Entre Ombres et Lumieres

Les dix ans des émeutes en banlieue, cet automne, coïncideront avec les dix ans de l’éclosion de JR en tant qu’artiste. Lors de ce soulèvement de la jeunesse des cités, à la suite de la mort de Zyed et Bouna, les deux adolescents qui s’étaient électrocutés en tentant d’échapper à un contrôle de police à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, JR avait 22 ans.

Un an auparavant, en 2004, invité par un ami de la cité voisine des Bosquets, à Montfermeil, il avait fait des portraits des jeunes du quartier, qu’il avait, déjà selon sa pratique, collés sur les murs et, pour la première fois, agrandis. « Mes photos ont été découvertes par les médias sous les feux des voitures qui brûlaient, raconte l’artiste. C’est là que j’ai compris le poids et l’impact des images, ça m’a bâti. »

Ces jeunes qu’il connaissait étaient devenus les « émeutiers », masse indistincte et inquiétante : il a alors choisi de les photographier de nouveau, mais en gros plan, avec ces mêmes téléobjectifs que la presse utilisait pour «  voler » des photos dans ces banlieues embrasées. « Ces portraits, on les a collés en plein Paris avec le nom, l’âge et l’adresse de chaque jeune. Eux qui créaient une sorte de peur générale dans les médias devenaient acteurs de leur image. » Avec ces photos volontiers grimaçantes, intitulées Portrait d’une génération, débutaient ses séries « 28 millimètres », au plus près des expressions du visage.

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