Museveni

En Ouganda, pour la première fois, le chef de l'Etat, Yoweri Museveni, s'est prêté samedi 13 février au délicat exercice du débat télévisé dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle du 18 février 2016. Absent du premier débat en janvier dernier, le président au pouvoir depuis 30 ans s'est, cette fois, déplacé.

De larges applaudissements ont accueilli Yoweri Museveni. Mais la soirée a été plus difficile pour lui, obligé de respecter le temps imparti par les journalistes animant le débat. « Malheureusement je vais devoir m’arrêter là. C’est une question de temps. Vous voyez, c’est le problème du débat », s’est exprimé le président.

Les candidats ont répondu chacun leur tour aux questions, sans réellement interagir entre eux. Seul point de discorde entre les candidats : l’intervention de l’Ouganda en RDC.

« Je pense qu’il était possible d’engager les Congolais aux côtés des Ougandais pour aboutir à des accords négociés qui n’impliquaient pas le type d’opération et qui a été nettement engagée par le gouvernement », a affirmé Kizza Besigye, opposant historique du Forum pour le changement démocratique (FDC). En réponse, le président Toweri Museveni a rétorqué : « Je rejette ce que ce candidat a dit. C’est faux. Nous sommes intervenus au Congo pour notre propre sûreté. »

Différentes thématiques ont été abordées, mais le comportement de Museveni a été vivement remarqué : le président s’est mis au même niveau que les autres prétendants à la présidence, la première fois en trente ans qu’il se prête à ce genre d’exercice.

Le 14 Février 2016

Avec RFI

Rebelle ougandais

Un rebelle ougandais a été capturé lundi 8 février en Centrafrique. Il s’agit de Okot Odek, qui serait un proche collaborateur de Joseph Kony, le numéro un de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA). Odek a été fait prisonnier par des ex-Seleka et remis, selon l’AFP, aux militaires américains qui épaulent les forces africaines dans l’est de la République centrafricaine. Les militaires américains se refusent toutefois à tout commentaire.

Avant de devenir le redouté commandant Sam, Okot George Odek était, comme tant d’autres rebelles de la LRA, un enfant soldat. Enlevé et enrôlé de force à l’âge de huit ans, il gagne vite la confiance du numéro un, Joseph Kony, qui règne sur la LRA d’une main de fer. Selon Invisible Children, une ONG américaine qui traque cette rébellion, le petit Odek deviendra vite l'un de ses gardes du corps. Il l’accompagnera même au Soudan du Sud pour des négociations avec le gouvernement de Kampala en 2008, des pourparlers qui n’aboutiront jamais.

Un ancien négociateur de la LRA, David Matsanga, qui a quitté cette rébellion à la faveur d’une amnistie, se souvient d’avoir vu le très jeune homme dans l’entourage de Kony. Odek finira par diriger une unité d’une cinquantaine de combattants qui ont souvent fait des allers-retours entre le parc national de la Garamba, en République démocratique du Congo, et le Soudan du Sud voisin, toujours selon Invisible Children.

Un fidèle parmi les fidèles

Okot George Odek aura tantôt le grade de colonel, tantôt de lieutenant-colonel, dans une armée rebelle qui donne peu d’importance aux grades, selon Ledio Cakaj, un chercheur et écrivain américain spécialiste de la LRA. Il reste que Odek était, aux yeux de Kony, un fidèle parmi les fidèles.

« C’est une très belle prise, estime Ledio Cakaj. Odek était un homme de confiance. L’an dernier encore, il était dans l’entourage immédiat de Kony. Le fait qu’Odek soit parti est de toute première importance. Pour ceux qui restent, son départ est démoralisant. »

Odek se serait rendu, le week-end dernier, aux ex-Seleka, même si Kony a déjà menacé d’exécuter les déserteurs. Il se trouverait actuellement à Obo, dans l’extrême est de la République centrafricaine.

Le 11 Février 2016

avec RFI

L'ancien Premier ministre tanzanien Edward Lowassa est l'un des favoris de l'élection présidentielle du 25 octobre 2015. Ici, en campagne à Tanga, le 21 octobre.

La campagne électorale touche à sa fin en Tanzanie. Les élections générales auront lieu ce dimanche 25 octobre : municipales, législatives et présidentielle à un tour le même jour. Le président sortant, Jakaya Kikwete, ne se représente pas. La Constitution le lui interdit. Il a fait deux mandats et la Tanzanie est l’un des rares pays africains où personne n'a jamais cherché à changer les règles. Huit candidats s’affrontent, mais on observe un duel entre le candidat du pouvoir, John Magufuli, et un ancien Premier ministre du même pouvoir sortant, Edward Lowassa, fraîchement devenu opposant.

A Dar es Salaam, une marée humaine accueille le candidat du CCM (Chama Cha Mapinduzi), le parti au pouvoir depuis toujours en Tanzanie. Jusqu'à il y a quelques mois, John Magufuli était le ministre des Travaux publics. Technocrate plutôt discret, il s'est transformé en tribun.

Son discours est surprenant pour un candidat du parti au pouvoir. La continuité ? Certainement pas, au contraire même. « La Tanzanie a besoin de changement », explique-t-il en langue swahilie : « Et moi je vous le dis, chers amis, les voleurs des deniers publics ne sont pas seulement dans les autres partis, ils sont aussi au CCM ».

Le candidat du pouvoir est ainsi obligé de tirer contre son camp pour gagner la confiance d'une population lassée par des années de corruption, de gabegie, de scandales financiers.

« Je suis fatigué de la pauvreté »

Autre meeting, celui du candidat de l'opposition Edward Lowassa. Lui aussi présente un profil inhabituel puisqu'il était Premier ministre CCM, devenu opposant parce qu'on ne l'a pas choisi comme candidat du parti au pouvoir. Ses adversaires disent de lui qu'il est malade et fatigué, il les prend au mot. « Je suis malade et fatigué oui. Je suis fatigué de la pauvreté ; mais j'ai l'énergie de ma colère pour me battre et faire sortir les Tanzaniens de cette pauvreté », lance-t-il.

Difficile de faire un pronostic. Pour la première fois, les Tanzaniens ne connaissent pas à l'avance le résultat.

Le 23 Octobre 2015
Avec RFI

Ismail Omar Guelleh, président de Djibouti depuis 1999

A Djibouti, un accord-cadre entre le gouvernement et l’opposition a été signé en décembre dernier. L’objectif était de mettre fin à la crise démocratique qui durait depuis les législatives de 2013. Mais l’opposition se plaint d’une situation qui n’avance pas.

A Djibouti, l’accord-cadre signé entre le gouvernement et l’opposition en décembre 2014 n’a abouti à rien. C’est ce que dénonce l’opposition. Les deux parties devaient travailler ensemble sur la question des élections présidentielles de 2016 au sein d’une commission paritaire.

Une commission qui n’a jamais vu le jour. L’Union pour le salut national, la coalition des partis d’opposition, dénonce la mauvaise volonté de l’exécutif et la non-application de l’accord-cadre. « Les points essentiels sont largement énumérés. Il y a les questions immédiates, il y a les questions un peu longues : le changement dans les institutions, la décentralisation, les statuts des partis politiques, la garantie des aller-venues et la liberté de s’exprimer dans les médias nationaux, à savoir la télévision, la radio, les journaux, chose dont nous sommes tous privés, tout le temps privés. Il faut faire renaître la confiance entre nous et les pouvoirs, et la paix dans le cœur pour tout le monde, pour aboutir à des élections démocratiques, transparentes et libres », explique le président de la coalition, Ahmed Youssouf.

Ismaïl Omar Guelleh est à la tête de Djibouti depuis 1999. En 2010, une réforme constitutionnelle lui a permis de briguer un troisième mandat. En 2011, il jurait sur Jeune Afrique qu’il passerait le pouvoir en 2016. Mais l’opposition s’inquiète d’un potentiel quatrième mandat.

Le 04 Août 2015
Avec RFI

Le président américain Barack Obama lors de son discours à l'Union africaine, le 28 juillet 2015

En Ethiopie, Barack Obama a tenu un discours, ce mardi, dans le hall Nelson Mandela, lieu symbolique du siège de l'Union africaine, à Addis-Abeba. C’est la première qu’un président américain prenait la parole devant l'organisation panafricaine. Et Barack Obama a joué la fibre sentimentale en donnant sa vision de l'avenir de l'Afrique.

C'est d'abord la présidente de la commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, qui a pris la parole pour souligner le côté historique de cet événement : « L’Afrique et les Etats-Unis ont des liens forts et historiques, faits du sang et de la sueur des fils et filles d’Afrique qui ont traversé l’Atlantique pour servir les plantations et les villes qui ont fait des Etats-Unis le formidable pays qu’il est aujourd’hui. Mais aujourd’hui nous sommes très fiers que les Africains fassent partie de la prestigieuse histoire de l’humanité et des Etats-Unis d’Amérique grâce à leur riche contribution à l’histoire, à la littérature à la musique, aux sciences, à la politique, au business, aux arts et aux sports ».

Au-delà de la posture et des mots symboliques, concernant ses liens avec l'Afrique, Barack Obama devait livrer une vision différente, plus « équitable » des relations politiques et économiques avec le continent africain.Pour Barack Obama, l'Afrique est un continent prometteur, avec une classe moyenne en expansion, qui consomme des nouvelles technologies.

« Nous ne voulons pas de mécènes, dit Barack Obama, mais des partenaires qui nous aident à construire la croissance ». Le président américain rappelle que l'aide au développement, c'est soutenir des initiatives et des solutions locales et pas seulement de la nourriture.

Un nouveau rôle pour l’UA

Dans ce discours, Barack Obama aborde l'économie, mais aussi le fléau que représente la corruption, qui regrette-t-il, « pompe des milliards de dollars des économies. De l'argent qui pourrait être utilisé pour créer des emplois, construire des hôpitaux et des écoles ».

Le président américain encourage par ailleurs l'Union africaine à réaffirmer son leadership. « Quand je suis venu pour la première fois sur le continent en tant que président, j'ai dit que l'Afrique n'avait pas besoin d'homme fort, mais d'institutions fortes, rappelle Obama. L'Union africaine peut être l'une d'elles ».

Ensuite, Barack Obama a aussi bien sûr parlé de sécurité. Il a fait part de ses inquiétudes. Il a souhaité une implication plus grande de la communauté internationale pour régler les problèmes du continent, puisque le développement de l’Afrique permettra au monde entier finalement de vivre dans un environnement plus sécurisé, en évitant que les jeunes soient tentés par le terrorisme, par exemple. Le président américain est revenu sur la situation au Soudan du Sud. Il a rappelé que si la ligne fixée au 17 août ne permettait pas de trouver un accord entre les belligérants dans cette crise civile, il faudrait faire preuve d’intransigeance.

Le locataire de la Maison Blanche s'est aussi adressé directement aux représentants du continent. Barack Obama a appelé les dirigeants africains à respecter leurs Constitutions, à ne pas s'accrocher au pouvoir. Des attitudes irrationnelles qui fragilisent les progrès démocratiques de leurs pays, selon le président américain : « Je dois être honnête avec vous. Je ne comprends pas cette attitude. Je suis dans mon second mandat. Cela a été un extraordinaire privilège pour moi de servir en tant que président des Etats-Unis, mais notre Constitution dit que je ne peux concourir pour un troisième mandat. Lorsqu'un dirigeant essaie de changer les règles du jeu en cours de route pour rester au pouvoir cela risque de créer de l’instabilité et des conflits, comme on l’a vu au Burundi. Et c’est souvent le premier pas vers la paralysie. Parfois, on entend un chef d'Etat qui dit : je suis le seul à pouvoir empêcher cette nation d'éclater. Si c’est vrai, cela signifie qu’il a échoué à construire une véritable nation ».

Le président américain a ajouté qu'il y avait plein de choses à faire quand on était plus au pouvoir et que l'on avait un peu d'argent en banque.

Un discours applaudi

Il faudra attendre un peu avant de connaître la réaction des dirigeants africains dont plusieurs ont pu se sentir visés par les propos de Barack Obama, mais une chose est sure, ces mots ont été vraiment extrêmement bien accueillis par tous les jeunes qui remplissaient la salle. En effet, beaucoup d’adolescents, des jeunes d’une vingtaine d’années avaient été invités pour l’occasion dans le hall Nelson Mandela de l’Union africaine. Et c’est vrai que quand le président a abordé ce sujet, il y a eu un tonnerre d’applaudissements. Barack Obama a pu voir qu’il pouvait compter sur la jeunesse et s’est d’ailleurs particulièrement adressé à eux. Il leur a dit plusieurs fois que c’était eux qui avaient le pouvoir de changer les choses sur le continent, que ce soit politique ou en termes économiques.

Ainsi Conclut Barack Obama : "C'est en tant qu'Américain, fier de l'être que je présente devant vous. Et aussi en tant que fils d'un Africain. L’Afrique et les peuples africains ont contribué à forger l'Amérique et également l'homme que je suis et ma vision du monde. "

Le 28 Juillet 2015
Avec RFI


A son arrivée en Ethiopie, le 26 juillet 2015, le président américain Barack Obama (à droite) a été accueilli par le Premier ministre Hailemariam Desalegn et sa femme (à gauche)

Le président américain Barack Obama est arrivé ce dimanche soir en Ethiopie pour un séjour de 48 heures. En s'arrêtant à Addis-Abeba, une première pour un président américain, Barack Obama récompense un allié crucial dans la lutte contre le terrorisme dans la Corne de l'Afrique. Quitte à reléguer au second plan les violations des droits de l'homme dans le pays.

Barack Obama est à Addis Abeba pour deux jours. Ce lundi matin, il va s’entretenir avec le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, ainsi qu’avec le président Mulatu Teshome, au rôle cependant assez symbolique. Avec sa croissance économique impressionnante et sa population de plus de 90 millions d’habitant, l’Ethiopie est évidemment un marché attrayant. Mais c’est surtout de sécurité qu’il sera question.

Car le gros rendez-vous de la journée est plutôt, dans l’après-midi, une réunion sur la situation au Soudan du Sud et la lutte contre le terrorisme. Les islamistes shebabs viennent encore de prouver qu’ils pouvaient frapper et les réunions stériles se multiplient pour trouver une issue à la guerre civile ravageant le Soudan du Sud.

Ces deux situations sont les plus éloquentes, mais de manière générale, le nord-est de l’Afrique est une région toujours aussi violente, où les Etats-Unis ont finalement peu d’alliés fiables.Très impliquée militairement en Somalie au sein de la force de l’Union africaine, mais aussi en première ligne de la médiation sur le Soudan du Sud, l’Ethiopie est ainsi un partenaire privilégié et indispensable pour Washington.

Les droits de l'homme au second plan ?

Au-delà des réunions de travail prévues, la visite de Barack Obama peut ainsi être interprétée comme un geste de soutien au régime d’Addis Abeba. Un régime qui vient d’être conforté au pouvoir pour cinq années supplémentaires grâce à un raz-de-marée électoral : 100% des sièges de l’Assemblée nationale gagnés par la coalition au pouvoir. Un régime aussi, dont les méthodes sont souvent dénoncées par les organisations de défense des droits de l’homme.

Dans ces conditions, le président américain prendra-t-il le risque de froisser les autorités locales en réclamant un peu plus de démocratie et de respect de la liberté d’expression ? Il pourrait choisir de réserver ces remarques à une auditoire moins ciblé, lors de son discours devant l’Union africaine, mardi.

Ben Rhodes, adjoint de la conseillère du président à la Sécurité nationale, a surtout laissé entendre que lors de son allocution à l'UA, Barack Obama devraient principalement parler de coopération et de politique au sens large.

« Ce qui est important c'est que cela lui donnera une plateforme pour s'adresser à l'ensemble du continent. C'est la plus importante organisation au niveau de la coopération africaine. L'an passé nous avons organisé le tout premier sommet avec l'Afrique aux Etats-Unis, avec les présidents et les chefs de gouvernement de l'Union africaine, à part ceux avec qui nous avons des divergences importantes. Ils étaient invités par le président pour un sommet à Washington, et après ce sommet de Washington, notre déplacement au siège de l'UA indique que nous sommes en train d'élever notre coopération avec l'Union africaine et avec le continent. Et donc, lors de son discours, il évoquera de façon large ses politiques africaines, ce qu'il essaie d'accomplir, l'emprunte qu'il souhaite laisser en Afrique, et ce que les Etats-Unis et l'Union africaine doivent accomplir ensemble. »

Le 27 Juillet 2015
Avec RFI

Un éthiopien en lièsse

La coalition au pouvoir en Éthiopie et ses alliés ont remporté la quasi-totalité des sièges de la chambre basse du Parlement (546 sur 547) lors des législatives du 24 mai dernier, selon les résultats officiels proclamés lundi.

La coalition au pouvoir en Éthiopie et ses alliés ont raflé 546 des 547 sièges de la Chambre des représentants du peuple, chambre basse du Parlement, où un dernier siège reste à attribuer, selon les résultats officiels des législatives du 24 mai, proclamés lundi 22 juin.

Le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF), coalition de quatre grands partis qui dirige l'Éthiopie depuis 1991, remporte les 500 circonscriptions dans lesquelles il présentait des candidats. Les 46 autres sièges se répartissent entre des petites formations régionales qui lui sont alliées.

Pour l'heure, il manque encore le résultat définitif de la circonscription de Bonga (sud-ouest), où le scrutin avait dû être reporté, mais les chiffres provisoires semblent montrer, là aussi, une victoire du camp au pouvoir.

L'EPRDF et ses alliés emportent également la quasi-totalité des 1 987 sièges des assemblées des neuf États composant la fédération éthiopienne, laissant échapper seulement 21 sièges.

Le président de la Commission électorale, Merga Bekana, s'est félicité de la "forte participation et du déroulement harmonieux du processus électoral", qualifiant les élections de "libres, équitables, pacifiques, crédibles et démocratiques".

"Déni de démocratie"

Mais c'est loin d'être l'avis de tous. L'un des principaux parti de l'opposition éthiopienne, le parti Semayawi ("Parti bleu") avait pour sa part dénoncé fin mai "un déni de démocratie" après l'annonce de résultats provisoires montrant que l'EPRDF s'acheminait vers une victoire écrasante.

"Le parti Semayawi n'accepte pas ce processus électoral comme étant libre et juste et ne reconnaît pas le résultat malsain et non démocratique de ces élections", avaient indiqué à l'avance ses dirigeants.

Taye Negussie, professeur de sociologie à l'université d'Addis Abeba, a estimé que "ce résultat était totalement attendu". "Il n'y a pas de multipartisme en Éthiopie. C'est simplement une imitation", a-t-il déclaré à l'AFP.

Ces élections étaient les premières depuis la mort, en 2012, du Premier ministre Meles Zenawi, qui avait incarné le pouvoir en Éthiopie depuis le renversement de Mengistu Haile Mariam, chef de la junte qui dirigea l'Éthiopie durant la "terreur rouge", entre 1974 et 1991.

Symbole de la famine dans les années 1980, le pays affiche désormais une croissance économique insolente, autour de 10 % ces cinq dernières années, selon la Banque mondiale. Des ONG de défense des droits de l'Homme dénoncent un développement économique à marche forcée, dont les populations locales et l'environnement paient le prix fort, mais également le caractère autoritaire du régime, les atteintes à la liberté d'expression et la volonté d'étouffer toute voix dissidente.

Avec AFP

Femmes et enfants déplacs de guerre soudanaiseLa guerre civile qui fait rage depuis dix-huit mois au Soudan du Sud a des conséquences humanitaires dramatiques sur une population civile qui, outre la famine, subit des violences atroces.

Émasculations, viols, assassinats : les forces armées qui s'affrontent au Soudan du Sud ont perpétré des crimes atroces contre des enfants, les ligotant parfois ensemble avant de leur trancher la gorge, ont rapporté les Nations unies.

"Des survivants ont raconté qu'on a laissé saigner à mort des garçons émasculés... que des filles d'à peine huit ans ont été violées collectivement puis assassinées", a indiqué Anthony Lake, le directeur général de l'Unicef, l'agence de l'ONU pour l'enfance, dans un communiqué publié cette semaine.

"Des enfants ont été attachés ensemble avant que leurs agresseurs ne leur tranchent la gorge... d'autres ont été jetés dans des bâtiments en feu", a-t-il ajouté.

Des dizaines de milliers de personnes auraient été tuées au cours de la guerre civile qui déchire le Soudan du Sud depuis dix-huit mois, même s'il n'existe pas de bilan officiel. Au moins 129 enfants ont été tués le mois dernier dans l'Etat d'Unité, dans le nord du pays, théâtre des combats parmi les plus violents du confit, a ajouté l'Unicef.

Celui-ci a éclaté en décembre 2013, avec des combats au sein de l'armée sud-soudanaise, fracturée le long de lignes politico-ethniques par la rivalité à la tête du régime entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar.

Cette guerre a été caractérisée par des massacres ethniques attribuables aux deux camps, des viols et l'emploi d'enfants soldats dont des milliers ont été enlevés pour combattre.

250 000 enfants au bord de la famine

"La violence contre les enfants au Soudan du Sud a atteint un nouveau sommet dans la brutalité", a ajouté Anthony Lake.

"Des enfants sont aussi recrutés à un rythme alarmant dans les groupes armés des deux cotés - environ 13.000 ont été contraints de participer à ce conflit dont ils ne sont pas responsables", a ajouté le directeur général de l'Unicef.

"Vous pouvez imaginer les séquelles physiques et psychologiques sur ces enfants - pas seulement celles liées à la violence qui leur a été infligée mais aussi la souffrance qu'ils ont dû infliger à d'autres"

"Au nom de l'Humanité et de la décence la plus élémentaire, cette violence contre les innocents doit cesser", a ajouté Anthony Lake.

Plus tôt dans la semaine, l'ONU averti que quelque 250 000 enfants risquaient de mourir de faim au Soudan du Sud, tandis que les deux-tiers des 12 millions d'habitants ont besoin d'aide et que 4,5 millions d'entre eux risquent de manquer gravement de nourriture.

Le Bureau des Affaires humanitaire de l'ONU (Ocha) a lancé un appel aux dons, disant avoir besoin d'environ 1,63 milliard de dollars pour terminer l'année. Les États-Unis ont annoncé, mardi, une enveloppe de 113 millions de dollars (environ 100 millions d'euros) pour une aide en nourriture, eau potable et en services de secours d'urgence.

De son côté, le Département d'Etat américain a appelé toutes les parties au conflit à mettre un terme "immédiat à la violence absurde au Soudan du Sud", et l'Union africaine (UA) a demandé au Conseil de sécurité de l'Onu de désigner les responsables de la poursuite du conflit et de les sanctionner. (AFP/ Votre Afrique)

Le Président soudanais Omar el-BéchirVisé par un mandat d'arrêt international pour crime contre l'humanité, le président soudanais est en Afrique du Sud pour le sommet de l'Union Africaine. L'entourage de Béchir n'est «pas inquiet» de cette décision.

La justice sud-africaine a émis dimanche un arrêt interdisant au président soudanais Omar el-Béchir de quitter le pays. Ce dernier se trouve à Johannesburg pour assister au sommet de l'Union africaine. Vendredi, la Cour pénal international (CPI) avait demandé aux autorités de Pretoria «de ne pas limiter leurs efforts pour exécuter les mandats». La CPI a en effet publié deux mandats d'arrêt contre Omar el-Béchir, l'un en 2009, pour «crimes de guerre» et un second, un an plus tard, pour «génocides» dans la guerre au Darfour qui a fait plus de 300.000 victimes.

Le juge Hans Fabricius, saisi par une ONG, estime qu'il serait préjudiciable pour l'image de l'Afrique du Sud de ne pas interpeller le président soudanais comme le demande la CPI, une institution dont l'Afrique du Sud est membre. Le magistrat a demandé au gouvernement de présenter ses arguments qui lui permettent de se soustraire à ses obligations internationales.

Béchir sera-t-il réellement arrêté?

L'entourage du président Béchir ne se montrait pas trop inquiet. «Il n'y a pas de problème. Nous sommes contents d'être là», a affirmé à Reuter un ministre soudanais tandis que le président Béchir participait comme si de rien n'était à la «photo de famille». L'entourage de Béchir a d'ailleurs d'ores et déjà annoncé qu'il rentrerait à Khartoum après le sommet.

Les chances de voir le chef de l'État soudanais appréhendé paraissent bien faibles. Pretoria a garanti avant le début du sommet une immunité totale à tous les membres des délégations. Selon la presse locale, les officiels de la CPI eux-mêmes ne semblent pas trop y croire. «Béchir serait fou d'être venu s'il n'avait pas reçu toutes les garanties qu'il ne serait pas transférer vers La Haye», assure l'un d'eux.

Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989, défie depuis des années la justice internationale. S'il limite considérablement ses déplacements depuis qu'il est poursuivi par la CPI, il s'est néanmoins rendu dans plusieurs États non adhérents à la CPI, comme l'Égypte ou l'Arabie Saoudite, et dans des pays signataires, comme l'Ouganda ou le Nigeria, sans problème. À 71 ans, le président ne fait que resserrer son emprise sur le Soudan, où il a été réélu en avril dernier avec plus de 94% des voix lors d'une élection boycottée par l'opposition.

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