Afrique du Sud : après un an de détention, Pistorius est sorti de prison

Oscar Pistorius avec deux policiers Sud Africaines

Condamné par la justice sud-africain à cinq ans de prison pour avoir tué sa petite amie en 2013, l'ancien athlète a été libéré lundi soir. Il sera toutefois jugé à nouveau lors d'un procès en appel le 3 novembre prochain.

Libéré. Condamné en 2014 à cinq ans de prison pour avoir tué sa petite amie en février 2013, Oscar Pistorius est sorti de prison lundi soir. Pour autant, l’ancien athlète paralympique n’en a pas fini avec la justice puisque son procès sera jugé en appel le 3 novembre prochain. Le parquet a en effet fait appel de sa condamnation pour «homicide involontaire» et demandé à ce que les faits soient requalifiés en «meurtre». La Cour suprême d'appel a plusieurs options: elle peut confirmer le premier jugement, condamner Oscar Pistorius à une peine plus lourde ou renvoyer le procès en première instance.

Après seulement un an de détention, Pistorius s’est aussitôt rendu au domicile de son oncle, Arnold Pistorius, pour y rejoindre sa famille qui «se rassemblait dans le calme» selon la porte-parole, Anneliese Burgess. Jeudi dernier, au terme de deux mois de rebondissements la commission avait approuvé la demande de sortie de l'ex-champion paralympique pour mardi, dont les déboires judiciaires défraient la chronique depuis deux ans et demi. La commission s'était déjà prononcée en juin en faveur de sa libération le 21 août, mais à la dernière minute le ministère de la Justice s'y était opposé.

Assigné à résidence et soumis à des conditions strictes

Pour rappel, Oscar Pistorius avait tué de quatre balles sa petite amie Reeva Steenkamp lors de la nuit de la Saint-Valentin en février 2013. Au cours d'un procès fleuve retransmis en direct à la télévision et qui avait passionné le monde entier, «Blade Runner» a toujours affirmé avoir tué sa petite amie par erreur, pensant qu'un voleur s'était introduit dans sa maison. Le 21 octobre 2014, la justice l'avait condamné à cinq ans de prison pour «homicide involontaire». Sa sortie après avoir passé un an derrière les barreaux peut surprendre. Pourtant, la loi sud-africaine permet aux condamnés pour homicide involontaire de sortir après avoir purgé un sixième de leur peine. Ce qui est le cas de l’ancien athlète.

Assigné à résidence et soumis à des conditions strictes qu’il se doit de respecter, Oscar Pistorius sera scruté par la justice de son pays, mais aussi par l’ensemble des médias, qui n’ont cessé de relayer cette affaire depuis maintenant plus de deux ans. Les conditions de la libération de Pistorius pourraient inclure l'obligation de rencontrer les parents de la victime, si ces derniers le souhaitent, selon la chaîne d'information en continu ENCA. Il devra par ailleurs suivre une psychothérapie et n'aura pas le droit de manier des armes, ont indiqué les services pénitentiaires.

S'il enfreint une des règles il peut retourner en prison

«Il ne devrait pas avoir besoin de se rendre au commissariat régulièrement mais il pourrait recevoir la visite impromptue des services pénitentiaires. Il pourrait aussi subir des tests pour vérifier s'il a consommé de la drogue», a expliqué Martin Hood, avocat au barreau de Johannesburg. Habituellement, un condamné assigné à résidence ne peut, par exemple, pas boire d'alcool et bénéficie d'une liberté de mouvement limitée. «Il peut y avoir un programme par étapes et à chaque étape réussie, le niveau de surveillance auquel il est soumis se réduit. Mais s'il enfreint une des règles il peut retourner en prison», dixit l’avocat. Même sorti de prison, Oscar Pistorius reste loin d'un homme libre.

Le 20 Octobre 2015
Avec Le Figaro

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