Afrique du Sud : Tokyo Sexwale, un ancien compagnon de cellule de Mandela veut redorer le blason de la FIFA

Tokyo Sexwale, le 7 octobre 2013, lors d'une réunion sur le racisme et le football, à Genève

À 62 ans, le Sud-Africain Tokyo Sexwale brigue la tête de la Fifa. Ancien compagnon de prison de Mandela, cet homme d'affaires joue la carte de la transparence et souhaite faire le ménage au sein de la fédération internationale.

Peu connu en dehors des frontières de son pays, le Sud-Africain Tokyo Sexwale pourrait bien être le candidat surprise de la prochaine élection à la présidence de la Fifa. À 62 ans, cet ancien opposant à l’apartheid a obtenu les parrainages nécessaires pour briguer le fauteuil laissé vacant par Sepp Blatter.

Au lendemain de la clôture des candidatures, lundi 26 octobre, il a tout de suite fait comprendre qu’il se présentait pour donner un coup de pied dans la fourmilière de la fédération internationale de football. S’il est élu, il promet enfin la transparence financière : "Ce qui est cassé à la Fifa, c’est sa capacité à retracer les mouvements d’argent", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse au siège de la Fédération sud-africaine de football à Soweto. "Il s’agit de bien gérer financièrement, de mettre en place des systèmes de contrôle, de s’assurer […] qu’il y ait beaucoup de transparence et de responsabilité".

En se définissant comme un "Monsieur propre", Tokyo Sexwale vise ainsi directement le président sortant Sepp Blatter et l’ex-favori à sa succession Michel Platini, tous deux suspendus pendant 90 jours en raison notamment d’un versement controversé de 1,8 millions d’euros du premier au second. Le Sud-Africain entend apparaître comme un candidat hors-système, bien loin de ces affaires de gros sous et de corruption.

Un prisonnier devenu millionnaire

Libéré en 1990, le karatéka de Soweto se retrouve sur le devant de la scène politique en jouant notamment un rôle capital pour tenter de calmer les violences qui embrasent les "township" de Johannesburg. En 1994, grâce au soutien de Mandela, il devient Premier ministre de la plus riche province du pays, le Gauteng. Quatre ans plus tard, il essaie de prendre la direction de l’ANC face à Thabo Mbeki, sans succès. Il se retire alors de la vie politique et devient un brillant homme d’affaires dans le domaine des mines et des télécommunications. En quelques années, il a bâti l’une des plus grandes fortunes d’Afrique du Sud.

En 2009, il fait son retour sur la scène politique en intégrant le gouvernement de Jacob Zuma comme ministre du Logement, mais après un nouvel échec au sein de l’ANC en 2013, il perd son ministère. En parallèle, il s’investit dans le football comme membre du Comité d’organisation de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud en 2010. Un poste qui lui a permis d’être nommé au Comité antiracisme de la Fifa. Récemment, il a aussi pris la tête du Comité de surveillance de la Fédération internationale pour Israël et la Palestine.

Un parcours quasiment sans tâche qui fait de lui un homme neuf, loin des scandales de la Fifa. "Sexwale, un héros combattant, qui s’est fait un nom au sein de la Fifa en participant à de nombreux comités et grâce à sa croisade contre le racisme dans le sport, est un formidable candidat", résume ainsi S'Busiso Mseleku, journaliste pour le site sud-africain Sport 24.

Preuve de son capital sympathie, l’ancien champion du monde allemand Franz Beckenbauer lui a ainsi apporté son soutien personnel. "À un moment se présentera l’opportunité d’élire un président venu de l’extérieur, du monde économique et politique", avait déclaré  récemment à son sujet Kaizer Franz.

Le 30 Octobre 2015
Avec France24

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