RD Congo : Dialogue, la Primature revriendrait à l'opposition dans le Gouvernement de Transition

Vital Kamerhe et Edem Kodjo en séance de travail à la cité de l'OUA

Sur l’antenne de France 24, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé, a annoncé, mardi 11 octobre, qu’un accord politique allait être signé rapidement concernant la période qui suivra l'expiration, à la fin de l'année, du mandat de l'actuel président Joseph Kabila. Le 1er octobre, la Commission électorale avait évoqué la probabilité d'un report de l'élection présidentielle - initialement prévue le mois prochain - jusqu'en novembre 2018.

« Je pense que nous sommes près d’un accord, a déclaré Lambert Mendé. Je pense qu’on peut même annoncer la signature pour les jours ou les heures qui viennent d’un accord politique parce que ces discussions finalement semblent avoir produit des résultats positifs et que nous allons trouver une commune définition de la situation avec nos partenaires de cette partie de l’opposition qui a accepté de s’asseoir autour d’une table.»

A qui revient ce poste dans l'Opposition?

A présent, la course à la Primature est donc désormais ouverte en interne entre le camp de Vital Kamerhe, Co-modérateur du Dialogue pour le compte de l’Opposition, et celui de Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat et « Autorité morale » de l’Opposition Républicaine, une plate-forme qui revendique le leadership de l’opposition.

Les deux principaux candidats « Premiers ministrables » brandissent des cartes de visite pour estimer pouvoir servir d’interfaces aux Occidentaux foncièrement hostiles au dialogue de la Cité de l’Union Africaine, en raison de son déficit d’inclusivité.

André Alain Atundu, porte-parole de la Majorité Présidentielle (MP), estime qu’il s’agit-là d’une « responsabilité » pour l’opposition.

« Concernant l’obstacle réputé majeur dressé par la Majorité en exigeant qu’on respecte les dispositions concernant le premier ministre, la Majorité Présidentielle aujourd’hui a accepté d’accorder ce poste à l’opposition. C’est à l’opposition d’en tirer les conséquences, d’abord sur le plan interne entre eux et que le dialogue atterrisse le plus vite par une conclusion consensuelle, par la signature de l’accord parce que l’objectif ce n’est pas se réunir indéfiniment, mais d’appliquer les dispositions nécessaires pour normaliser la vie politique en RDC », affirme le porte-parole de la MP.

Il fait remarquer que cet acte n’est pas une défaite pour la MP qui veut un aboutissement heureux du processus électoral. « La Majorité n’a pas considéré comme un handicap le fait que l’opposition obtienne la Primature. Ce n’est pas une victoire pour l’opposition. C’est une responsabilité dont ils sont investis, c’est une charge pour eux. Ils doivent se mettre à la hauteur d’abord vis-à-vis de l’opposition parce qu’ils doivent être unis autour de cette option, ensuite, vis-à-vis de la MP, de la classe politique et de la population. C’est plus une responsabilité qu’un honneur »

Pour sa part, l’opposant José Makila qui fait partie du groupe des négociations pour le compte de l’opposition politique, indique que sa plateforme politique n’est pas encore officiellement notifiée de cette concession faite par la MP.

Sur les onze points de divergences entre la Majorité Présidentielle et l’opposition politique, huit sont aplanis, révèlent certains cadres qui participent à ce forum.

La facilitation avait mis en place, depuis le 1er octobre 2016, un groupe de travail pour aplanir les divergences entre les parties prenantes au dialogue. La facilitation attend les résultats de ce travail pour convoquer la plénière afin de clôturer les travaux du dialogue par la signature d’un accord politique.

Fin de la crise politique ?

Cet accord va-t-il régler la situation de crise de légitimité au sommet de l’Etat ? Au regard de la tension politique persistante, et qui ne cesse de s'intensifier, le sentiment largement partagé est davantage négative.

C'est, par ailleurs, ce qu'a tenu à souligner l'envoyé spécial des Nations unies, Maman Sambo Sidikou, ce mardi devant le Conseil de sécurité en affirmant que « Toutes les parties semblent de plus en plus vouloir recourir à la violence et les perspectives de négociations politiques s'amenuisent » et que « Si l'on continue dans cette trajectoire je pense que des violences à grande échelle sont inévitables », a-t-il poursuivi. D'autre part, plusieurs individus dont les opposants du Rassemblement perçoivent déjà cet accord, issu du Dialogue, comme une énième violation de la Constitution.

D’où, pour certains, tous les espoirs reposeraient désormais sur les sommets de Bruxelles entre pays occidentaux membres de l’Union Européenne (17 octobre 2016) ; de New York au Conseil de Sécurité (24 octobre); et du 26 octobre à Luanda entre représentants de la CIRGL (Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs), de l’ONU (Organisation des Nations Unies), de l’UA (Union Africaine) et de la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe) pour anticiper sur la situation chaotique qui menace la République Démocratique du Congo.

Le 13 Octobre 2016
Avec France 24 et Le Phare

Lu 7732 fois

Cours de change

Convertir