Algérie : interdiction du recrutement de joueurs étrangers, la fausse bonne idée

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La Féderation Algérienne de Football a pris à bras-le-corps les maux du football algérien en interdisant à ses clubs le recrutement de joueurs étrangers lors du prochain mercato. Une mauvaise réponse à un vrai problème, pour de nombreux observateurs.

L'annonce, inattendue, est tombée comme un couperet. La sentence est irrévocable: les clubs algériens de football ne sont plus autorisés à recruter à l’étranger. En cause? «L’impossibilité d’obtenir des devises légalement pour payer les salaires, indemnités de formation et de solidarité des joueurs étrangers», explique la Féderation Algérienne de Football.

En clair, le football algérien se met au diapason du gouvernment, qui a fait de la lutte contre le blanchiment d'argent une priorité. Dans la réalité, ce seront sans doute les joueurs originaires d'Afrique subsaharienne les plus touchés. Une trentaine de joueurs étrangers évoluent dans les clubs algériens. Les binationaux nés en Europe, notamment en France, disposent d'un passeport algérien. Mais les formations de Ligue 1 algérienne sont déjà soumis à un quota dans le recrutement de joueurs étrangers. Les clubs algériens ne pouvaient recruter que trois étrangers et deux joueurs pouvaient être alignés en match. « Les joueurs disposant d’un contrat pourront jouer jusqu’à la fin de leur engagement avec le club », rétorque-t-on du côté de la FAF.

Au tour des entraîneurs?

Cette décision n'a pas manqué de faire réagir. Et les réactions n'ont pas toutes été positives. A commencer par Rabah Madjer. « Si cette décision d’interdire le recrutement de tout joueur étranger a été prise à dessein d’économiser les devises, il n’y aurait pas que cette mesure à prendre. Pourquoi, donc, ne pas interdire également l’embauche d’entraîneurs étrangers ? A ce que je sache, ils sont eux aussi payés en devises ! », s'est agacé l'ancienne légende de la Khadra dans les colonnes de Liberté. « Pour quelle raison n’a-t-on pas interdit en parallèle le départ en masse des clubs algériens à l’étranger pour la traditionnelle préparation pré-compétitive ? Ces stages à l’étranger sont également réglés en monnaie étrangère, autrement dit en devises, non ? »

De son côté, El Watan rappelle le cas du Français Denis Goavec, ex-coach du MCEE, arrêté l'année dernière à l’aéroport de Sétif pour «transfert illégal de devises», alors que pour les litiges entre le CS Constantine et Diego Garzitto, entre la JSK et Jean-Christian Lang, entre le NAHD et Dan Anghelescu... ne sont pas tous réglés.

Le 28 Juillet 2015
Avec RFI

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