RDC: les maux de la justice militaire mis en lumiere

Le rapport de Human Rights Watch (HRW) est accablant pour la justice congolaise. Dans un document de 117 pages publié jeudi 1er octobre, l’organisation américaine fustige les rouages du système judiciaire, qualifié d’inéquitable et d’injuste pour les victimes et justiciables.

À l’origine de ce rapport, le procès dit « des viols de Minova », emblématique des graves lacunes de la justice congolaise en matière de poursuite des graves crimes internationaux, selon les associations de victimes. En novembre 2012, cette localité de la province du Sud-Kivu avait en effet été le théâtre d’atrocités commises par des soldats des Forces armées congolaises (FARDC), mis en déroute face à la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23).

« Tirer des enseignements de cette affaire »

Viols, meurtres, pillages : 39 militaires avaient été poursuivis par une cour militaire spéciale pour des crimes contre l’humanité. Mais sur les 25 accusés de viol, seulement 2 avaient été condamnés pour ce crime, 22 avaient été reconnus coupables de violations des consignes, pillages ou vol de munitions, et un autre avaient été condamné pour meurtre.

« Une énorme déception », selon Géraldine Mattioli-Zeltner, directrice de plaidoyer au sein du programme justice internationale à Human Rights Watch. « Les autorités congolaises doivent tirer des enseignements de cette affaire et veiller à ce que justice soit véritablement rendue à l’avenir. Elles le doivent aux victimes », exigeait-elle. Un appel relayé dans une vidéo publiée par l’organisation, dans laquelle s’expriment certaines victimes de Minova, qui attendent par ailleurs toujours les réparations promises.

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