoquant des attaques sans précédent ».

Le président français a annoncé que l'état d'urgence serait décrété sur l'ensemble du territoire. Le « rétablissement immédiat des contrôles aux frontières », a également été décidé a indiqué l'Elysée, contairement à ce qu'avait annoncé dans un premier temps François Hollande parlant d'une « fermeture » des frontières. Ces décisions ont été entérinées pendant le Conseil des ministres extraordinaire qui s'est tenu cette nuit. (Voir le communiqué publié à l'issue du Conseil des ministres).

Concernant les auteurs de ces attaques, François Hollande a déclaré : « C'est une terrible épreuve qui, une nouvelle fois, nous assaille. Nous savons d'où elle vient, qui sont criminels, qui sont ces terroristes, a-t-il précisé, nous devons dans ces moments si difficiles, et j'ai une pensée pour les victimes, très nombreuses, pour leurs familles, pour les blessés, nous devons faire preuve de compassion et de solidarité. »

Le 14 Novembre 2015
Avec RFI

 

 

 


« Jusqu’à présent nous avons eu confirmation de 14 morts, en comptant les kamikazes, et de 39 blessés », a indiqué le quartier-général de la Défense à Abuja.

Le groupe islamiste Boko Haram a multiplié les attentats-suicides visant des civils ces derniers mois, notamment à Maiduguri, capitale de l’État de Borno, où une série d’attaques avait fait 117 morts le 20 septembre.

Des habitants et un agent de police avaient témoigné jeudi soir qu’il y avait eu sept explosions dans le quartier d’Ajilari, situé près de l’aéroport et d’une base militaire, et qu’au moins deux des kamikazes étaient des adolescentes.

« Nous n’avons pas encore toutes les informations, mais nous pouvons dire que quatre terroristes kamikazes de Boko Haram ont déclenché leurs vestes garnies d’explosifs simultanément », a déclaré l’armée. Trois des terroristes dans la même zone et le quatrième devant une mosquée.

Le quartier d’Ajilari avait déjà été frappé le 20 septembre.

En finir avec l’insurrection de Boko Haram, L’armée nigériane a revendiqué une série de succès sur le terrain contre Boko Haram ces dernières semaines dans le nord-est du pays, mais sans parvenir à endiguer les attentats.

« Au moins 1 600 personnes sont mortes depuis le mois de juin dans des violences attribuées au groupe islamiste au Nigeria, au Cameroun, au Tchad et au Niger », a affirmé mercredi Amnesty International, appelant les gouvernements à faire davantage pour assurer la sécurité des civils.

Le président nigérian Muhammadu Buhari, investi fin mai, a juré d’en finir avec l’insurrection de Boko Haram. Depuis 2009, cette insurrection – et sa répression par les forces de sécurité nigérianes – a fait 17 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés.
   
 

vendredi, 02 octobre 2015 12:45

RDC: les maux de la justice militaire mis en lumiere

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Le rapport de Human Rights Watch (HRW) est accablant pour la justice congolaise. Dans un document de 117 pages publié jeudi 1er octobre, l’organisation américaine fustige les rouages du système judiciaire, qualifié d’inéquitable et d’injuste pour les victimes et justiciables.

À l’origine de ce rapport, le procès dit « des viols de Minova », emblématique des graves lacunes de la justice congolaise en matière de poursuite des graves crimes internationaux, selon les associations de victimes. En novembre 2012, cette localité de la province du Sud-Kivu avait en effet été le théâtre d’atrocités commises par des soldats des Forces armées congolaises (FARDC), mis en déroute face à la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23).

« Tirer des enseignements de cette affaire »

Viols, meurtres, pillages : 39 militaires avaient été poursuivis par une cour militaire spéciale pour des crimes contre l’humanité. Mais sur les 25 accusés de viol, seulement 2 avaient été condamnés pour ce crime, 22 avaient été reconnus coupables de violations des consignes, pillages ou vol de munitions, et un autre avaient été condamné pour meurtre.

« Une énorme déception », selon Géraldine Mattioli-Zeltner, directrice de plaidoyer au sein du programme justice internationale à Human Rights Watch. « Les autorités congolaises doivent tirer des enseignements de cette affaire et veiller à ce que justice soit véritablement rendue à l’avenir. Elles le doivent aux victimes », exigeait-elle. Un appel relayé dans une vidéo publiée par l’organisation, dans laquelle s’expriment certaines victimes de Minova, qui attendent par ailleurs toujours les réparations promises.

vendredi, 02 octobre 2015 12:04

un nouvel espoir pour l'ukraine a Paris

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Éclipsée par la Syrie à l'Assemblée générale de l'ONU, la guerre en Ukraine revient en force à Paris où les quatre acteurs du format dit «de Normandie» se retrouvent ce vendredi à l'Élysée dans l'espoir de redynamiser le processus de paix. Vladimir Poutine, Petro Porochenko, Angela Merkel et François Hollande se sont donné quatre heures pour faire progresser le dossier.

«Le temps presse. Il faut accélérer le processus», affirme un diplomate. Arrachés en février par une médiation franco-allemande, les accords de Minsk 2 prévoient une désescalade du conflit par étapes d'ici à la fin de l'année. L'Union européenne doit évaluer en décembre les progrès accomplis dans l'application des accords, au niveau militaire et politique, avant de se prononcer sur un allégement des sanctions. À l'Élysée, on souligne que le climat est favorable. Car pour la première fois depuis la signature des accords de Minsk, le cessez-le-feu est respecté. «Les signaux sont plutôt positifs», commente une source diplomatique.

Officiellement, l'intervention russe en Syrie, qui a pris de court les Occidentaux, au moins dans sa méthode et ses objectifs, n'a pas de lien direct avec la guerre à l'est de l'Ukraine. Mais le «climat» particulier créé par les développements syriens pourrait cependant influencer le sommet de l'Élysée. Reste à savoir dans quel sens.

Même pas peur. La démission du premier ministre grec Alexis Tsipras, annoncée jeudi 20 août au soir, et la tenue d’élections législatives anticipées en septembre ne semblent pas inquiéter outre mesure les responsables européens et les représentants des créanciers, qui viennent de valider, il y a à peine une semaine, lors de l’Eurogroupe du 14 août, une aide supplémentaire massive de 86 milliards d’euros sur trois ans à la Grèce. De fait, ce nouveau soubresaut politique était largement anticipé, voire souhaité, par les représentants des créanciers d’Athènes.

« La Commission européenne prend note de l’annonce en Grèce. Les clés du succès seront un large support au MOU [Memorandum of Understanding, la liste des conditions sur lesquelles s’est engagé le pays en échange de l’aide] et un respect des engagements » a ainsi tweeté, jeudi soir, Annika Breidthardt, une des porte-parole de la Commission. Le tweet, jeudi soir, du directeur de cabinet du président de la Commission Juncker, Martin Selmayr, est lui aussi sans ambiguïté : « Des élections rapides en Grèce peuvent être le moyen d’élargir le soutien au programme de stabilité du MES [le troisième plan d’aide] que vient juste de signer M. Tsipras ».

Message de prévention sur le virus Ebola à Conakry en Guinée

La Guinée est toujours durement frappée par l'épidémie d'Ebola qui sévit depuis la fin 2013. Ce mercredi soir, à Conakry, des artistes guinéens se sont produits lors d’un concert pour sensibiliser la population sur la gravité de cette maladie que les autorités tentent vainement d'éradiquer.

C’est pour aider à lutter contre le virus que des stars de la musique africaine se sont réunies pour enregistrer la chanson Africa stop Ebola, produite par Valerie Malot de l’agence 3D Family. Des génies en herbe guinéens ont aussi interprété la même chanson de sensibilisation à Ebola et participé à la phase finale inédite d’une compétition artistique au palais du Peuple de Conakry.

Etaient présents dans la salle des célébrités de la musique africaine, comme le Guinéen Mory Kante ou encore l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly, membres du jury : « C’est une magnifique soirée. Les artistes sont inspirés, les musiciens aussi. Le public est là. On est en train d’atteindre l’objectif, c’est-à-dire de sensibiliser les populations contre Ebola. Nous venons ici aussi pour féliciter le peuple de Guinée, le peuple du Liberia, le peuple de Sierra Leone qui ont su quand même se mobiliser pour que cette maladie ralentisse. Maintenant, ce que nous voulons, c’est qu’ensemble on puisse faire disparaître cette maladie. »

Mory Kanté aussi apprécie le moment : « Mon appréciation est claire et nette. Là, je crois qu’il y a assez de réconfort, il y a assez de prises de conscience. Tout le monde est au courant maintenant de la maladie et que bientôt, elle s’en ira. Nous souhaitons l’éradiquer complètement. »

Dans ce spectacle haut en couleur et après délibérations, c’est Mademoiselle Manamba Kante, la fille de Mory Kante, qui a remporté le premier prix d’un montant de 4 000 euros.

Le 30 Juillet 2015

Tsipras

La question grecque n'est pas sans conséquence pour l'avenir institutionnel de l'Europe, mais son importance au plan économique doit être ramenée à sa juste mesure, modeste.

Depuis dimanche 5 juillet, le doute plane sur l'avenir de la Grèce. Quelles seraient les conséquences économiques dans l'Union européenne (UE) si la Grèce décidait de partir? Autrement dit, quel est le poids de l'économie du pays de Socrate dans une Europe qui a considérablement évolué depuis la Communauté européenne du charbon et de l'acier voulue par Jean Monnet et Robert Schuman.

• La population grecque dans l'UE s'élève à 2,2%

Au 1er janvier on comptabilise 11 millions de Grecs. De son côté l'UE enregistre une population totale de plus de 500 millions de personnes. Soit, démographiquement, la Grèce représente 2,2% de la population européenne.

• La Grèce pèse 1,3% du PIB de l'UE

Selon Eurostat, le PIB de la Grèce s'élève à 180 milliards d'euros en 2014 contre plus de 10.000 milliards d'euros pour celui de la zone euro. Il représente presque 2% du PIB de la zone euro et 1,3% du PIB de l'UE. «L'économie de la Grèce ne pèse pas très lourd dans l'UE», constate Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo Securities.

• Les exportations de la Grèce représentent 0,8% des exportations de l'UE

Pour Patrick Artus, chef économiste de la banque Natixis, la part des exportations est un indicateur clé pour mesurer le poids d'une économie dans un ensemble, en l'occurence, le poids de la Grèce dans l'Union européenne. D'après les chiffres d'Eurostat, le poids de la Grèce dans les exportations de l'UE vers les pays tiers est de 0,8% en 2014.

Selon la Direction générale du Trésor, en 2014, le commerce extérieur de la Grèce affiche une faible croissance (+0,6%) à 74,9 milliards d'euros. Le déficit commercial s'est de nouveau creusé à -20,5 milliards d'euros en 2014, inversant la tendance de réduction amorcée en 2008 (de -43,5 milliards d'euros en 2008 à -19,3 milliards d'euros en 2013). Cette détérioration est due à la baisse des exportations (-1,4% à 27,2 milliards d'euros) et à une reprise des importations (+1,8% à 47,7 milliards d'euros). Le commerce extérieur grec serait mal orienté, affirme la Direction générale du Trésor. En effet, la capacité exportatrice de la Grèce souffre de certaines faiblesses structurelles, en raison de sa dépendance énergétique et d'une base productive peu développée.

• Le poids de la dette

«Comme la dette publique de la Grèce est détenue à près de 75% par d'autres pays européens, son importance financière va bien au-delà du poids de son économie dans l'Union européenne», commente Bruno Cavalier. En effet, «s'ils partent, ils ne rembourseront pas», renchérit Patrick Artus.

Qui detient la créance sur la Grèce?

Sur un total de 312 milliards d'euros, le Fonds européen de stabilité financière detient 130,9 mds d'euro et le reste(Allemagne 41,3 mds; France 31 mds; Italie 23,7 msd; 18,1 mds Espagne; 9,5 mds Autres, 8,7 Pays-Bas mds) et les reste est reparti de la manière suivante:
- 53 mds Prêts bilatéraux européens;
- 34 mds Investisseurs privés;
- 28 mds Autres engagements financiers;
- 27 mds BCE;
- 24 mds FMI
- 18,8 mds bons du trésor
- 0,08 mds BEI
Source: FMI, FESF, IESEG

Avec le Figaro

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